mardi 1 mars 2016

Radio-Archives : Michel Debré (Radioscopie)

J'ai voulu jouer le jeu de la collection et, jour après jour, chroniquer une des cent-dix-sept  Radioscopie proposées dans le coffret de l'Ina. J'écoute à 17h dans les conditions du flux et vais ainsi vous tenir en haleine jusqu'au mois de mai 2016…

72/117
Michel Debré (11 février 1976)

Beaucoup plus intéressant que Chirac (sic), Debré fait le point sur son parcours politique avec ses convictions et ses espoirs. Chancel "Lorsqu'on a eu le pouvoir et qu'on ne l'a plus, lorsqu'on a été Premier ministre, et qu'on ne l'est plus, est-on un peu plus pauvre ?" "Je dirai plutôt qu'on est un peu plus riche !"

Depuis 73, Debré voit une diminution de la qualité politique, autant dire de la qualité de Pompidou, président ! Et comme toujours Chancel pousse loin son petit jeu, - faussement naïf - : "Et si ce soir Michel Debré on vous proposait un ministère vous l'accepteriez ?" (Alors que Debré vient clairement de juger négativement Pompidou et/ou son gouvernement)

"On n'est pas ministre pour être ministre, mais pour travailler à une certaine politique !" Et mieux encore, sur la natalité : "Depuis des années on nous rabâche la pilule (1967), l'avortement (1975), où en sommes-nous ? Je suis contre le remboursement de la pilule à gogo (?) et contre l'avortement pour convenances personnelles. Ce sont des choses sérieuses et ces choses sérieuses ne sont pas actuellement traitées avec sérieux. Elles sont traitées avec une légèreté coupable !" (1) S'en suit un propos sur la natalité des immigrées en France et celle des Françaises, qui inquiète  beaucoup l'ancien Premier Ministre du général de Gaulle, qui préconise une famille à trois enfants !

À 64 ans, n'ayons pas peur des mots, Debré est "un homme du passé", je dirai même plus : dépassé ! Et Chancel en apothéose : "Vous aimez l'autorité, vous pourriez être un excellent dictateur !"

(1) C'est Simone Veil qui est Ministre de la Santé de Jacques Chirac, puis sera celle de Raymond Barre jusqu'au 4 juillet 1979. C'est elle qui fera adopter la loi sur l'avortement.



Demain Gaston Defferre… ce sera un peu moins lisse !


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