vendredi 29 novembre 2013

Jean-Luc Blain…







Il était bon que France Inter se souvienne de Jean-Luc Blain qui aimait la radio au point d'en créer une aux Marquises et former les Marquisiens aux métiers de la radio. Un genre de Raphaël Krafft… Blain avait aussi été en Afghanistan et le nom de son émission "Passerelles" disait bien ce qui l'animait au plus profond. RIP…



C'est l'occasion de réécrire ici : où iront-elles toutes ces pages de site qui peu ou prou rendent hommage aux voix de la radio publique, et où trouver toutes celles qui n'y figurent pas ? Quand Radio France organisera t-elle un vrai "lieu" où chercheurs, auditeurs, professionnels pourront simplement avoir accès à une mémoire sonore et bibliographique de tous ceux qui ont œuvré à la création radiophonique depuis cinquante ans et plus ?

En v'là du son en v'là…

Démonstration (par le son) de la nécessité d'intégrer/intercaler ces sons-là dans les programmes des chaînes publiques de radio…


L'année dernière, le jury du Concours Libération Apaj avait distingué la dérive new-yorkaise d’Anthony Ghilas  

Libération repart cette année avec une nouvelle vague de reportages sonores sur le thème de la nuit. Premières écoutes, en attendant le verdict du jury dans un mois.

Et en bonus le Marseillais qui chaque jour met du son dans son moteur…

jeudi 28 novembre 2013

Philippe Caloni, ce géant…

Philippe Caloni




J'ai du mal à me faire à ce que les choses soient des instantanés solubles dans l'espace temps d'une journée. En permanence passer à autre chose est lassant, et le manque d'approfondissement en tout, usant, me donnant l'impression d'être encore plus fatiguant que si notre esprit n'était encombré que de trois quatre voire cinq sujets. Notre temps manque de silence et la peur irrépressible de ce manque par les médias eux-mêmes fait jouer la surenchère tout le temps, à toute heure et bien sûr en tous lieux. Philippe Caloni, journaliste, dont on peut entendre le nom au moins une fois par an à l'occasion d'une remise de prix professionnel qui porte son nom, était dans le mouvement, dans l'agitation du monde mais à l'antenne savait marquer un tempo qui pouvait donner l'impression qu'un certain calme s'était installé tant il savait de sa voix apaiser la fureur… et les furieux qui vont avec. Voilà le géant !

Ça c'est le souvenir, sûrement un peu déformé que j'en ai. Mais je ne dispose d'aucune source sonore pour me rafraîchir la mémoire. Ou tout au moins d'aucune source sonore radiophonique pour réentendre Philippe Caloni dans les mêmes termes que ceux dans lesquels je/nous pouvions l'entendre sur France Musique, France Culture et France Inter. Ce billet va donc prendre la forme d'une supplique pour que tout un chacun puisse à sa guise réécouter celui qui a marqué de son esprit et de sa voix les ondes radio. J'en appelle donc à la Scam (Société Civile des Auteurs Multimédias) et à l'Ina (Institut National de l'Audiovisuel) pour que les archives sonores de Philippe Caloni soient disponibles à l'écoute du plus grand nombre. Et je compte bien que quelques récipiendaires de ce prix appuient ma démarche (1)…

Mais puisque nous sommes à l'époque de l'anniversaire des cinquante ans de France Inter, je ne peux m'empêcher d'évoquer (aussi) les instants douloureux, celui où Philippe Caloni a du quitter l'antenne, au tout début de l'année 1987 (2). Inter-Matin qu'il animait depuis le 6 décembre 1982 est "rayé de la carte" dans la formule qu'il avait créée avec le journaliste Gérard Courchelle. Bien qu'on lui laisse la possibilité de garder l'interview de l'invité, il décline, désemparé par une telle casse." En quelques jours, la tristesse me submerge devant tant de gâchis. Je suis malheureux et seul. Seul comme ce mardi 30 décembre (1986) où dans notre grand bureau désert j'écris une lettre en forme d'état des lieux à Jean Izard notre directeur général, dont l'honnêteté et le courage ont cimenté trois présidences de notre Maison. À sa lecture il a compris. Le 1er Janvier je rencontre Eve Ruggieri qui m'annonce que pour l'animation de la tranche elle va me remplacer… Le vendredi 2, Ambroise Guellec, secrétaire d'État à la mer, est mon dernier invité. Un symbole puisque le navire d'Inter-Matin vient de couler, torpillé par la bêtise. Et je quitte ma Maison, sur la pointe des pieds. Définitivement. Le lundi 5 janvier, pour la première fois depuis dix-sept ans je ne me lève pas de bonne heure…" (3)

(1) Emmanuel Laurentin, Marc Voinchet, tous deux producteurs à France Culture,
(2) Le 2 janvier très exactement,  
(3) in, Philippe Caloni, "Longtemps je me suis levé de bonne heure", Belfond 1987.

mercredi 27 novembre 2013

La radio par l’image…


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Kriss chez elle - © Roger Picard - RF


Si. Souvent plongé au fond de mon blog, en miroir de mes méninges qui fument et archivent ma mémoire radio, je me demande circonspect pourquoi la radio se "vend" si mal aujourd’hui dans les médias. Préalable de base : pour pouvoir en parler il faut/faudrait l’écouter. Effet secondaire : ça prend un certain temps. Effet tertiaire : comment en parler en société sans passer pour "out", ou version tendance, "comment en faire du buzz ?" Autant de principes existentiels ruinés par le «tout image» qui colle à nos vies urbaines, rurales, troglodytes et sous-marines. Comment parler de ce reportage fouillé, sensible, en quatre volets, au cœur de l’Amazonie ou au cœur… d’Aubervilliers, sans fournir aux lecteurs, spectateurs, voyeurs avides, des "images pour comprendre". Cela supposerait une écriture fouillée, suggestive, imaginative qui donne envie d’écouter et pour laquelle les images sont superflues.
 

Nanteau, Villers, Desbarbat © Picard -RF

Moi-même il m’arrive de me creuser, d’aligner quelques mots subtils, d’essayer de suggérer l’émotion ressentie, de vous faire partager ce qui m’a souvent bouleversé. Et bien le lendemain mes statistiques sont «déplorables». Soit j’ai été très mauvais, soit je n’ai pas su, sans image, sans vidéo vous donner envie d’être surpris. Par contre j’écris sept lignes sur Bernard Lenoir et vous propose sept sons du Black et je fais un carton immédiat (1). Un nom est «porteur» (2), tandis que telle productrice qui a fait son documentaire sur plus de six mois de sa vie a le "tort" d’être une illustre inconnue. Et ça, la presse (et les médias en général) ne savent plus faire : défendre quelqu’un ou quelque chose qui ne gagne qu’à être connu et entendu.
 
Jean-Louis Foulquier @Picard -RF


Comment être captivant, suggestif quand on a pas le début du commencement de la moindre photo, image, clip, vidéo qui donneraient un "aperçu" (sic) de ce qu'on va entendre. Des journalistes se rendent, en extérieur, sur les lieux de l’enregistrement d’une dramatique ou d'une fiction, en font un reportage vidéo et c’est bingo. «Vous allez voir, ça s‘écoute", si ! De la même façon, quand nous nous sommes rendus à Cordouan, François Teste (3) a réalisé un petit diaporama qui, une fois sur le site de l’émission, a rendu compte du «vécu», du «off» voire de l’inattendu (4). Pourquoi inciter journalistes, rédacteurs, narrateurs à se «décarcasser» pour écrire, quand deux trois petites images font le boulot ?
 
