lundi 29 février 2016

Yann Paranthoën et la radio… retour vers le futur

Jack Vidal/Yann Paranthoën, Juillet 91 © Phonurgia nova








































Il y a onze ans disparaissait, Yann Paranthoën (1935-2005), un créateur radiophonique, inventif et "trempé" dans le son. Le 16 juillet 1991, dans le cadre de l'Université d'été de la radio, organisée par Phonurgia Nova, Paranthoën témoignait. Ces deux heures de paroles et d'extraits sonores sont un régal pour qui veut comprendre le Breton de l'Île-Grande (Côtes d'Armor) qui a consacré sa vie à "tailler le son". 

Phonurgia Nova publie, aujourd'hui, le dialogue Vidal/Paranthoën. Il y fait bon entendre les noms de ceux qui, à France Culture, Trutat (Alain), Pivin (José), Farabet (René) ont soutenu la création radiophonique et particulièrement celle de Paranthoën. Merci à Marc Jacquin d'avoir "ressorti des armoires" ce moment d'été.

Passé l'écoute vous aurez sûrement envie d'en savoir et d'en entendre plus. Un bon commencement serait d'aller lire la somme écrite et sonore de Christian Rosset.




Mais vous pourrez aussi fureter , ou , et même ici ou encore . Après, comme le disait si bien Morvan Lebesque, "À chacun l'âge venu, la découverte ou l'ignorance" (1)



(1) "Comment peut-on être breton", Morvan Lebesque, Seuil, 1970 (Préface de Gwenc'hlan Le Scouëzec)

Radio-Archives : Jacques Chirac - Radioscopie

J'ai voulu jouer le jeu de la collection et, jour après jour, chroniquer une des cent-dix-sept  Radioscopie proposées dans le coffret de l'Ina. J'écoute à 17h dans les conditions du flux et vais ainsi vous tenir en haleine jusqu'au mois de mai 2016…

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Jacques Chirac (12 décembre 1977)

"Jacques Chirac, un nom qui sonne dur, qui cogne fort alors que manque t-il à votre grandeur ?" Le grandiloquent est posé mais, il manque déjà un bon coup des trompettes de la renommée. Celles de Brassens bien sûr (1).

"Vous avez la sérénité des forts !". La conversation commence à fleuret moucheté, visiblement Chancel veut déstabiliser "Le grand Chirac" qu'il place, très haut, sur l'échelle du pouvoir. Et Chirac d'enfiler les perles en un chapelet, daté, d'idées convenues, d'effets de manches, de circonvolutions oratoires avec un ton empesé et distant, voire condescendant ! Le propos est convenu et pénible, et au bout de 7' on aurait bien envie de "tourner le bouton". Quelle ronflette ! Avec un propos politique, digne d'une émission politique, dont Chirac n'aura pas su se départir pour changer de registre !

(1) Chirac, n'est plus Premier ministre de Valéry Giscard d'Estaing, il a démissionné le 25 août 1976. "Je ne dispose pas des moyens que j'estime nécessaires pour assumer efficacement les fonctions de Premier ministre et, dans ces conditions, j'ai décidé d'y mettre fin." Il est maire de Paris depuis mars 1977. Jacques Chancel l'avait déjà reçu le 18 février… 1977 !


dimanche 28 février 2016

#Brunch 24



• Merci Patron ! 
Alors voilà d'un côté il y a la radio privée avec des pubs et de l'autre la radio publique avec… des pubs (surtout sur France Inter). Alors que les contenus de la première pourraient déplaire à un annonceur au point que ça puisse influer sur l'éditorial de la chaîne, les futurs contenus de la deuxième pourraient aussi mettre en péril soit l'éditorial, soit la pub, soit les deux. 

Avec l'exemple ci-dessous, on voit comment Lagardère impose "la loi du marché…publicitaire", et comment France Inter dispose, encore, de toute sa liberté pour accueillir François Rufin auteur du film "Merci patron". Alors que Radio France vient de se voir autoriser "l'extension du domaine de la pub", lui permettant d'ouvrir le champ des annonceurs bien au-delà des pubs d'intérêt général, qu'adviendra t-il de l'éditorial quand Volskwagen tentera de faire pression sur la direction de la chaîne, pour que infos et enquêtes, desservant les intérêts et l'image de l'annonceur, ne soient pas diffusées ?
(Suite au prochain n°)







• Une archive audio de Bebel, d'un lion et de Lelouch

Dans son numéro de Boomerang de vendredi dernier, sur France Inter, Augustin Trapenard recevait Lelouch, président de la 41ème cérémonie des Césars. AU cours de l'émission il a fait réécouter ça au cinéaste…



Un cœur sur le logo de Radio Canada…






















• Requiem pour Radio Canada
Dans une tribune du 27 février, Simon Durivage exprime dans Le Devoir (quotidien de Montréal), son point de vue sur ce qui ressemble à un "Chant du Cygne" de la radio publique Radio Canada, où il a longtemps œuvré "du temps de l'ancien Radio Canada" comme il l'écrit. Producteur-animateur d'émissions, il a quitté le navire il y a huit mois et ne se résout pas à la fatalité d'un rouleau compresseur libéral. Vous pourrez lire son point de vue . Pour comprendre ce qui a suscité sa tribune vous pourrez en savoir plus ICI. Merci au voyageur, concerné, qui rentrant de Montréal aujourd'hui, m'a transmis cet article du Devoir, et l'image ci-dessus.


