jeudi 31 octobre 2013

Ça mange du pain…

Vous gazouillez sur Twitter, (Twit' air comme dirait Alain Bédouet, ex journaliste à France Inter, dans un film récent sur la radio), faites de nouvelles connaissances, des gens (passionnés de radio) vous suivent et quelquefois vous avez aussi envie de les suivre. Ce qui fût mon cas hier matin. Le dicton populaire "on peut pas être au four et au moulin" s'il peut s'appliquer souvent, en ce qui me concerne il ne s'applique pas à mes deux sujets de prédilection "la radio et le pain". Sauf que, si je me débrouille un peu en radio, en ce qui concerne le pain je n'en suis qu'un mangeur. J'espère n'avoir pas tout de suite fini de… manger mon pain blanc, même si je préfère ses autres couleurs "naturelles". Hors donc, hier matin, voilà qu'on me titille sur le pain, qu'on me fait douter du jugement de Môssieur Steven Kaplan, maître es pain toutes catégories, et que ça me donne envie, illico, de le réécouter ou de vous proposer quelques sons sur le sujet.

Merci à A.G. d'avoir "réveillé" ma passion…


La chronique ci-dessus est en partenariat avec le magazine "Que choisir" et la thématique est liée à une enquête du magazine ce mois-ci. Le journaliste qui intervient à l’antenne sur ce sujet est le rédacteur en chef de "Que choisir", Jean-Paul Geai.
 
 

Lire aussi "Le pain super star" de Camille Labro, in "M" le magazine du Monde, du 25 octobre 2013,

 

Ci-dessus, balade radiophonique par Séverine Liatard dans les dépôts des Archives Nationales en compagnie de Steven Kaplan, historien du pain, spécialiste de XVIIIème siècle qui présente les fonds d’archives qu’il fréquente depuis cinquante ans. 

mercredi 30 octobre 2013

La saga (ou presque) d'Inter…






Commençons par le titre. Paru il y a quelques jours (1), "La saga de France Inter" avec sa couverture très noire et un peu rouge serait sensée évoquer à l'appui de ce code graphique : révélations, affaires et autres secrets enfouis, que les deux ex-journalistes de Télérama, Anne-Marie Gustave et Valérie Péronnet, vont sans doute nous révéler au cours des deux-cent-soixante et onze pages de leur enquête. J'ai d'abord consulté le dico pour vérifier le sens de "saga" (épopée familiale) et suis resté assez dubitatif quant au sous-titre de l'ouvrage "Amour, grèves et beautés". Ce titre parodique et suranné d' "Amour, gloire et beauté" stigmatise d'emblée des mouvements sociaux qui, ainsi mis en avant en couverture, préviennent le lecteur qu'au sein de la radio publique ces mouvements seraient sinon permanents du moins largement constitutionnels. Les partenaires sociaux de Radio France apprécieront (2). Alors ce livre, comme vous pouvez l'imaginer, je l'ai lu avidement... J'ai pris mon crayon et mon stabilo et ai commencé à surligner ou souligner des phrases, des mots, des citations. Et en moins de vingt-quatre heures j'ai été, tour à tour, surpris, interloqué ou séduit.

Surpris assez vite pour quelques erreurs factuelles de dates qui trop accumulées perturbent la lecture du... connaisseur (3). Mais d'autres erreurs sont beaucoup plus surprenantes : Jacqueline Baudrier n'a jamais été PDG de l'ORTF (4) et si RFI
est une filiale de Radio France en 1982, elle est indépendante depuis 1987 (5). Tant qu'à faire une saga que chacun s'y retrouve, à sa place et en bon ordre !