J. Pradel Catherine & Françoise Dolto © Picard - RF



Voici mon postulat : l’avenir de la radio c’est l’image (lol) ! Oui, je sais vous allez imaginer que je suis devenu fou, que j’ai mangé mon chapeau (5) ou que j’ai retourné, opportuniste, ma veste pour endosser celle de la télévisée. Ce sursaut de lucidité, d’intelligence ou de désespoir m’est venu à la lecture du billet des Garriberts dans le Libé de samedi dernier. Les joyeux drilles de la critique télévisuelle posaient très bien les ressorts de ce qui risque d’arriver demain à la radio… puisque ça vient d’arriver à la télé.
 
J.C. Aschero © Picard RF




Démonstration : «Before» le show déjanté d’avant « Le grand journal» (6) est fait de dizaines de pastilles (7) empilées qui, à peine l’émission terminée se retrouvent sur le web, en autant de YouTube "empastillés". Et tourne tourne et retourne sur le web, chaque pastille, beaucoup plus vite que «Le manège enchanté» (8). Et qu’importe que cette "émission" de télévision ne soit suivie "que" par «200 000» spectateurs, lesdites capsules entament alors une "carrière" qui va durablement décupler.
 
Marche ou rêve - La bande à Villers © Picard- RF


Donc m’étonnerait pas que dès janvier sur le Mouv’ un tel principe soit mis en œuvre. Peut-être, par exemple, sur les émissions du midi, puis dès 18h. Je suis pas devin. Mais ce principe du "court", de l'éphémère, du gag réflexe, du geek soluble dans tout (et inversement),  accroche un public déjà perfusé… et captif. Le tout à l'appui d'"images qui bougent". Si la radio donne à se voir, à s'entendre (pour s'écouter il faudra peut-être attendre un peu), l'onde de propagation va être très importante (buzz permanent). On parlera beaucoup du nom de l'émission, du nom des animateurs et de la station et ça n'aura plus beaucoup d'importance que le support initial soit la radio. Une autre question n'aura pas beaucoup plus d'importance "est-ce bien de la radio ?". Attendre et écouter… voir.
 
Garretto/Codou © Picard - RF


Rappel : en 1983, Jean Garretto, directeur des programmes, fait une nouvelle révolution à France Inter en inventant des programmes courts qui vont s'affranchir des soixante minutes diffusées entre chacune des heures justes. Les "barons" (Artur, Villers, Bouteiller, Chancel) n'en reviennent toujours pas. Quant à la presse, elle n'a pas senti/suivi l'innovation. En ce qui me concerne j'ai plusieurs fois préconisé que des capsules "son" s'intercalent entre des programmes souvent figés et enfermés dans leur grille. Pour surprendre et donner à entendre… d'autres "images" !

Toutes les photos qui illustrent ce billet sont extraites du blog "France Inter à 50 ans". (Précision : à l'époque de leur publication je n'en avais vu aucune !)

(1) Plus de 590/visites du billet en un jour,
(2) Telle vedette de télé qu’est devenue ministre ou tel ministre qu’est devenu vedette de télé donne de la matière à commentaire et si  par hasard ( sur le p’pont des arts) elle s’est fourvoyée à la radio c’est l’effet média assuré. «Pensez avec son carnet d’adresse il a de quoi inviter beaucoup plus de people que… Chancel (mesure étalon définitive), 

(3) Réalisateur à Radio France,

(4) Le porteur de valise,

(5) Bonnet ou béret basque… c’est selon,
 

(6) Canal+, que j'ai regardé une fois, 

(7) Si, si j’aime bien ce mot, vous en aurez compris le sens. Les Garriberts parlent de "capsules"…

(8) Référence TV pour faire «in».

mardi 26 novembre 2013

La messe est dite…



Je ne suis pas spécialiste des protocoles politiques et/ou institutionnels, mais pour ces 1ères assises de la radio, il m'a semblé original que le CSA (Conseil Supérieur de l'Audiovisuel) soit la puissance invitante au même titre que le Ministère de la Culture. Mieux, en ouvrant ces Assises, Olivier Schrameck, le président du CSA, ne commence pas par un discours lénifiant, il imprime sa marque et celle de son institution. Il pose les enjeux, donne des directions, fixe les préalables et s'engage dans des choix de société, donc politiques, qui dépassent largement le cadre de ses attributions de "simple" régulateur. À la Ministre de la Culture de conclure cette journée, comme si son ministère avait définitivement laissé le CSA prendre la main, fixer les orientations stratégiques et avec elles le pilotage technique des mutations et des évolutions qui vont accompagner le média radio pour les années à venir.

Cette autorité dévolue au CSA, a émaillé l'ensemble du discours d'ouverture de son Président. Schrameck entend bien s'en servir et faire autorité partout où il conviendra d'engager une politique ambitieuse et volontariste pour donner enfin à la radio, tant un nouvel essor qu'un "encadrement" à la mesure des enjeux numériques. Vingt-six minutes de discours ont jeté les bases d'un renouveau ou plutôt cadré ce qu'il convient de mettre en œuvre après tant d'années d'"abandon" ou d'absence d'engagement des autorités politiques pour la radio. Ceux qui pouvaient s'attendre à un discours ronflant et convenu en ont été pour leurs frais. La profession va pouvoir compter sur un allié en l'autorité morale du CSA, en contrepartie, aux professionnels de la profession de s'engager et de dépasser les statu-quo qu'ils entretiennent chacun dans leur propre marigot.

Quelques principes qui vont bouleverser à court, moyen et long terme le média radio.
"La radio peut trouver dans les nouveaux espaces du numérique les voies d’un véritable renouveau … Le numérique, c’est aussi la multiplication des éditions bi-médias et le développement d’une multitude de services favorisant l’écoute délinéarisée, la personnalisation et l’interactivité avec les programmes : la radio en streaming depuis les sites internet ou les applications mobiles des éditeurs, la baladodiffusion (avec près de 600 000 podcasts téléchargés chaque jour en France), la radio filmée ou encore la radio sociale. (1)"

Olivier Schrameck




Mais le CSA a conscience de la nécessité de ne pas laisser s'installer n'importe comment, les nouveaux acteurs de diffusion "radiophonique". "Il y a dans cette compétition avec les services délinéarisés un déséquilibre évident, une « asymétrie de régulation », qui appelle une réflexion nouvelle sur la manière de promouvoir la diversité culturelle dans les médias audiovisuels. A la différence du modèle de la diffusion FM, il se caractérise par l’irruption, dans la chaîne de valeur, d’un nouvel acteur, le distributeur, qui peut prendre de multiples visages : fournisseur d’accès internet, magasin d’applications, ou encore fabricant de terminaux connectés dotés d’un système d’exploitation dit « propriétaire ».Tels sont donc, à mes yeux, les traits principaux de notre paysage radio : un ancrage profond dans un modèle hertzien aujourd’hui parvenu à la maturité et un cheminement résolu vers les nouveaux espaces de la radio numérique."