Lettre ouverte Hubert T. Lacroix, Pdg de CBC/Radio-Canada


À dimanche prochain…

lundi 22 février 2016

La révolte des artichauts : le paysan et le recteur, en Léon, juin 1961…

Alexis Gourvenec porté en triomphe à sa sortie de prison,
juin 1961


























Qu'il est bon d'attraper au vol un documentaire qui, au-delà de remettre les pendules (de l'histoire) à l'heure, vous plonge dans vos propres souvenirs. "La Fabrique de l'histoire" (1) vient de rediffuser le documentaire "La révolte des paysans bretons" (2). Au-delà de son intérêt mémoriel et historique, ce documentaire évoque des personnages avec qui j'ai eu l'occasion de travailler depuis le début des années 80, dans un pays que l'administration appelle le Nord-Finistère et que l'usage populaire appelle le Léon (3).

Quand j'ai entendu ce qui suit, et qui date de 1961, je me suis dit que 7 ans avant 1968 (et un an avant le début de Vatican II), quelque chose était en train de changer en Bretagne. Les hommes commençaient à s'affranchir du poids énorme de la religion, et de l'ordre moral et politique que celle-ci imprimait dans les esprits depuis quelques siècles.



Formidable Pierre Chapalain, paysan qui, 43 ans plus tard, résume le basculement qui s'est opéré et qu'il a opéré. Qui, en 1961, pouvait bien mettre fermement dehors un vicaire, venu remettre "la brebis égaré dans le troupeau" et qui, bien plus improbable encore, pouvait oser interrompre le recteur (curé) en pleine homélie pour le prévenir d'une opération d'éclat à son encontre ? Il fallait bien que les hommes (Léon, Gourvenec, Chapalain, et d'autres) formés à la Jeunesse Agricole Chrétienne (JAC), aient trouvé l'assurance suffisante pour ne plus accepter le joug de la fatalité économique décidée en "hauts lieux".

Comme le résume Chapalain, puisqu'il devenait plus fort que le curé-patron, il pouvait s'engager devant les électeurs de sa commune pour briguer la mairie. Quelle affaire, j'ai connu un genre d'équivalent de Pierre Chapalain, Alphonse Arzel, jaciste lui aussi qui ne reculait devant rien et, surtout pas devant le pouvoir des multinationales du pétrole. Les années 60 allaient cristaliser la mutation de l'agriculture ainsi qu'un ordre ancestral qui finirait par péricliter au tournant des années 80.

L'église catholique et, sa cohorte de prêtres et autres recteurs, ne pouvaient s'attendre à ce que l'ordre millénaire établi vacille, et particulièrement dans ce pays de Léon dévoué, corps et âmes, à la foi catholique. Un temps nouveau était en germe, un temps ancien allait disparaître. Il venait de la terre et personne ne l'avait vu venir, pas même les paysans qui, avec celui-ci, allaient devoir s'adapter à beaucoup d'autres bouleversements.



(1) Du lundi au vendredi, 9h05, producteur Emmanuel Laurentin, France Culture, 
(2) J'espère pouvoir ajouter ici le player de la rediffusion dans la journée…
(3) Du nord-ouest de Brest jusqu'aux limites de Morlaix à l'est, et Landerneau au sud. Le Léon est lui-même divisé en Bas-Léon et Haut-Léon et, l'un comme l'autre, sont différents ;-)

Titre de la vidéo : "Les Bretons parlent aux Français" (déjà je me l'encadre !)
Émission de Télévision "5 colonnes à la Une", le magazine de Pierre Lazareff, Pierre Desgraupes, Pierre Dumayet et Igor Barrère, 7 juillet 1961, 1ère chaîne de télévision,

samedi 20 février 2016

Et Alison Steele rencontra Thierry-Paul Benizeau… ou inversement

Alison Steele


























Bon avant il y avait "Et Dieu créa la femme", maintenant il y a "Et Benizeau (re)créa Alison". Samedi dernier j'écoute, concentré, ma petite liturgie musicale hebdomadaire des cadors, Valero & Jousse, qui animent sur France Musique "Easy tempo" avec grâce, talent et humilité tous les samedis (1). J'écoute donc les duettistes, quand tout à coup, comme sorti de leur plus beau haut-de-forme, j'entends la voix de Benizeau qui me captive immédiatement parce qu'elle me raconte une histoire. 

Et quelle histoire. En quelques mots Benizeau dresse le tableau. New-York, années 70, une radio "WNEW FM - 102.7 ", une D.J. Alison Steele, et un souvenir puissant. L'oiseau de nuit, "The nightbird" comme Steele s'appelait, ne s'est même pas encore envolé que je suis captivé. Mais d'où ça vient cette mémoire, ce souvenir, ce minuscule petit bout de vie qui 40 ans plus tard fait vibrer Benizeau ? En quelques minutes, Benizeau ouvre un livre immense, un océan même où, plonger, risque d'être sans fin… et profond.