Interloqué à plusieurs reprises. Qu'on nous prenne, encore et toujours, pour des gogos vis à vis de la pub dite "pour des organismes collectifs et d'intérêt général", soit, on a l'habitude. Mais les journalistes ont-elles avec leurs propres oreilles écouté les spots concernant : Les poulets du Gers, MMA ou autres banquassurances spécialistes de l'intérêt... particulier ? Que pour évoquer les années de direction de programme de Jean Garretto (1983-1989) Gustave et Péronnet écrivent " [il] propose une grille remplie de "pleins et de déliés"… Rien de révolutionnaire…" Si, tout à fait révolutionnaire car jamais tenté et mis à l'antenne avec une telle conviction pour changer les rythmes. Mais cette affirmation fait l'impasse sur la très grosse grogne des "barons" Chancel, Artur, Bouteiller et Villers, prêts eux aussi à faire la contre-révolution pour le crime de lèse-majesté qui voit chambouler leurs horaires et diminuer leurs temps d'émissions respectives. Et le conteur Stéphane Pizella, né en 1909, n'a pas commencé sa carrière radio à France Inter, mais au "Programme parisien" en 1950. C'est en 1964 qu'il rejoindra la chaîne publique de l'ORTF. Pour la saison 1968-1969, il n'apparaît déjà plus dans les grilles de programme. Il décèdera en 1970.



Logo de 1963







Séduit pour les informations et l'histoire bien détaillés des programmes d'information d'Inter que je connais moins. J'ai écouté ces programmes mais sans passion. Séduit aussi des confidences d'un Foulquier qui, malgré un départ désastreux (non de son fait) dit toute sa passion d'une radio qui lui a "tout" donné. Les confidences de Gérard Courchelle sont aussi savoureuses et émouvantes et ajoutent de l'humanité aux sessions d'information qu'il a animées avec (pour moi) un gros supplément d'âme. Il en va ainsi d'autres témoins qui ont pu faire part de la passion qu'ils ont mise à exercer leurs fonctions.

Pour autant s'agit-il d'une saga ? Le découpage en chapitres thématiques rompt un peu la chronologie et met en lumière des émissions, des époques et des personnages dans une sorte de kaléidoscope ou de mosaïque d'éléments juxtaposés mais pas forcément liés entre eux. Il y a plein de "poursuites", pleins de gros-plans mais on distingue mal la famille globale d'Inter (6). La lumière est devant les ténors, mais derrière, les autres, ceux qui aussi ont fait la "patte" d'Inter où sont-ils dans ce livre ? Quant au statut des "producteurs-animateurs" (qui concerne les sept chaînes du groupe et pas que France Inter) c'est bien d'en souligner (à la fin du livre) la précarité mais pourquoi ne pas avoir demandé aux anciens Pdg ou au président "tout puissant" du CSA ce qu'ils envisageaient comme évolution pour ces statuts ?

Quant aux auditeurs-lecteurs je ne sais pas comment ils réagiront à la lecture de cette "saga" ? Peut-être trouveront-ils qu'il manque beaucoup de monde sur la photo de famille  ? Ils s'interrogeront sans doute sur le fait qu'"on" ait pu oublier telle ou tel, qui pourtant avec brio avait su bouleverser l'écoute d'un jour ou d'une saison ? Quant aux professionnels de la profession ?

(1) Chez Pygmalion dans la collection "Histoires secrètes",
(2) Mais c'est peut-être une façon de donner envie de lire ?
(3) Bernard Lenoir, page 43, n'a pas tenu le micro pendant plus de vingt ans mais pendant plus de… trente ans (1978-2011). Quant à Elkabach, page 74, il n'allait pas animer une réunion des jeunesses RPR en 1968, mais plutôt UNR. Le RPR ayant été créé en 1976. Page 167 ce n'est pas à "la rentrée 69" que Garretto et Codou réinventent les week-ends de France Inter mais en mai… 68, première de l'émission TSF 68. Pierre Bouteiller (page 168) supprime non seulement L'oreille en coin du dimanche matin, mais aussi celle du samedi après-midi. Jean-François Kahn et Gilles Davidas ont créé "Avec tambour et trompettes" et non pas "Sans tambour ni trompette" (page 184),… (mes points de suspension initiaux voulaient laisser comprendre qu'il y avait malheureusement beaucoup d'autres erreurs de ce type tout au long de cette "non-saga")