Et de tracer la voie pour des enjeux à long terme : "La rénovation de notre régulation audiovisuelle ne doit pas être conçue à partir des réalités d’hier, ni même d’aujourd’hui, mais en fonction des usages de demain et même d’après-demain, tels que l’on peut raisonnablement les anticiper." (2)

À côté de ça le discours de la Ministre Aurélie Filippetti, est apparu convenu, bredouillant voire même désincarné comme si le gouvernement de François Hollande avait définitivement abandonné les grandes orientations politiques radiophoniques qui se sont succédées depuis la création de la Maison de la radio en 1963, celle de l'ORTF en 64, à son éclatement en 74 jusqu'à l'abandon du monopole de radiodiffusion en 1982 (Loi Fillioud), laissant au seul CSA le soin de "orienter, planifier, réguler". La tâche est immense, gageons que ce CSA nouveau s'y attelle sans relâche et sur la longue durée.

(1) Tiens tiens, "radio filmée" et "radio sociale", les "Laurel et Hardy" de l'avenir de la radio ne sont pas absents des orientations que le CSA est prêt à défendre ou mieux à appuyer,
(2) Toutes les citations sont extraites du discours d'introduction d'Olivier Schrameck aux Assises de la Radio, du 25 novembre 2013, à Paris.

lundi 25 novembre 2013

Filmer (très mal) la radio ou la négation de l'image des voix…

"Carton" d'interruption momentanée de l'image




Jeudi dernier, deux jours après avoir écrit mon point de vue sur le filmage bidon de la radio, j'ai remis sur le métier le sujet et me suis astreint à "regarder" à nouveau la matinale de RTL. Comment quelqu'un a t-il pu décider de filmer à ce point le néant ? Ces sessions seront à montrer dans les écoles de journalisme et feront sans doute pleurer de rire les étudiants qui, meurtris à force de se pincer, seront bien obligés d'admettre qu'en 2013 filmer la radio, c'est avoir renoncé aux partis pris image, mouvement, cadre. C'est s'être contenté d'installer une caméra fixe (ou deux ou trois) et avoir "laisser filer". On savait déjà que les médias n'écoutaient pas beaucoup la radio en dehors des sacro-saintes infos, mais de là à imaginer que telle ou tel journaliste "regarde" la radio pour voir des feuilles volantes, des écrans d'ordinateurs, des mimiques plus ou moins contenues, des va-et-vient incessants dans le studio, il faudra que beaucoup d'encre ait coulé sous les ordinateurs ? Une fois encore : mais qu'est-ce que ce filmage cheap et misérabiliste apporte aux informations lues, commentées, débattues ? Rien. Où plutôt si, une image désastreuse (1) du média qui ne s'est donné les moyens, en amont, ni d'inventer une proposition audiovisuelle innovante, ni de l'éditorialiser.

Mais l'invraisemblable est à venir. Ce jeudi 21 novembre l'invité d'Yves Calvi était Claude Chirac, la fille de l'ex-président de la République. Et là stupeur pas d'image mais un écran semi-statique qui permet de savoir qu'on est sur RTL des fois peut-être qu'on s'imaginerait être sur la 5, la 6, la 7 ou la 8. Pourquoi ce jour-là Claude Chirac n'est t-elle pas filmée ? 1. Elle n'est pas en studio 2. Le son est de bonne qualité, donc elle n'est pas au téléphone. 3. On a vu Yves Calvi s'étirer dans le studio quelques instants avant que commence son interview et mieux il a pré-annoncé son invitée au micro. 4. L'enregistrement a pu avoir lieu la veille mais personne ne nous le dira. À ce moment là on a de quoi être très perplexe (2). Dans ce dernier cas, à quoi sert-elle la radio filmée ? Doit-on continuer à rester devant l'écran en assumant jusqu'au bout son choix de regarder la radio (3) ?  Même aux débuts des balbutiements de la TV dans les années 30, il est très peu probable qu'en l'absence d'image il n'y ait pas eu un carton d'excuse ou d'explication. Mais me direz-vous qu'est ce que ça peut faire cette absence d'image, puisque dans l'écran, "comme à la radio" il y avait le son ? Donc le filmage arbitraire ou aléatoire ou sélectif ou de confort ou de n'import'naouak (4) n'augmente en rien les perceptions auditives du média radio et apparaît de fait comme un gadget, une baudruche ou un projet qui fait "Pschittt".

 






À suivre dans la matinale : intervient le bateleur-amuseur Laurent Gerra (écran noir… rouge), pour qui, non plus, nous n'"avons pas l'image". Pourquoi ? 1. Il n'est pas en studio. 2. Son set est pré-enregistré sans doute le matin même. 3. Mais dans son contrat il n'est sûrement pas prévu le filmage de ses gaudrioles et encore moins sa diffusion sur Dailymotion. La tartufferie est à son comble puisqu'à nouveau il faut s'extraire de son ordinateur ou de son smartphone et "reprendre une écoute normale". En résumé, regarder la matinale RTL c'est disposer de dizaines d'informations visuelles toutes plus inutiles les unes que les autres et surtout avoir perdu l'occasion de pouvoir faire autre chose en même temps qu'écouter. Une régression totale dans la mobilité et dans la disponibilité d'esprit (5).

À part le cirage de pompe dont RTL et Europe 1 ont pu bénéficier de la part de médias complaisants, fascinés par les technologies et totalement "out" sur les contenus radio, on se demande hagards jusqu'à quand cet accident industriel va t-il durer ? La moindre innovation en télé est auscultée, disséquée, comparée, moquée, encensée, dénigrée ou adulée avec tous les excès liés au genre. Curieusement la radio semble épargnée. Pourtant ce "silence radio" a du sens : très peu d'auditeurs se sont fait piégés à "regarder la radio" (6) et les professionnels de la profession ont autre chose à faire que de regarder des images tristounettes qui bougent à peine.
(À suivre)

Merci à tous ceux qui, sur Twitter, ont abondé, en plusieurs fois 140 signes, ce débat de société. Sera t-il seulement effleuré ce jour aux "Assises de la radio" ?

(1) Pendant la pub sonore, l'image en plongée "reste" en studio… sans le son, le jeu consistant à deviner "mais qu'est-ce qu'ils peuvent bien se dire autour de la table",
(2) Alors comment vont-ils faire tous ces médias aux aguets qui ont tellement besoin d'images pour "reprendre" les informations de la radio ? Un coup d'épée dans l'eau, un…
(3) Vous pourrez ci-dessous visionner deux vidéos différentes l'une avec invité en studio et l'autre sans,
(4) Promis je ne le referai plus,
(5) Échanges dynamiques sur Twitter jeudi 21/11, suite à mon tweet "[#radio] À voir ou se faire avoir ? Au-delà de l'effet mode : la radio augmentée pour qui"?
(6) Graphique à l'appui sur Twitter @UmitPehlivan annonce +ou- 1000 spectateurs/jour pour Europe 1





dimanche 24 novembre 2013

Un conte de Perraud : Daniel Mermet…

© Roger Picard - RF





Les hasards des dimanches, des beaux dimanches qui, quelquefois, me font perdre le fil du billet que je voulais écrire. Comme aujourd'hui. Et puis, un mail, deux coups de fil et voilà sur l'établi de quoi remettre le couvert. Et de découvrir qu'en juillet, Antoine Perraud (1) a écrit un joli papier sur Daniel Mermet, dans Astérisque le petit journal de la Scam (Société Civile des Auteurs Multimédia). Perraud sait magner la langue, mais on ne s'attend vraiment pas à ce qu'il puisse "magner" Mermet qui, d'un point de vue langue, l'a lui-même bien pendue. Et de lire ça "Les  émissions sont devenues des produits de consommation courantes, donc jetables ; tant la durée, la mémoire, l'assiduité sont désormais des obstacles, aux yeux de responsables rêvant d'imprimer leur marque dans le sautillement généralisé." Voilà une réalité frappée au coin du bons sens qu'il m'est bien agréable de "réécrire" ici. Perraud précise : "Il doit sa position à un ancien président de Radio France, arrivé à la tête de la maison ronde en 1989 : Jean Maheu. Cet humaniste policé fait sortir ce Mermet, qu'il appréciait en tant qu'auditeur, du placard où l'avait confiné la directrice de France Inter du moment (2), qui s'imaginait briser ainsi des élans jugés encombrants…" Intéressant de constater qu'un Pdg, fraîchement nommé, à une conviction ou une certitude pour animer une des radios du groupe qu'il va diriger.