Si vous me connaissez bien, mes chers auditeurs, vous imaginez bien que j'ai plongé. J'ai appelé Bénizeau et ai écouté sa "petite histoire" presque banale mais absolument magique. Qui montre comment, une voix, une émission de radio à un moment de sa vie peut tout bouleverser et surtout, sublimer le quotidien. Et si ce quotidien c'est la nuit…



Mais l'affaire ne s'arrête pas là ! Au cours de sa chronique Benizeau cite Donald Fagen (la moitié de Steely Dan), évoque son morceau "The nightfly" et, cerise sur le gâteau, que celui-ci a été composé en hommage à Alison Steele… De quoi s'évanouir. Pas moins. Octobre 1982, comme tant d'autres fois, Bernard Lenoir (2) m'a donné envie d'acheter le 33 tours de Fagen. La pochette a longtemps décoré mon coin "musique" et le morceau a beaucoup usé le diamant de ma platine Thorens.

Je n'écouterai plus jamais Benizeau de la même oreille… On va se revoir ! On va causer musique. On va causer D.J.. À mon tour, je vais pouvoir rêver d'Alison Steele. Une fois encore, un coup de chapeau sincère à Jousse et Valero d'avoir déniché l'oiseau…rare.



(1) Mes chers auditeurs, si vous me lisez depuis plusieurs années, vous savez déjà à quel point j'ai eu l'occasion de dire la joie que me procurait le duo qui, chaque semaine réinvente la découverte musicale et nous incite à aller "voir" plus loin,
(2) Feedback, France Inter, 21h/22h, depuis fin mai 1978,

vendredi 19 février 2016

Le futur de la radio peu probable que ce soit de la mauvaise télé…

Le Nagra de Jouffa (capture d'écran, LCP)















Il ne sera pas dit que, sur ce blog, je n'aurais pas, au moins une fois, cité Pierre Bellanger, fondateur et Pdg de "Skyrock". Le titre de ce billet reprend un de ses propos sur l'avenir de la radio, à l'occasion du débat sur "La chaîne parlementaire" (LCP) qui réunissait, hier soir, 18 février, Fabienne Sintès (France Info), Guillaume Durand (Radio Classique), Pierre Bellanger, et Olivier Poivre d'Arvor (Ambassadeur, chargé de l'attractivité culturelle), suite au documentaire "Les temps de la radio" diffusé à 20h35 (1).

Ce documentaire nous permet de réentendre "La tribune de Paris" (Chaîne nationale), Jean-Marie Périer (photographe des "vedettes" yé-yé) qui raconte bien comment "Salut les Copains" (Europe n°1) était en phase avec l'époque (l'info) et la jeunesse du baby-boom (musique). Mais aussi le putsch d'Alger (1961), et les "événements" de Mai (1968) où le Général de Gaulle, chef de l'État saura utiliser les ondes comme en 1940. François Jouffa, (Europe n°1) fait son show pour décrire le fonctionnement et l'autonomie que procure le Nagra, l'enregistreur qui bouleversera le reportage radio (2).

Il est bon de se rappeler que c'est Chaban-Delmas, premier ministre, qui en 1971 supprimera le ministère de l'information. Mais c'est en 1967, la radio privée RTL qui inventera Ménie Grégoire et libèrera la parole des femmes. Daniel Cardon, sociologue, d'expliquer que pour cette libération "La voix va être centrale" alors que "l'image (télévisuelle) l'aurait trahie". 

Si Isabelle Veyrat-Masson, historienne, date de l'arrivée de Coluche sur les ondes, la diffusion du langage populaire, ce serait un peu vite passé sous silence Maurice Biraud et Francis Blanche (Europe n°1), Jean Yanne et Jacques Martin (Radio-Luxembourg), qui dégoupillent la radio dès les années 60. Et l'on apprend que "Lorsque l'enfant paraît" l'émission de Françoise Dolto, avec Jacques Pradel sur France Inter (1976-1979), est préparée par Catherine Dolto, sa fille.

Pierre Bellanger, Pdg d'une radio privée, croit "au service public, il y a une vraie liberté, et pas la même que dans les radios privées. Il y a plusieurs parfums à la liberté".

(1) Radio France étant partenaire du documentaire, surprenant qu'il n'y ait eu en plateau qu'un seul représentant du groupe public ? 
(2) Jouffa, avant de faire une longue carrière à Radio France, créera fin 68, 
sur Europe N°1, "Campus" qui, trois semaines plus tard, sera reprise par Michel Lancelot. 

"Droit de suite", le débat animé par Jean-Pierre Gratien,


J'aime fixer ici ce que les invités ont eux-même accroché à leur mémoire. Guillaume Durand, "SLC-Salut les Copains" et Gilles Schneider (Europe n°1) sur les barricades de 68. Et de découvrir que ce sont Frank Tenot et Daniel Filipacchi (1), à la création de Skyrock, qui ont soutenu Pierre Bellanger pendant quatorze ans. Pour Bellanger le moteur de la création radiophonique "c'est la liberté". Pour Fabienne Sintès, la légende de la radio c'est Europe n°1 en 68 (Gilles Schneider dans une cabine téléphonique).