(4) Page 25, mais de Radio France en 1974,
(5) Il aurait été utile de le préciser page 30,
(6) À l'occasion de l'hommage rendu à Jean Garretto fin octobre 2012 à la Maison de la radio, tous les animateurs et ingé-sons de l'Oreille en coin ont reconnu faire partie d'une vraie famille.

mardi 29 octobre 2013

Cette fringale d'écoute…









Vendredi dernier, en rédigeant mes billets parus hier, j'ai eu une très grosse fringale d'écoute quand j'ai entendu Marcel Jullian se confier à Jacques Chancel en mai 1978. Car dès les premières minutes je suis resté scotché, tant la parole de Jullian était limpide, profonde et pleine de bon sens. Mais passées ces dix minutes de Radioscopie proposées par l'Institut National de l'Audiovisuel, comment faire pour écouter la suite ? J'ai des amis, des compañeros, des potes, des copains, un réseau, une petite toile et quelques ratons laveurs aussi fondus que moi. À nous tous nous tenons sans doute dans trois cabines téléphoniques. Mais ce qu'elles sont… spacieuses ou spatiales (pour le son c'est mieux) ces cabines où souvent nous refaisons la radio comme d'autres refont le monde. C'est parti, objectif trouver quelque part l'enregistrement de cette Radioscopie dont j'ai absolument besoin pour dormir tranquille. C'est parti pour des coups de téléphones, des mails, des tweets, des signaux de fumée, des cavalcades "donquichotesques" et quelques mélopées dont j'ai le secret pour attendrir celles ou ceux qui auraient la flemme de monter voir au grenier. Je suis malade, c'est vrai. Et je me soigne, c'est pas vrai. Comment se soigner quand cette "maladie" est définitivement reconnue incurable ?

On prend sa dose et on en fait pas/plus une maladie. Tenez, la nuit de jeudi à vendredi dernier, légère insomnie. J'ai besoin d'illustrations sonores pour de prochains billets, allons-y et… vogue la galère. Surfons après minuit car, si tous les chats sont gris, les sons bien à l'abri ne demandent eux qu'à retrouver une nouvelle vie. Je me régale comme vous ne pouvez pas l'imaginer. Mais je m'égare, je m'égare et un petit Noiseau dirait que je suis bavard. Donc vendredi dernier je mets en branle la petite mécanique des radio-amateurs et j'attends hagard que les bonnes fées fassent le reste. Ce qu'elles firent avec une application digne de la plus grande épopée de tous les temps. Samedi j'avais dans ma "boîtolaite" le son si convoité. Et aussitôt me mis à l'écouter. Oumpffff quel talent, quel verbe, quelle lucidité ce Jullian. Je ne suis pas sûr d'en avoir pris toute la mesure à l'époque où je l'écoutais, peut-être trop distrait ou pas assez attentif à sa parole. Il faudrait faire un colloque "Marcel Jullian" et mesurer le séisme médiatique ou intellectuel qui s'est produit depuis trente cinq ans en TV et en radio.

C'est en ce sens que les Radioscopies de Chancel sont un patrimoine mémoriel exceptionnel même si souvent ses questions peuvent absolument désemparer… l'auditeur, assez rarement ses invités.

lundi 28 octobre 2013

Vous en voulez du fond…

Marcel Jullian






"Écran total" (1) : "Après de nombreuses tentatives avortées pour utiliser à la radio le pouvoir hypnotique et unanimiste de la télévision, c'est Marcel Jullian qui en aura réussi la première alchimie. Le secret est d'apparence simpliste : au lieu d'essayer d'intéresser l'auditeur à ce qu'il va voir le soir, il vient doucement le cueillir le lendemain matin pour discuter avec des personnalités choisies de ce qu'il a vu la veille. Exactement ce qui se fait dans les bureaux ou dans les cours de récréation ! Un retournement d'autant plus malin que son émission ne fait que semblant de parler de la télé, mais s'en sert plutôt de prétexte à ouvrir de nouveaux horizons à la curiosité des téléspectateurs de la veille, redevenus comme par miracle des auditeurs de la matinée. Marcel Jullian a plaisir à rappeler que le jour où "Écran total" s'est intéressé au très indigent jeu de La Roue de la fortune, on a beaucoup plus parlé de l'origine et du symbolisme des jeux que des gains ou des conditions de sélection des candidats. La grande réussite de l'émission est d'ailleurs de rester intéressante pour ceux -là mêmes qui n'ont pas vu le programme de télévision servant de ressort au débat."