Mermet n'a pas la mémoire courte, ou… partisane, quand il cite les anciens patrons de Radio France ou de France Inter : "il ne tarit pas d’éloges sur certains patrons côtoyés : la pédègère gaulliste aux aguets, Jacqueline Baudrier, le PDG socialiste ouvert et cultivé, Jean-Noël Jeanneney, l’écouteur de différence Pierre Wiehn… et Garretto un bon taulier." (3) Quant à Codou (4), succulent de l'imaginer dire avec son accent cévenol "Aujourd’hui, tu étais bon. Garde-toi pour les jours où tu seras mauvais." Entre deux lignes vous découvrirez que Guy Senaux est démiurgique. Là je ne sais pas si Guy va s'en remettre et s'il pourra encore passer la porte des studios de Radio France. Démiurgique ! Ça vous pose tout de suite pour l'éternité. Le même Senaux dit de la photo qui accompagne l'article de la Scam : "Tu as vu ses rides pleines de beaux décibels" ! Voilà ici exprimée une confraternité qui transcende la mécanique des clans !

 
© Matthieu Riffard










Cerise sur le gâteau, Mermet pour évoquer ce que j'appelle "Médiapétrie" parle lui d'"église de chiffrologie". Là, j'exulte, ris, me tape sur les cuisses et ai très envie de monter en chair (et en os) pour sermonner un peu plus les laquais-compteurs-à-rebours qui n'y entendent rien aux voies (sic)… radiophoniques. Pendant toute la lecture du papier de Perraud, je l'imaginais "Professeur Tournesol", perdu dans ses pensées, distrait et obstiné, suivant son fil vaille que vaille, face au bloc de granit Mermet, impassible et sans doute amusé qu'un éternel enfant qui "tire la langue" ait envie de lui faire dire des choses si sérieuses…


En 1976, dans "L'heure de pointe" de Pierre Descargues, sur France Culture, Mermet raconte…

(1) Producteur à France Culture de "Tire ta langue",
(2) Lire "Eve Ruggieri",
(3) Pour ceux qui découvriraient mon blog par cet article, mettre les noms cités dans la case "Vous cherchez quoi" ils vous renverront vers plusieurs billets rédigés depuis juillet 2011,
(4) L'alter ego de Jean Garretto et co-producteur de l'"Oreille en coin" (France Inter, fins de semaines, 1968-1990).

vendredi 22 novembre 2013

11/22/63 : Radio-Luxembourg…

©Library/Sipa in 20 minutes







Ce jour-là, un vendredi, c'est Radio-Luxembourg (1) qui est allumé à la maison. Je suis seul dans ma chambre. J'écoute une émission de jeux dont je me souviens bien que l'annonceur était "L'ami Gringoire". Il est 20h. Dans mon souvenir il y a une interruption de l'émission pour annoncer "L'assassinat du Président des États-Unis", mais peut-être était-ce l'heure du flash ? Je me revois parfaitement, allongé, le gros poste de radio derrière ma tête de lit (2). Ce soir-là il n'y a aucun adulte pour en parler avec moi. Je pense que c'est très grave mais je continue à écouter, et peut-être de m'endormir en la laissant la radio allumée… C'est mon plus vieux souvenir de radio avec la conscience de ce que j'ai entendu. Je ne sais pas pourquoi mais l'histoire, la saga des Kennedy m'ont toujours fasciné (3). Aujourd'hui encore je lis tout ce que je peux sur le sujet.

Aujourd'hui sur RTL, j'aurais aimé entendre cette archive-là. Mais la station de la rue Bayard n'a pas le culte des archives sonores, c'est fort dommage. Toutefois plusieurs personnalités viendront témoigner à l'antenne dont Bertrand Tavernier à 10h avec Stéphane Boudsocq. Sur Europe 1 on peut lire le dossier JFK avec, événement exceptionnel, les archives sonores de l'époque. France Info quant à elle publie un dossier sur l'héritage de Kennedy. Philippe Labro, journaliste, ex-directeur des programmes de RTL, auteur de "On a tiré sur le Président" (Gallimard) était hier soir "l'invité de 19h15" de France Info. 

(1) L'ancêtre de RTL,
(2) Sur Paris-Inter, qui dans moins de 15 jours deviendra France Inter, sont en studio à 20h ARthur (José), DUpont (Claude), GOdart (Michel) pour leur émission jeunes "Les Ardugos", assisté de Michel Bichebois (animateur et producteur à France Inter, aujourd'hui en retraite). Ce dernier se souvient bien qu'un ou plusieurs journalistes sont entrés dans le studio et ont occupé l'antenne pour commenter l'assassinat de Kennedy, en lieu et place des Ardugos…
(3) Le 5 juin 68, en pleine boum, alors que mes aînés manifestent, j'apprendrai par la radio l'assassinat de Robert Kennedy à Los Angeles. L'histoire du clan continuait à me poursuivre !




Frédéric Carbonne, correspondant permanent de France Info à Washington, répond aux abonnés à Mon Quotidien, le quotidien des 10-14 ans. Maëlis, Alexia, Danaé, Aminat,a Jahly, Harold et Yannis :





Labro est ce matin l'invité de RTL à 9h dans "Laissez-vous tenter".

jeudi 21 novembre 2013

Les maracas (de Fip) devant, les hochets derrière…

© A.Gelebart - 20 minutes




Mardi grosse activité fébrile dans les nurseries où les hochets "offerts" par Médiamétrie (1) étaient agités par les commentateurs de tout poil, même par ceux qui ne parlent jamais de radio. Mais pensez, ça doit être totalement excitant de donner en pâture aux lecteurs, aux auditeurs, aux spectateurs des chiffres d'audience dont on peut penser que leur niveau d'intérêt pour le particulier est quasi nul. Qu'à cela ne tienne envoyons la sauce et la "grosse comédie peut se mettre en place". Comme le signale finement 20 minutes sur son site, tous les responsables de chaîne radio trouvent les moyens de se satisfaire de leurs audiences, qu'elles soient en hausse ou en baisse. Il suffit alors d'agiter "les PdA (parts d'audience) qu'on multipliera par le nombre d'auditeurs dont on prendra soin d'occulter les écoutes de fin de semaine, et auxquelles on ajoutera l'âge du capitaine et le déraillement du TGV qui a bouleversé les programmes et a pu inciter les auditeurs choqués à aller voir ailleurs. Toutefois si l'on constate un léger fléchissement en journée, la part du Groupe est en hausse". Fermez le ban. Rappelons-nous comment les journalistes accrédités moquaient en son temps Marchais (2) ? Autre temps, autres mœurs, aujourd'hui gaillardement, la tutelle (pour les radios publiques) et les annonceurs (pour les privées) doivent "accepter" (combien de temps ?) de tordre le cou à tout ce qui pourrait ressembler à une désaffection des auditeurs.