Guillaume Durand dira très bien comment le "couple magique" programmes/infos, à Europe n°1, à l'époque dirigée par Maurice Siegel, a formidablement fonctionné. Et de rappeler comment Chirac a viré Siegel en 1974. Mais Durand cite aussi le Pop-Club et Patrice Blanc-Francard qui programmait la musique rock de l'émission. Et Sintès, très lucide, de se demander si les appels, tels celui de l'Abbé Pierre en 54 sur Radio-Luxembourg, ne seraient pas aujourd'hui pour l'image, diffusés sur une chaîne d'info.

On pardonnera à Fabienne Sintès qui, écoutant "Kiss Fm" et Bohringer "C'est beau une ville la nuit", imagine qu'"Artur est déjà parti, que Lenoir est déjà parti". Bellanger estime qu'on a vécu "L'âge de fer de la radio et que l'âge d'or c'est devant". Et pour enfoncer le clou "L'âge d'or c'est maintenant". Pour ceux qui n'auraient pas de mémoire où ne connaîtraient pas France Culture, d'Arvor considère que "la radio manque de créativité". Manque pas de toupet ! (2) 

Le débat abordera la question de l'image. Celle de France Info, dans la future chaîne publique d'info en continu, en collaboration avec France Télévision. Et c'est Bellanger qui aura le bon mot de la fin : "La force de la radio c'est l'absence d'image. Le cœur [de la radio] c'est la voix, c'est le son."

(1) "Pour ceux qui aiment le jazz", Europe n°1, 1955-1968, 22h,
(2) Quand il était directeur de France Culture, il n'a eu de cesse de multiplier le temps d'antenne de l'info, de copier France Inter aux heures de prime-time (6h30/9h et 18h-19h) et de brider la créativité d'émissions comme "Les passagers de la nuit", "Movimento", "Carnet nomade"…  et d'"offrir" une part très congrue au documentaire,

Radio-Archives : Bokassa (Radioscopie)

J'ai voulu jouer le jeu de la collection et, jour après jour, chroniquer une des cent-dix-sept Radioscopie proposées dans le coffret de l'Ina. J'écoute à 17h dans les conditions du flux et vais ainsi vous tenir en haleine jusqu'au mois de mai 2016…

Facile, 25 ans plus tard, de dire en intro de cette Radioscopie (sur le CD) que Bokassa était un empereur de pacotille ! Il n'aurait pas fallu, en pleine giscardie, lui courir après la veille de son "sacre"…

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Bokassa (2 décembre 1977)

Je ne chronique pas une émission de propagande !

jeudi 18 février 2016

Radio-Archives : Marcel Bigeard (Radioscopie)

J'ai voulu jouer le jeu de la collection et, jour après jour, chroniquer une des cent-dix-sept Radioscopie proposées dans le coffret de l'Ina. J'écoute à 17h dans les conditions du flux et vais ainsi vous tenir en haleine jusqu'au mois de mai 2016…

Là, j'appréhende, grave, l'écoute de ce personnage que je n'aurais certes pas écouté en 1974, encore marqué par un temps inutile, passé dans un "non sens" indicible…

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Marcel Bigeard (8 novembre 1974)

"Bigeard, le seul grand nom connu de l'armée française…" annonce Chancel tout de go ! Tiens tiens mais que sont donc devenus Leclerc, De Gaulle, Massu et ce quarteron de généraux (Salan, Zeller, Challe et Jouhaud/putsch d'Alger/1961) ? Ce n'est plus de la flatterie c'est de l'obséquiosité à l'état pur !

Et histoire de bien enfoncer le clou "Général Bigeard, êtes-vous un mythe ?"Vous êtes Général est-ce le sommet d'une ambition d'homme ?" "Non ça ne veut rien dire !" Et bam attrape ça Chancel flatteur ! Voilà que le militaire tâte de la poésie "J'ai démarré à 15 ans comme "saute-ruisseau" (garçon de courses), une si belle expression Chancel aurait pu demander au Général de la traduire !

"Vous savez M'sieur Chancel" ! Ça c'est succulent, je crois que c'est la première fois que j'entends un invité interpeler ainsi le monsieur des Radioscopie. Avec une gouaille Lorraine mâtinée de titi parisien, "Gaby ma femme" résonne d'un accent "populaire". La facilité de parole de Marcel, son côté cabot et fanfaron, ne font pas oublier Bigeard le guerrier (qui ne manquera pas de nous "refaire" Dhien-Bien-Phu).