Ce texte pertinent et juste on le doit à Jean-François Remonté et à son livre "Les années radio" (2). Jean-François Remonté réalisateur à Radio France a produit au moins deux étés consécutifs sur France Inter un formidable panorama des archives de la radio. Ce n'est que justice de rendre ici hommage à Marcel Jullian qui, outre avoir été le créateur d' "Antenne 2", aura su à la radio faire passer, à travers sa voix chaleureuse, son érudition, ses passions, beaucoup d'intelligence et de sensibilité. J'ai dans mes cartons cette petite cassette magnétique (c'est le cas de le dire) du 10 septembre 1986, où Yves Derisbourg, Christine Lamazière, Michèle Valentin et Marcel Jullian (3) refont le film "Le bon, la brute et le truand" de Sergio Leone, passé la veille sur la 3. Vous l'aurez compris, on est à des années lumière de la bouillie de chat évoquée ci-dessous. Des sources, des références, des archives, des "spécialistes", des auteurs (ici Sergio Leone en direct de Rome) bref une contextualisation poussée loin pour enrichir le petit bagage culturel de chacun. Jullian et son équipe parlaient de ce qui s'était passé à la TV et en faisaient donc la "promotion" a posteriori. Rien à voir avec la promo éhontée d'un Morandini qui passe son temps à cirer l'écran de la TV.

Oui vraiment avec Marcel Jullian la télé… c'était mieux avant !

(1) France Inter, 1986-1989, 10h30 (puis 8h45),
(2) Biblio-radio,
(3) Réalisateur Jean Morzadec.

 
Radioscopie, Jacques Chancel, France Inter, 2 mai 1978,

Vous en voulez des chiffres…




En voilà ! Par hasard (ou pas) coincé dans les bouchons (ou pas) vous écoutez (ou pas) cette radio qui à 9h, passée la ronflette (1) de la matinale, vous propulse dans les esgourdes un trublion bateleur-hurleur-roucouleur qui n'aura de cesse de vous faire avaler au rythme d'une Kalachnikov les audiences de la… de la… ? De la… télévision. De la télévision de "juste la veille". Indispensable pour démarrer sa journée, non ? Et ça va durer une heure (moins les pubs, environ toutes les dix minutes) avec tout ce qui tourne dedans et autour de la TV. Les ragots, les rumeurs, les stars, les has been, les indiscrétions (sic), les infos officielles (re-sic), le télé-répondeur (modèle déposé) les roucoulades de l'animateur, l'invité(e) du PIF (2), le rigolo du PAF (3) et le p'tit nouveau du POF (4). Pif, Paf, Pof voilà la bonne formule de cette "émission" promotionnelle d'un média qui n'en a nul besoin.

Pif, Paf, Pof : de la bouillie de chat vulgaire et indigeste. Une heure de rien. Une heure pendant laquelle la radio fait la belle devant le média dominant, méprisant, révoltant, au mépris de ses propres programmes. Mais ça intéresse qui cette "distorsion de concurrence" ? Pas Médiamétrie (5) qui a trouvé la meilleure "chambre d'écho" auprès du grand public pour promouvoir ses chiffres d'audience quotidiens, pas le patron de la chaîne de radio qui possède plusieurs chaînes de TV et autres médias de presse spécialisés TV, pas les téléspectateurs qui peuvent en rajouter au "café du commerce", pas les auditeurs de ladite radio qui, à force d'être "excités" finiront bien par la regarder (la TV). Le grand carnaval est de la revue tous les matins sur Europe 1 de 9h à 10h et ça continue pendant une demi-heure avec "Le buzz". Comment cette radio a pu en arriver à tant de médiocrité et pourquoi ? Pourquoi cette radio avec ses Paoli, Biraud, Levaï, Alfonsi, Arnaud, Saccomano, Jouffa, Bellemare, Ténot, Filipacchi, Lancelot… (6), - et plus si affinités -, qui ont fait le ton et la "patte" d' Europe 1, est-elle tombée si bas ?