Et la presse de s'engluer : "Le match des animateurs", "RMC, gonflée à l'air du temps", "Europe 1 revient, France Inter se perd", "Des hauts pour NRJ… des bas pour RTL", "Nrj première radio de France" et tant d'autres pseudos-analyses dans un salmigondi totalement indigeste. Mais dans ce show funeste digne de la société du spectacle j'ai pu extraire une petite perle inattendue. L'illustration photographique du premier article mis en lien au début de ce billet n'est autre qu'un studio de Fip (3), avec une légende que j'ai trouvé magnifique (je suis sincère) : "Jane Villenet, une des voix « anonymes » de FIP, dans le studio 139 de la Maison de la radio." Vous pourrez regarder les illustrations des billets mis en lien et constaterez le "parti pris" des choix iconographiques. Et bien, je ne sais pas si pour 20 minutes c'est un "parti pris" mais en tous les cas c'est original, décalé et peut-être même subtil. Si ça permet au quotidien gratuit de ne pas mettre en avant une radio "médiamétrisée" plus qu'une autre c'est réussi. Et en même temps la légende est absolument intéressante. On nomme, avec nom et prénom, une des "voix" de la chaîne, et on précise que les voix sont toujours "anonymes" (4), ce qui est vrai. Jane Villenet pour sa part a quelques années d'antenne à Fip et, si l'on veut bien tendre l'oreille à ses messages subtils, on sait la reconnaître.

Ce clin d'œil, volontaire ou pas, m'a permis de sortir de la torpeur engendrée par la "bouillie de chat" qu'il a fallu ingurgiter pour comprendre que les tendances lourdes d'écoute sont assez stables. Si ces chiffres n'étaient pas communiqués qui s'en plaindrait ? Pas le public. Avec leur publication les médias attisent et mettent en avant les "querelles" des radios entre elles et surjouent une compétition qui n'intéresse que ceux qui jouent avec, les médias eux-mêmes. CQFD. Médiamétrie a trouvé la façon de promouvoir ses chiffres, gratuitement, en les lançant en pâture aux médias affamés. L'effet pervers  touchant directement telle productrice ou tel animateur qui prend, au-dessus de sa tête, en quelques secondes, une "épée de Damoclès" dont il se serait bien passé, quand dès son arrivée un challenge quantitatif lui a été imposé, au détriment de contenus ou d'angles qui ne seraient pas en phase avec l'objectif suprême de "faire de l'audience".

(1) L'audience de la radio en France sur la période septembre - octobre 2013,
(2) Georges, secrétaire du Parti Communiste Français, années 70 et 80, qui d'élections en élections se félicitait des résultats à la baisse qui cachaient une forte adhésion populaire exceptionnelle que les "alliés" politiques avaient captée par les bulletins de vote,
(3) Une des sept chaînes du Groupe Radio France non comptabilisée par Médiamétrie dans les mesures d'audience,
(4) Sauf à bien les avoir identifiées quand elles sont nommées pour les sessions quotidiennes de "Jazz à Fip" 19h-20h30.

mercredi 20 novembre 2013

Ô Marseille…

Le Vieux Port
Photo ©Éric Schulthess, l'un des quatre…







J'ai au moins quatre potes marseillais qui vont tomber sur le c.. Pensez, si un breton du fin fond de la Bretagne leur apprend qu'une "nouvelle" application sur Marseille va bouleverser leurs oreilles et leur fendre le cœur, leur orgueil risque d'en prendre un sacré coup. Je suis moi-même, passé carrément à côté. Pan sur mes oreilles ! En juillet Radio France et sa Direction des Nouveaux Médias publient une application pour la deuxième ville de France. Mais la méga originalité de cette appli c'est qu'elle recèle, en géolocalisation, des sons radio d'archives sur la ville. Fascinant non ? Là j'ai été scotché et heureux comme si j'y étais (à Marseille). Car bien sûr c'est mieux d'être sur place, même si sur le web c'est tout pareil sauf qu'il manque… le décor et l'ambiance des lieux. 

Anne Brunel (1), profitant du passage de France Inter à Marseille lundi matin, a incité ses followers sur Twitter a plonger séance tenante sur MarseilleSons. Ce que je fis… ébloui et joyeux vraiment. La voilà l'idée du siècle, la voilà la radio augmentée, la voilà l'intelligence de la promotion du média radio. Vous pouvez imaginer tous les possibles que cela laisse entrevoir pour d'autres villes, d'autres lieux, d'autres personnages. Bien sûr ici la radio est émiettée, fragmentée, en pièces détachées. Et alors ? N'est-ce pas le meilleur moyen de donner envie d'en écouter plus. De plonger dans les archives et d'appréhender la radio par un autre bout. Cette appli qui ne concerne pas que la radio a nécessité au sein de la maison ronde un travail collaboratif assez exceptionnel pour mettre en valeur un patrimoine sonore et littéraire. Les documentalistes ont scruté la littérature, déniché les textes qui seront ensuite mis en voix par Michel Zlotowski. Et puis il y a les rencontres du temps présent qui sur place vont changer le regard et forcément apporter un supplément d'âme.

Big up à Anne Brunel et aux équipes qui méritent que cette appli fasse fureur dans les rues de Marseille. Mais pour tout ceux qui ne vont pas s'y rendre dès demain matin, serait-il possible que soient ajoutés sur la version web un sommaire et le titre des émissions dont les sons sont extraits ? Mes chers auditeurs vous ne serez pas surpris que ceux que je dépose ci-dessous soient ceux de Françoise Séloron, productrice à France Culture et d'une "Matinée des autres", une des émissions les plus sensibles de la chaîne. 

Mais pour parachever l'affaire et pousser l'écoute radio encore plus loin il faudrait pouvoir disposer en écoute intégrale des archives des extraits proposés dans cette appli. Commencer par celles-là et, par là, ouvrir la Très Grande Sonothèque des archives Ina (Institut National de l'Audiovisuel), préfiguration de la web radio-archive que j'appelle tant de mes vœux. Donner à entendre des "bouts de radio" n'a de justification que si c'est la première étape avant d'aller à la découverte des créations sonores dans leur intégralité. J'aimerais beaucoup que cette suggestion fasse son chemin, que la Direction des Nouveaux Médias se prononce et que l'Ina réunisse les protagonistes.

Il faut absolument faire quelque chose pour que les productions des Nouveaux Médias qui ne concernent pas directement les chaînes du groupe Radio France bénéficient d'une promotion qui puisse donner la plus large visibilité à ses productions. 

(1) Journaliste chargée de programmes Web, Direction des Nouveaux Médias, Radio France.

mardi 19 novembre 2013

(Se faire) à voir…

Belle radio… ©Pure




Quand la presse n'agite pas le hochet "de-la-nomination-du-Pdg-de-Radio-France" elle se rabat sur celui de la "radio-augmentée", du "second-écran" (sic) ou bien encore de la "radio-filmée". Et ça mouline, ça papote et ça glause, des fois qu'on pourrait continuer (le plus longtemps possible) à balader le lecteur, de la technique au progrès, sans jamais passer par la case contenu(s)… augmenté(s), et pas seulement d'images (1). L'hebdomadaire culturel autoproclamé "de référence" n'a pas manqué la semaine dernière de s'engouffrer dans la brèche et de tirer quelques plans sur la comète, tout ça parce que Europe 1 diffuse 14h de vidéo par jour, que RTL s'essaye au "second écran" et qu'il va y avoir des caméras dans les nouveaux studios de France Info. Et alors ? Vous pouvez toujours attendre de la presse un développement sur le sens, proclamé ou caché, d'une telle évolution ou sur ce que cette démarche va apporter à l'écoute, vous ne l'aurez pas ? La seule question que la journaliste ne pose pas est "Qui regarde les images de radio aujourd'hui et comment ?". Pourtant ledit hebdomadaire, avec un socle de plus de 550 000 abonnés, aurait de quoi nous renseigner qualitativement. Mais il faut bien se rendre à l'évidence, l'époque où Télérama interrogeait et fouillait les pratiques culturelles des français est absolument révolue. 