Allez, et Chancel de se gausser de mots et poursuit avec "votre légende", le bon gros cliché en quadrichromie à la Une de Paris-Match, béret rouge sur le côté. "À un moment vous avez eu envie de prendre le pouvoir ?" (1) À un moment l'auditeur, lui, a du mal à avaler le cathéchisme du "bon p'tit soldat" Bigeard qui voudrait nous faire croire qu'il s'intéresse à la question de fond "(ne pas) perdre son temps au service militaire". La bonne blague ! Il faut du "personnel" pour faire tourner la mécanique obsolète des casernes et la jeunesse d'y pourvoir contrainte et… forcée.

"Mon idéal, M'sieur Chancel serait de terminer debout parce que sucrer les fraises ça s'ra pas marrant !" Sa description de son saut en parachute à Madagascar pourrait être une réplique de Gabin dans "Pépé le Moko". Et Chancel est vraiment réac' quand, à la suite de Bigeard qui évoque les trotskystes, il dit "Toujours les mêmes professionnels de la contestation". Facile et démago pour aller dans le sens de son invité. Et Chancel d'essayer d'anticiper l'attitude de Bigeard sous un gouvernement de gauche ! Comme si l'armée ne devait pas "obéissance" au gouvernement !!

"Je suis promotion plumeau, je me suis fait tout seul !" À la belle anecdote que conte Marcel en fin d'émission, Chancel aurait pu s'abstenir de conclure par "Merci mon général"… Le "mon" étant réservé aux militaires !

(1) Lequel ? Chancel, malin, se garde bien de préciser s'il s'agit du politique, ou du militaire, comme ça il peut avoir deux réponses pour le prix d'une question. À quoi pense Chancel "Guerre d'Algérie ou Mai 68 ?"


mercredi 17 février 2016

Radio-Archives : Edouard Balladur (Radioscopie)

J'ai voulu jouer le jeu de la collection et, jour après jour, chroniquer une des cent-dix-sept Radioscopie proposées dans le coffret de l'Ina. J'écoute à 17h dans les conditions du flux et vais ainsi vous tenir en haleine jusqu'au mois de mai 2016…

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Edouard Balladur (22 novembre 1979)

"Figure particulière… " C'est ainsi que commence la Radioscopie de celui qui, en 1968 pour les accords de Grenelle, était membre du cabinet de Georges Pompidou quand celui-ci il était premier ministre du Général de Gaulle.

Chancel "La discrétion ne plaît pas au peuple". "Au peuple" ? Bigre ! Quelle expression ! Chancel pense peut-être s'adresser à un marquis ou à un ministre du Roi ? Où l'on apprend que Balladur a été conseiller du Directeur général de l'Ortf (lequel ?) et a appartenu au Conseil d'Administration de Radio France.

"Aujourd'hui comment regardez-vous mai 68 ? Ce fût une grande époque. Elle a été bleue (?), elle a été rose (?), elle a été noire (?) et vous devez vivre avec un peu de nostalgie !" Balladur ne répond pas ou répond qu'il ne faut pas être nostalgique et évoque son livre de "souvenirs" : l'arbre de mai. L'analyse de Balladur vaut d'être écoutée 11 ans après ! "Il en est résulté un ébranlement très profond des sensibilités !"

"Et j'ai peut-être eu tord de ne pas les prendre suffisamment au sérieux" (les sogans ? les sensibilités ?) Là on se pince ! Incroyable Balladur, gaulliste et pompidoliste, reconnaît qu'il y avait donc du sérieux dans mai 68 ? Quant à Chancel qui refait le film, il est bien léger sur les dates et particulièrement sur "le mouvement du 22 mars" sur laquelle il fait l'impasse ! Chancel a une vision bien caricaturale de 68 et il n'est pas intéressé à être précis, il préfère faire réagir Balladur sur des clichés et des stéréotypes.

Balladur lui se souvient du 13 mai (1) et de la volonté de Pompidou pour que l'"union" se dissolve ! Et quand il précise, il note que les rêves des jeunes partagés par les adultes étaient dangereux pour le gouvernement. On notera le sens de l'État de l'homme politique qui se fout du tiers comme du quart du… peuple et défend - haut les cœurs - l'État sacré.

Balladur cite Dansette et Chancel ne moufte pas ! Dommage (voir le player ci-dessous) Chancel aurait retenu que Dansette formalise que "les rapports sociaux ne sont plus les mêmes" depuis 68. Et Balladur d'aborder l'information durant les "événements"… Chancel comme souvent est sur l'anecdote, le détail, le superficiel. Ici, il résume sa posture sur mai 68, arracher à Balladur les conciliabules qu'auraient tenu les puissants. Il fera chou blanc. Balladur, grand commis de l'Etat, est lui dans la posture de la réserve et du silence du pouvoir.

(1) À l'appel des syndicats : grève générale où les ouvriers s'associent aux étudiants et scandent "10 ans ça suffit" (10 ans du retour du Général au pouvoir),



Sur le livre de Dansette "Mai 68"

mardi 16 février 2016

Radio-Archives : Robert Badinter (Radioscopie)

J'ai voulu jouer le jeu de la collection et, jour après jour, chroniquer une des cent-dix-sept Radioscopie proposées dans le coffret de l'Ina. J'écoute à 17h dans les conditions du flux et vais ainsi vous tenir en haleine jusqu'au mois de mai 2016…

Commencent ici 20 "Radioscopie" dites "Politique", il faudra bien sûr tenir compte du fait de celles enregistrées avant et après le 10 mai 1981 (Élection de François Mitterrand à la présidence de la République)…

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Robert Badinter (15 juin 1989)

D'entrée de jeu Badinter s'affirme rigoureux, honnête et précis et pas du tout people. Si Chancel dit le recevoir quelques années après la loi sur l'abolition de la peine de mort… 8 ans quand même ont passé !

