vendredi 29 décembre 2017

67/68 : une autre révolution culturelle… Bob Dylan, hobo magnifique (17/44)

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Ici, le vendredi, jusque fin juin 2018, en complément du feuilleton "société" publié chaque lundi, je vous raconte, quelques faits marquant de "la vie culturelle" de l'époque. À travers les livres, les films, les disques qui ont marqué la révolution culturelle qui couve. Avec des archives audio radio en exclusivité, les sources de la presse nationale et régionale, et… mes propres souvenirs.

Cette photo de la une de "The village voice"
 du 20 septembre 2017,
publiée sur le compte Twitter de Gregory Phillips 
17. John Wesley Harding…
Le 27 décembre 1967, Bob Dylan sort son huitième album studio. La France bégaye quelques ritournelles folk qui arrachent les oreilles et s'apprête à recevoir pour les vœux les oracles psalmodiés du Général-Président de Gaulle. Dylan/de Gaulle un océan… pacifique les sépare. De Gaulle fanfaronne au Québec mais ne prendra jamais la mesure du changement d'époque. Le vieux monde va s'écrouler et de Gaulle n'a pas d'autre posture que celle d'être martial et dépassé. Dylan, lui est dans le mouvement qui secoue l'Amérique depuis le début des années 60. Il n'a pas encore lâché sa gratte folk, et prend une nouvelle fois ses fans à contrepied en publiant un disque " Country and Western", plus tellement dans l'air du temps.

En cette fin d'année 67, décisive pour la révolution culturelle en marche, je crois qu'il a manqué (aux ados de l'époque) d'écouter à la radio "The ballad of Frankie Lee and Judas Priest". Mais où aurions-nous pu écouter ça ? Au pop-club de José Artur sur France Inter ? La chanson de 5'35" dépasse les standards de diffusion autour de 3' mais, le programmateur de l'émission, Pierre Lattes (1) la passait sûrement car "au Pop-Club il n'y avait pas d'interdit" m'assure Patrice Blanc-Francard (2). Toutefois, pour ce qui concerne la pop et le rock, l'industrie musicale française nous vendait de la guimauve et la copie, souvent bien pâle, de ce qui allait devenir des standards anglais et américains.



Hughes Auffray faisait les belles heures des feux de camp scout mais nous maintenait dans l'ignorance des temps qui changeaient à vue d'œil. Je n'avais ni l'âge ni l'argent pour m'offrir un 33 tours. Juste attendre des jours meilleurs pour être déniaisé question musique. Il s'en fallait de quelques mois qui, à l'époque, m'ont paru une éternité. Sur cet album avant qu'Hendrix en face un autre bijou, Dylan chantait All Along the Watchtower… 

(1) Pierre Lattès a été animateur au Pop Club de José Artur, puis pour sa propre émission "Boogie" (1973-1974),
(2) Programmateur du Pop-Club depuis 1969, a animé de nombreuses émissions de musique sur France Inter (Souvenirs, souvenirs, Bananas, Loup-Garou…).

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