Le prime-time radio (7h-9h) est majoritairement écouté dans les voitures. Ils feront comment les automobilistes pour regarder les images qui bougent ? Et ceux qui déjeunent, se douchent, torchent le petit, se maquillent ou cirent leurs baskets comment feront-ils pour se concentrer sur les images ? Pourquoi la journaliste ne nous dit-elle pas comment elle-même a pu apprécier cette radio filmée, qu'est-ce que ça apporte au contenu, si c'est pertinent ou pas ? J'ai regardé une nouvelle fois la matinale de Laurent Bazin (RTL) et n'ai pu que me désespérer de voir des images en plans fixes ne strictement rien apporter aux informations… entendues. Il en va de même pour Europe 1 qui, malgré ses choix de filmage "mis en scène", n'apporte rien au fond. Parler dans ces deux cas de "radio augmentée" c'est se foutre de notre g… Mais on peut parler sans risque de se tromper de "radio diminuée". Diminuée de la puissance évocatrice de la voix. Les Chapus, Paoli, Arnaud et même Farkas… (2) doivent au minimum sourire d'un tel ramdam médiatique et peut-être penser : "Tout ça pour ça". En effet, se servir de l'image d'une façon si didactique jette aux orties tout ce que le cinéma a permis de comprendre par la suggestion et non par l'illustration en pléonasme de ce qui se dit ou s'évoque. 

Mais qu'en pensent les auditeurs ? Qui voudra bien les interroger ? Quels retours les radios privées en attendent-elles de cette radio filmée, au-delà de la reprise des interventions ponctuelles de tel ou tel invité ? C'est là qu'un hebdomadaire culturel aurait un rôle à jouer ? Les Inrocks, Le Nouvel Obs s'y frotteront-ils ? Rien de moins sûr. Quant aux Échos pertinents sur l'analyse de l'évolution technologique on attend leur analyse des effets sur les contenus comme sur l'auditeur. À moins que l'on assiste le 25 novembre, à l'occasion des "Assises de la radio", à une table ronde qui, au-delà des patrons de chaîne et des publicitaires, ferait entendre le point de vue des producteurs et des auditeurs. Cette écoute (et ce parti-pris) des auditeurs c'était la mission que s'était assignée autrefois Télérama. Cela donnait du sens à la publication et mieux encore faisait référence. 

Demain, un très beau projet de radio augmentée…

(1) Ah j'oubliais, aujourd'hui c'est le hochet sucré-salé de Médiamétrie, audiences radio
(2) Journalistes à RTL et Europe 1.

lundi 18 novembre 2013

dimanche 17 novembre 2013

Bienvenue au paradis…

Claude Dominique © Radio France 2013






Que les animatrices-animateurs de radio aient disparu ou pas, ils sont là, au petit Panthéon (de la radio). J'avais besoin de leur parler et de les écouter. De ces conversations, longues, denses et touffues je vous propose quelques bribes en points de suspension… Claude Dominique (Inter, Culture) : "Fleur de rauquaille" • Eve Ruggieri (Inter) : championne du monde. Nommée en juin 88, directrice des programmes d'Inter quittera ses fonctions en septembre 89 (pour Antenne 2 qu'elle convoitait déjà l'année précédente) • Clémentine (Célarié) : Au début, à Radio 7 puis sur Inter se présentait sous son seul prénom • Agnès Gribes (Inter) : "une voix qui sait tout faire, et même damner les saints" • Spéciale Raphaël Krafft (vélo reporter free) : "Le vélo est l'objet en action dans la lumière, un ballet où l'instant flirte avec l'éternité. Fernand Léger" • Jacques Chapus (RTL) : "À France-Soir on m'a appris à faire d'un fait divers un conte" • Yann Paranthoën (Radio France) "Je suis un illettré" • Julien Delli Fiori* (portrait) se confie à Kriss** (sensible) : "Durand, le directeur de l'école communale, il me détestait, ça s'oublie pas…" • Geneviève Ladoues (Culture) voulait "faire une émission consacrée aux derniers instants…

Yves Mourousi (RMC) "Au Fouquet's se nouent toutes les intrigues du PAF" • Stéphane Paoli (Europe 1) "J'aime les journaux vivants, actifs. Celui de 12h30 est plus long et permet de recevoir des personnalités en direct. J'adore ça" • Jean-Marie Borzeix (Culture) "Je veux sortir la station du guetto culturel" • François Billetdoux (Club d'Essai) aimait recevoir des "lettres sonores" • Patrice Blanc-Francard (Europe 1) "Moi j'ai eu la chance d'avoir à France Inter un type qui a toujours été pour moi d'une influence essentielle, Pierre Wiehn. Il était sur notre dos sans arrêt et ça vous oblige à une certaine rigueur" • Michel Lancelot (Europe n°1) "Un matin d'avril 68, j'avais imprudemment accepter de remplacer pour une demi-heure mon ami Gérard Klein, titulaire de "La clef sous le paillasson", sur France Inter…" • et demain Vincent Théval (Musique) évoquera le nouveau "Prefab sprout" dans Label Pop… (à suivre)

Message personnel : Euh Gérard, tu pourrais mettre la main sur le feuilleton en 30 épisodes sur "Le tour de France" de et avec Louis Nucera, de l'Atelier de Création des Radios décentralisées, année 1988 ou 1989. Merci d'avance.

* Fip, Inter, Fip, ** Inter, Fip, Inter.

Michel Lancelot (10' de sa Radioscopie de 1974)
 
Pour une fois je ne cite pas mes sources mais ça viendra…bientôt.

vendredi 15 novembre 2013

De belles plantes audiorifères...

Noëlle Breham*






Hier, le blog des 50 ans de France Inter remettait un coup de projecteur sur Jean-Marie Pelt (1). Et me sont revenues à l'oreille les histoires extraordinaires de plantes que nous contait le botaniste chaque après-midi, avec comme compagne d'onde Noëlle Breham (2). Quel merveilleux souvenir ! J'ai tellement écouté Jean-Marie Pelt qu'il m'a donné envie de m'intéresser aux plantes et d'essayer d'y comprendre quelque chose. C'était un formidable pédagogue. Et comme me l'avait très bien dit Julien Delli-Fiori "Garretto savait associer les contraires". Noëlle Breham joue les ingénues, pose les questions simples ou naïves qui permettront à Pelt d'y répondre savamment mais avec clarté et enthousiasme pour ses recherches. D'une certaine façon Pelt est un conteur qui renouvelle le genre. Il capte avec brio son auditoire.

Dans ces années 80, Tremolin, Pelt écrivent chaque jour une encyclopédie sonore et on se régale d'apprendre et de découvrir. La radio joue son rôle et le slogan d'Inter (3) n'est pas un message de publicitaire à la mode qui se répand trop sur les ondes. Le génie de Garretto a été de susciter la curiosité, de l'entretenir et de rendre ses auditeurs exigeants. C'est une qualité dont certains directeurs auraient bien aimé qu'elle ne soit pas la première que les auditeurs revendiquent pour leur chaîne.