Chancel qui affirme, en associant l'origine du père de Badinter avec celle de son fils Robert, : "À la vérité (sic) vous êtes vous aussi de cette Russie…s'entend dire par le Président du Conseil Constitutionnel "Non, je vous arrêterai je ne suis pas du tout de cette Russie, mon père a poussé si loin son amour de la France et l'exigence que ses enfants se sentent Français qu'il était interdit que l'on parlât Russe chez nous… Il ne parlait que russe à ses enfants"

Pendant la Révolution française les juifs ont été proclamé "libres et égaux", Chancel revient sur le livre avec ce titre que Badinter vient de publier (1). Avec brio et simplicité Badinter explique l'émancipation des juifs et l'égalité de droits avec les chrétiens et surtout la liberté qu'on leur reconnaissait, au titre des droits de l'homme.

La question : "Les Juifs devaient-ils avoir leur État ? Auraient-ils été plus heureux dispersés que regroupés dans des ennuis qui durent maintenant depuis 41 ans. Fallait-il un pays ?" (2) Badinter rappelle qu'en 1789 "Les Juifs (500 personnes sur une population de 600 000) ne pouvaient résider à Paris qu'avec une autorisation renouvelable".

Badinter est follement pédagogue, raconte parfaitement l'histoire des Juifs en France, avec rigueur et sans ostentation. C'est un réel plaisir de l'écouter.

NB : Dommage que Chancel pour parler de l'impérialisme de la langue française évoque son enfance et l'interdiction de parler "patois" à l'école, il aurait du dire l'occitan qui est une langue. En utilisant le mot "patois", il se place résolument sous la terminologie de l'"oppresseur" qui avait donné consigne aux Hussards noirs de la République (les instituteurs) d'éradiquer les autres langues de France que le Français !

(1) "Libres et égaux, l'émancipation des Juifs pendant la Révolution française, 1789-1791", Fayard, 1989,
(2) Il reste 29' à Badinter pour répondre !


lundi 15 février 2016

Tintin "on air"…



















Très en amont de la diffusion d'un nouveau feuilleton des aventures de Tintin (1), France Culture a communiqué en mettant en avant un partenariat exceptionnel avec la Comédie-Française. "L’idée est née de la passion partagée par France Culture et la Comédie-Française pour le célèbre héros belge et du désir de mener ensemble des projets d’envergure capables de marquer l’histoire de la radio."

Croyant bien me souvenir que Tintin s'adressait aux jeunes de 7 à 77 ans, je me suis demandé pourquoi la chaîne ne communiquait pas en direction des enfants et des adolescents ? Et, de façon corolaire, pourquoi Tintin à la radio ne s'adresserait-il plus qu'à des adultes qui, eux mêmes dans leur jeunesse, auraient dévoré les aventures du reporter belge ?

D'une certaine façon je ne suis pas surpris de l'impasse de communication de France Culture vers le public "jeunes". En décembre 2015, Syntone a publié un dossier sur "La fiction jeunesse". Dans ce dossier Juliette Volcler brosse un panorama complet de la fiction radiophonique en direction des "jeunes". Dans un de ses articles, elle cite et décrit le travail de Nelly le Normand, créatrice sur France Culture des "Histoires du Pince-Oreille". 


Crédits : Christophe Abramowitz - Radio France















Dans cet article on peut lire : "Les enfants n’écoutent pas la radio" et "Je n’ai pas envie que France Culture devienne une petite radio." Ces deux assertions sont d'Olivier Poivre-d'Arvor, directeur de France Culture, lors d'une rencontre organisée par la Sacd (Société des auteurs et des compositeurs dramatiques). Autant de morgue et de malhonnêteté intellectuelle, montre, s'il en était encore besoin, le mépris qu'avait le directeur de la chaîne pour la création radiophonique.

De ce fait, on voit mal comment, tout à coup, d'un coup de baguette magique, la chaîne se tournerait à nouveau vers la jeunesse. Ce nouveau feuilleton peut-il intéresser les enfants et les adolescents ? La narration, les illustrations sonores, les dialogues sont-ils en phase avec ce qu'écoutent aujourd'hui les jeunes ? Je n'ai ni enfants ni adolescents à qui faire écouter le feuilleton. Mais j'aimerais beaucoup avoir l'avis de Volcler et Le Normand.

Et les vôtres, chers auditeurs de… 7 à 77 ans !

(1) "Les cigares du Pharaon" du 8 au 12 février 2016, France Culture,  









Radio-Archives : Roger Vadim (Radioscopie)

Comme je l'écrivais ici le 16 novembre, en chroniquant les 117 "Radioscopie" du coffret Chancel, j'ai voulu tant me plier à l'exercice de style, qu'écouter sur la longue durée, pour être assez proche des conditions d'écoute des diffusions initiales. À raison de cinq par semaine cela peut sembler, assez long, à certains d'entre vous. Faites vos choix ;-) À l'issue, je ne manquerai pas de donner un ou plusieurs avis sur cette somme.

Sur le CD initial des Radioscopie, intitulé "Cinéma 2", étaient proposées deux Radioscopie de Vadim, celle du 23 octobre 1978 et la première de toutes les Radioscopie, celle du 21 octobre 1968. Seulement voilà, question date il y a un blème (sic)… À l'occasion de la deux-millième (le… ) Chancel se rappelle que la première a eu lieu le 21 septembre 1968 (alors que la nouvelle grille de programmes n'avait pas débuté) ! Et, je le vérifierai prochainement, cette nouvelle grille a démarré le 5 octobre 1968 ! Donc le 23 octobre 1978 les dix ans sont déjà passés… et avec eux 2710 Radioscopie.

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Roger Vadim (23 octobre 1978)

Chancel rappelle l'amitié qui le lie avec le cinéaste et comment celui-ci s'était prêté au jeu de la première en 1968. Et ici, en 1978, sur une idée de Pierre Wiehn (1), faire venir toute une semaine ceux qui avaient participé de l'aventure initiale. Dans l'enregistrement proposé et remonté on n'entend pas la liste de ceux qui sont "revenus". Mais ça aussi je le saurai bientôt et l'ajouterai ici.


Vadim est à Manille et l'enregistrement est au téléphone, on se croirait au temps de la TSF (Téléphonie Sans Fil). Vadim présente ses films qui ont fait le plus d'argent, et ceux qu'il a préférés. Après qu'il ait répondu à la question de Chancel "Qui est Roger Vadim ?", l'on réécoute sa réponse à la même question en 68. Vadim commente sa réponse de l'époque, en précisant qu'il était heureux dans sa vie personnelle. Chancel "perdu" lui demande "Vous étiez le mari de qui à ce moment-là ?"

"Vous êtes, Roger Vadim un joyeux libertin !" Chancel nous donne à réentendre la réponse de 68 (2) "Si j'étais un libertin je ne serais pas joyeux !". "Quelle est la véritable (sic) moralité de Roger Vadim ?". Comme d'habitude on voit l'"acharnement" de Chancel à faire coller ses questions à la morale et à l'ordre établi.

"Vous ne pensez pas que pour faire rêver les autres il faut savoir rêver soi-même ?" dit Vadim sur l'interpellation de Chancel qui lui dit qu'il est "un incorrigible rêveur". En 78 Vadim considère qu'il ya de moins en moins de différences entre la gauche et la droite ! [La gauche cette année-là a failli remporter les élections législatives qui auraient imposé à Giscard d'Estaing d'engager la cohabitation, ndlr]

(1) Directeur de France Inter, 1972-1981,
(2) Et l'on comprend que Chancel repose les mêmes questions au cinéaste !

dimanche 14 février 2016

L'âge de Pierre… de Claude et de Patrice aussi !

Les trois ténors : Pierre Wiehn, Claude Villers, Patrice Blanc-Francard. À droite ma pomme
Le Vauban, dimanche 7 février 2016, Photo © Guillaume Hamon,

"Dimanche dans un fauteuil" ce joli titre pour une émission de radio, on le doit à Robert Beauvais qui en était l'animateur sous la "baguette" de Jean Chouquet, réalisateur et producteur de radio, à Paris-Inter puis à France Inter. C'est avec ce titre que j'ai proposé au festival Longueur d'Ondes d'accueillir Pierre Wiehn, Claude Villers et Patrice Blanc-Francard pour qu'ensemble et individuellement ils évoquent le France-Inter des années 70.

Avant de monter sur la petite scène du Vauban à Brest, dimanche dernier, je pensais à Ferré et j'avais envie comme lui de dire M… à Vauban. M… pour me donner un peu de "courage" pour oser interviewer trois "monstres" de radio qui, bien plus que d'enchanter nos vies quotidiennes ont enchanté la création radiophonique. Oui, la création radiophonique, tant, chacun à son endroit, a su inventer une écriture, une narration propres à bouleverser le ronron de la radio publique.

Ce 7 février, cela fait 10 mois que Laurent Le Gall et Anne-Claire Lainé, président et coordinatrice du festival, m'ont donné le feu vert pour tenter cette aventure. Pour "bien" connaître les trois protagonistes, j'ai laissé mûrir les questions que je leur ai posées. Pour moi il est assez invraisemblable que le jeune auditeur, que j'étais au début des 70', rencontre un jour ces "figures", ces voix radiophoniques et mieux que je les réunisse 40 ans plus tard.

La foule au Vauban avait l'air aussi heureuse et émue que moi. "Merci pour ce moment" Messieurs. Merci de nous avoir permis de retourner à l'âge de Pierre, de Claude et de Patrice.