(1) Professeur de biologie végétale et de pharmacologie à l'Université de Metz,
(2) Histoires de plantes : l'émission a commencé le 1 avril 1985 diffusée à 17h45, du lundi au vendredi. 99 disponibles à l'écoute sur ina.fr. L'année précédente c'était Jacques Trémolin qui racontait "Histoires d'animaux". Ces programmes courts sont le fait des "pleins et des déliés" proposés pour les après-midi de France Inter depuis janvier 1983, inventés par Jean Garretto, directeur des programmes de la chaîne (1982-1988),
(3) "Pour ceux qui ont quelque chose entre les oreilles",

* Noëlle Breham anime chaque dimanche sur France Inter, de 19h30 à 19h55, "Les p'tits bateaux".




jeudi 14 novembre 2013

Les écrivains passent une Radio…scopie

Jacques Chancel











Les éditrices Béatrice Montoriol (Ina) et Marie-Annick Huet (Radio France) seront surprises qu'à réception du nouveau volume (n°4) des Radioscopies* de Jacques Chancel consacré aux écrivains, j'ai commencé par lire méticuleusement les dates de diffusion des vingt-trois entretiens sélectionnés. Pourquoi ? Eh bien parce que, tant qu'à faire de réécouter ses voix puissantes de la littérature, j'avais besoin de me demander si à l'époque de leur diffusion j'avais pu les écouter en flux ? Mais qu'est-ce que ça change me direz-vous ? Tout mais vraiment tout. À l'époque et pendant presque vingt ans ininterrompus Chancel à 17h "figeait" tout ce qui pouvait se passer autour de son émission et qui aurait pu empêcher une écoute attentive. C'était un rite, un pivot (1) de la journée, un rendez-vous "sacré" qui se savourait un peu avant, pendant et encore après. Mais pour qui ? Qui dans les années 70 et 80 pouvait se distraire de son activité principale pour écouter la radio à cette heure-là ? Pas moi toujours ou assez rarement du lundi au vendredi. Mais grâce à Télérama, - à l'époque un excellent hebdomadaire qui écoutait, défendait, promouvait la radio avec ferveur, joie et passion -, je pouvais mettre en œuvre une mécanique un peu tirée par les cheveux pour enregistrer ou plutôt faire enregistrer l'invité dont je ne voulais pas rater le propos. Mais j'ai pu aussi, en de nombreuses occasions, écouter la radio en travaillant.

Je vous épargnerai, mes chers auditeurs, les digressions superflues que je pourrais faire en passant par le menu mon emploi du temps à l'époque de la diffusion de chacune des émissions proposées dans ce coffret. Mais, mentalement, avant chaque écoute je me suis resitué dans le contexte de l'époque, pour le plaisir et pour mieux appréhender ce qui "tournait autour" de celle ou celui qui se confiait à Chancel. Au-delà de la qualité des enregistrements, "on" se souvient qu'il n'y avait pendant cinquante-sept, voire cinquante-huit minutes aucune perturbation de jingle, chronique, auto-promo, publicité, play-list qui auraient envahi les émissions jusqu'à saturation. S'il est de bon ton aujourd'hui de ne pas vénérer le passé et de s'affranchir du "c'était mieux avant", comment se fait-il donc que les milliers de Radioscopies que Chancel a enregistrés soient devenus pour la plupart des objets mémoriels marqueurs de leur temps ? Je m'abstiendrai d'évoquer ici les noms d'émissions actuelles qui, à peine écoutées, laissent à peu près autant de souvenirs que la première fois où, au marché, vous avez entendu un camelot empiler des serviettes pour vous embobiner dedans.

Romain Gary







Pas besoin de vous dire comment j'ai picoré dans cette belle collection (2), l'important c'est que j'y ai pris beaucoup de plaisir et surtout découvert des écrivains vers qui je n'aurais pas "naturellement" été. L'Ina et Radio France font ici la démonstration formelle de ce qui déjà à l'époque aurait pu s'appeler une "radio augmentée". Pas une radio augmentée de falbalas tendance, d'images insipides, de liens superflus et d'autosatisfaction permanente. Non une radio augmentée, de sens, d'écoute, de transmission du savoir et de voix qui avaient quelque chose à dire, pas à vendre (4).

Écouter les Radioscopies de Chancel c'est se reposer de la fureur du monde tout en (re) découvrant le monde (3), sans que cette découverte ait besoin de s'accompagner de tambour, de trompette, de buzz et autres calamités de la communication moderne. Comme aurait pu le zozoter Jean-Christophe Averty, un autre génie audiovisuel, "À vos CéDé"…

* Radioscopie, France Inter, du lundi au vendredi, 17h. 1968-1982 puis 1988-1990,
(1) Non, non ce n'est pas un calembour fumeux. 
(2) Radioscopie, Jacques Chancel, Vol.4, Écrivains, 2CD, 20h d'enregistrement, Ina/Radio France, disponible chez Harmonia Mundi ou sur la boutique d'ina.fr en physique et en numérique,
(3) Roland Barthes au cours de son entretien évoque la science de la radiodiffusion, et Romain Gary sa volonté farouche d'une féminisation du monde,
(4) Deux bijoux de questions de Chancel à d'Ormesson : "Si demain vous êtes fusillé, vous saurez sourire au dernier moment ? " et " Vous auriez su naître dans une famille ordinaire".

 

mercredi 13 novembre 2013

Paris-Inter : Agathe Mella…

Vous savez quoi ? Hier soir, cherchant quelques masques et quelques plumes pour ce billet d'aujourd'hui, un petit pas de côté m'a fait entrer dans une matinale de Philippe Caloni sur France Inter :


"Agathe Mella, première femme nommée directrice de Paris-Inter (devenu France Inter en 1963), puis de France Culture, est décédée le 6 août 2003 à 93 ans dans l'Eure où elle résidait… Entrée à la radio nationale après la Seconde Guerre mondiale, Agathe Mella figure parmi les personnalités qui permirent la renaissance d'un réseau radiophonique de service public de haut niveau. Elle ouvrit Paris-Inter à des producteurs et créateurs comme Jean Chouquet, François Billetdoux, Jean Garretto, à José Artur et à Roland Dhordain (futur directeur de la radio publique) avec sa "Route de nuit" et les "Inter-Services". Pour Roland Dhordain, "c'est grâce à elle que les pères fondateurs de France Inter purent faire aboutir leur projet". Agathe Mella fut aussi la directrice de France Culture en 1964, puis en fin de carrière fut chargée des relations internationales de l'ORTF. Jusqu'à 2001, elle avait participé activement aux travaux des cahiers d'histoire de la radio publique (RTF, ORTF, Radio France)." (1)

Les archives d'Agathe…






Et Mella d'évoquer avec Caloni (2), l'évolution de sa carrière de "modeste secrétaire à fonctionnaire de haut rang". Émouvant de l'entendre évoquer Vladimir Porcher (3) lui disant dans un couloir : "J'ai pensé à vous pour être directrice de Paris Inter". Savoureuse aussi sa perception d'une radio moins "administrée" : "Du temps de Paris Inter je ne me heurtais pas à mille complications".