Et puis désannoncer sur le "Jessica" de "Pas de Panique" ça non plus je n'aurais jamais cru le faire un jour…

Brunch #23

C'était hier, 13 février







• Quant à la journée mondiale de la c… elle est permanente


France Inter, L'instant M, 1er févier 2016


• In the pocket



Sophia

• Continu… continu… continu…
Dans une brève récente Le Monde écrivait :"… certains caressent l'idée de faire converger le site Internet de France Info, Franceinfo.fr, et celui de France Télévisions, Francetvinfo.fr, pour aboutir à une seule offre d'information publique en ligne. Cette vision a une histoire. De Bercy à la Rue de Valois, certains plaident de longue date pour que l'audiovisuel public rassemble ses forces sur le numérique. François Hollande lui-même y avait fait allusion lors d'un discours prononcé à la Maison de la radio en décembre 2013."

Hollande, lors de cet anniversaire, n'avait pas annoncé l'idée d'un rapprochement des sites de la radio et de la télévision publique mais le rapprochement des deux sociétés d'audiovisuel. Le lendemain c'est Aurélie Filipetti qui avait bafouillé qu'il fallait comprendre qu'il s'agissait des dits-sites. On notera au passage l'immense intérêt du Président de la République pour l'audiovisuel au point de confondre sites internet et sociétés audiovisuelles !

Ajout du 15 février : la société des journalistes de France TV réticente (via Le Figaro)

• Si on pouvait (aussi) sauver la Radio France ?
Les artistes et créateurs radiophoniques Britanniques se mobilisent pour la BBC. En France c'est plutôt la tétanie…


• Tintin (ce n'est qu'un début)…
Après un long silence Tintin revient et fera l'objet de mon billet de demain lundi 15 février…


• Dimanche dans un fauteuil
À 16h aujourd'hui je publierai, sur ce blog, l'enregistrement sonore de la rencontre, dimanche dernier à Longueurs d'Ondes à Brest, des trois ténors de France Inter : Pierre Wiehn, Claude Villers, Patrice Blanc-Francard…


À dimanche prochain…

vendredi 12 février 2016

Radio Archives : François Truffaut (Radioscopie)

J'ai voulu jouer le jeu de la collection et, jour après jour, chroniquer une des cent-dix-sept Radioscopie proposées dans le coffret de l'Ina. J'écoute à 17h dans les conditions du flux et vais ainsi vous tenir en haleine jusqu'au mois de mai 2016…

65/117
François Truffaut (24 juin 1969)

"Faire du cinéma c'est prolonger le monde de l'enfance". Chancel, après que Truffaut lui ai dit qu'il était entré dans la vie active à 14 ans, "Est-ce que vous vous considérez comme un homme cultivé ? ".

"Est-ce que vous vous considérez comme un bon metteur en scène ?" Truffaut "Oui, je crois, je suis à l'aise là-dedans. Je n'ai jamais eu honte de faire du cinéma ! C'est important de pas se sentir un imposteur !"

"François Truffaut vous n'avez pas l'impression d'avoir trahi (sic), vous aviez attaqué à mort (sic) le Festival de Cannes quand vous étiez critique et ensuite vous êtes allé à Cannes et votre film "Les 400 coups" a représenté la France ?" Facile Chancel ! Facile !
Gimmick : "Vous seriez capable, François Truffaut de tout abandonner par amour ?"

Maintenant Chancel se pique de reconnaître ce qui est romanesque du cinéma de Truffaut ("La sirène du Missisipi") de ce qui ne l'est pas. Pour lui qu'une rencontre sentimentale ait lieu à partir d'une petite annonce n'est pas très romantique et son point de vue personnel aurait donc beaucoup d'importance pour juger de la création cinématographique de Truffaut.

À l'écoute de 65 Radioscopies consécutives je peux dire ici que je suis agacé de l'a priori de Chancel qui s'évanouirait de plaisir si Menuhin s'était marié par "petites annonces" et qui joue les offusqués, ou presque, du choix fictionnel de Truffaut au point d'évoquer, avec un peu de cynisme, les "mariages par ordinateur" à venir !

"Qu'est-ce que c'est pour vous, François Truffaut, l'amour ? Un mot ?".
"Pour vous une femme c'est un bel objet ou une confidente, une compagne ?"
Gimmick "Vous êtes capable de tout abandonner par amour ?" (On notera qu'à la fin de l'entretien Chancel réussit à poser une question sur la féminité à laquelle Truffaut ne peut répondre puisqu'il ne la comprend pas !)

Truffaut explique très bien sa démarche de cinéaste qui, avant le montage accumule de la "matière", à la différence d'un Bresson qui n'en a vraiment pas besoin… d'autant ! Pour autant Chancel l'affuble du titre de "critique venimeux… agressif". Intéressant que Truffaut décrive, détails stylistiques à l'appui, la "ressemblance" de Deneuve ("La sirène du Missisipi") avec Grace Kelly ("Mogambo", John Ford). 

Truffaut : "La vie sociale des gens est ridicule alors que leur vie privée est formidable !"