Un an plus tôt, dans "Atout cœur" au micro de Thierry Beccaro sur "Radio Bleue" (4) Mella avec la même constance livrait ses souvenirs, en rappelant que Paul Gilson, le directeur des programmes des trois chaînes (Paris-Inter, et ce qui deviendra France Culture et France Musique), était avant tout un poète (5). Il n'est pas vain de remettre sur le devant de la scène une femme qui, avant Jacqueline Baudrier et Michèle Cotta (6), a présidé aux destinées d'une radio publique, dans un temps où l'on peut dire que c'était une exception, particulièrement quant sa nomination tenait à ses qualités propres et non à ses diplômes ou réseaux.

(1) Le Nouvel Observateur, 21 août 2003,
(2) à 7h30 en 1985, Caloni "laisse parler" son invitée… 11'44"
(3) Directeur de la Radio Télévision Française,
(4) La radio des seniors (1980-2000) inventée par Jacqueline Baudrier, Pdg de Radio France, 1975-1981,
(5) Il mettra, entre autres, à l'antenne sur Paris Inter "Le petit conservatoire de Mireille",
(6) Pdg de Radio France 1981-1982, puis présidente de la Haute Autorité de la Communication Audiovisuelle.

mardi 12 novembre 2013

Une oreille dans l'œil… ou vice-versa

Séverine Bastin
© Xavier Reim lors d'une décentralisation à Brest.
  









Dans mon tour de ronde la semaine dernière, j'ai rencontré Séverine Bastin des internets de France Inter. Hier, je lui ai proposé un interview par mail, retranscrit ci-dessous.

Radio Fañch : Vous travaillez à Radio France depuis quand, et pour quel métier ? 
Séverine Bastin : Je suis entrée à France Inter en septembre 1995, au service de presse, où je suis restée 15 ans, comme attachée de presse puis responsable du service. Depuis 2010 je m'occupe des réseaux sociaux de France Inter.

R.F. : Pouvez-vous nous décrire votre métier d'aujourd'hui ?
 

S.B. : Pour faire court, c'est mettre en avant la richesse de l'antenne de France Inter (programmes, info, coulisses, extérieurs, bonus...) sur les différents réseau sociaux : Twitter, Facebook, Google +, Pinterest... Pour le blog des 50 ans : tout le pôle web (une dizaine de personnes) peut contribuer. À ce jour nous sommes 6 déjà à avoir signé des billets. Pour les réseaux sociaux : je suis (pour l'instant) toute seule.

R.F. : Pour alimenter le "blog des 50 ans" il vous a fallu plonger dans les archives, quel était votre projet éditorial (ou celui de la chaîne) ?

S.B. : Tout est parti du blog que nous avions tenu sur le site www.franceinter.fr pour le centenaire du Tour de France, "100 jours, 100 tours". Radio France a des fonds d'archives et des services de documentation incroyables : les archives sonores, écrites, la Discothèque, le Musée, la photothèque.... Durant 100 jours, nous avons retracé l'histoire des 100 Tours de France à travers les archives dénichées par ces services : disques, vidéos, extraits sonores, cartes postales, extraits de livres, articles... Pour les 50 ans de France Inter, nous avons eu l'envie de recommencer. Comment mieux raconter l'histoire de la radio qu'à partir de ses archives ? Ce sont elles qui racontent la radio. Sons, vidéos, photos, articles... nous avons suivi le même procédé. Il y a évidemment une part subjective, à la fois dans le choix des archives et la façon de les raconter. Mais c'est le principe même d'un blog, la subjectivité.

R.F. : Votre travail suscite du désir d'écoute d'archive, pourquoi Inter et mieux Radio France ne créée t-elle pas avec l'Ina une (web) radio-archive d'écoute à la demande ? Pensez-vous que le public suivrait ? 

À l'occasion des programmes spécifiques des 50 ans de France Inter en décembre prochain (les 6, 7 et 8) nous allons proposer en podcast les plus belles archives (re)diffusées. Un premier pas ... Pour le reste, c'est aux Directions de France Inter et de Radio France de répondre.

R.F. Comment faites-vous pour écouter d'une oreille et d'un œil ne pas lâcher l'écran ? 

Savoir faire deux choses en même temps... c'est la clé ! :)

lundi 11 novembre 2013

Réal… ité

Claude Villers et Monique Desbarbat






Pourquoi tout petit déjà, quand je passais par Paris je regardais et détaillais les immenses affiches des stations de métro mais aussi les toutes petites lettres qui sur le côté à la verticale signaient le nom du créateur et/ou de l'agence de publicité. Le détail m'a toujours intéressé au point, très tôt, d'être attentif aux désannonces d'émissions de la radio publique. Les noms entendus, les fonctions m'intriguent. Il n'existe alors (années 70' et 80'), accessible au grand public, aucune représentation photographique ni des visages, ni de l'attitude de travail de ces personnages, ni même des lieux où s'exerçaient leurs fonctions. Alors petit à petit s'est installé un mystère. Une représentation imaginaire caracole dans mon cerveau et se met en place comme un petit théâtre… d'ombres.

Du jour où j'ai commencé à venir à la maison de la radio, j'ai eu envie de connaître ces "sans-voix et sans visage".  Et j'ai commencé par les réal… isateurs, une "vraie" réalité, indispensable, pour mettre en ondes une émission de radio. Je me souviens bien que le nom de Gilles Davidas revenant souvent sur les ondes (là de France Culture) j'ai sollicité Christine Guedj (1) pour qu'elle me présente à cet homme dont le nom avait été égrené des centaines de fois par, entre autres, Brigitte Vincent (2). C'est d'ailleurs à Gilles Davidas (3) que je dois les sons que vous pourrez écouter ci-dessous (dans quelques jours).

Puis pour différentes raisons j'ai pu échanger avec : Monique Veilletet, Adèle, Yvon Croizier, François Teste, Jérôme Chelus, Chloé Sanchez, Marie Guérin et quelques autres, avec lesquels j'ai pu commencer une conversation dont je ne désespère pas, un jour, pouvoir la poursuivre. Bien sûr j'aurais beaucoup aimé rencontrer Monique Desbarbat, la fidèle réalisatrice de Claude Villers. Et ne désespère pas de croiser Jean Morzadec au passé radio impressionnant, Jacques Sigal compagnon de marche de Jean Lebrun, …

Mais si comme moi vous êtes attaché à ces "détails" vous aurez sûrement remarqué à la façon dont le producteur cite son réalisateur ou réalisatrice, en quelle part de complicité il le/la tient. J'entendrai encore longtemps Foulquier commencer par citer "Adèle" avant son propre nom, Brigitte Vincent "coller" derrière le sien "Gilles Davidas" comme pour faire comprendre aux auditeurs que c'est aussi à deux que se pense et se vit l'émission (4). N'oublions pas quelques ingénieurs du son, le toujours sémillant Guy Senaux (qui a fait ses classes d'apprentissage avec Yann Paranthoën) et le "taiseux" Yves Le Hors (5).

Alors cette petite "cosmogonie" de la radio dont personne ne parle ou si peu, j'essaye, à la mesure de ce blog, d'en dire l'histoire. Car tous ces "gens-là" la portent aussi cette histoire de la radio qu'ils ont, activement, participé à fabriquer.

(1) Attachée d'émission : Le Pays d'ici, Changement de décor, Le vif du sujet, Sur les docks,
(2) Animatrice-Productrice sur France Inter :
(3) J'ai réalisé une interview de ce réalisateur au mois de juin 2013, mais n'ai pas encore pris le temps de réaliser un montage "a minima" pour vous faire partager son histoire (longue) à la radio,
(4) Sans oublier l'équipe technique : ingé-son et assistants,
(5) C'est Jean Lebrun qui le qualifie ainsi.