Pourquoi cette incapacité récurrente à se renouveler, au risque, en recyclant ad vitam aeternam ses vieilles émissions, de donner aux auditeurs un signal subliminal à effet boomerang, avec des "resucées" pathétiques comme un "Europe Stop" (7) qui pourrait vite se transformer en "Stop Europe"…

(1) Période pendant laquelle on peut aussi dormir (ou pas),
(2) Paysage Indigent Français,
(3) Paysage Affreux Français,
(4) Paysage Odieux Français,
(5) La société privée spécialiste des mesures d'audience de la radio, de la TV,
(6) Où sont les femmes, à part Anne Sinclair et Christine Ockrent ?
(7) Une présentation du "jeu" radiophonique ici

À 14h je publierai l'exacte contraire de ce billet pour évoquer un maestro du genre…

dimanche 27 octobre 2013

Loire…

© Sophie Berger












La Loire je l'avais déjà écouté couler sur un pont du bout de Loire ou sur les bacs de Loire à Basse Indre ou depuis l'autre rive. La Loire je l'avais vu couler, de haut en Ardèche dans la pierre et entre les châtaigniers. La Loire je l'avais entendue chanter par Serge Kerval dans les années 70. La Loire, cette Loire a quelque chose de plus pour faire partie de mon paysage. Mais jusqu'à ce qu'un ange (1) me parle de Sophie Berger je ne savais rien de son documentaire qui sera diffusé dimanche 27 sur la RTBF (2). Son documentaire ou la longue marche (mille kilomètres), ou le très long son de la route. De la route à pied. Hobo, Sophie Berger a fait la route auprès du fleuve sauvage ou quelquefois un peu à l'écart mais jamais très loin. Sophie a fait la route, volontariste et avec une humanité à fleur de peau, pour aller à la rencontre.

Sophie, avec la route, ce qu'elle aime c'est prendre le son, à pleine puissance, comme une présence totale, impérative, fougueuse ou légère discrète à nous faire tendre l'oreille loin derrière le devant. Des fois je crois entendre une radio. J'aime tendre l'oreille, guetter, imaginer. Sophie marche. "Au speed de tes pas" multiples, des sols variés faciles ou durs, des autours visibles ou invisibles. Sophie marche et ne marche que pour entendre et même pour écouter jusqu'à l'indicible. Manque pas de souffle la voyageuse, ni de cœur, ni de battements. Elle mange du chemin avec quelquefois des racines dedans. On marche avec elle, complice, à l'affût, curieux, surpris. Le temps a beau filer on pense que le voyage va durer. Il dure mais le temps d'une éclipse, d'un instantané émouvant. D'une quête infinie avec le son comme viatique. À en être affamé.

La Loire s'insinue, s'infiltre et s'ingénie à ne pas s'imposer. Sophie a rêvé "de dormir dessus". Elle va comme le fleuve, au présent. "Je suis là où je suis". Voilà son documentaire "toue cabanée", tout enregistré, tout entendu, tout écouté, tout prêt à refaire le voyage. Celui-là ou un autre. Suspendu.

(1) C'est un pseudo,
(2) Eldoradio, 22h.

"Un jour, j’ai su qu’il fallait que je prenne la route. ​J’avais 26 ans, je n’avais jamais fait cela, et je ne savais pas ce que j’allais trouver. Je savais juste qu’il fallait que je le fasse. Il fallait que je prenne la route. Ce n’était pas raisonné, ce n’était pas raisonnable, mais je n’avais pas le choix. C’était une urgence. Ça hurlait en moi «prends la route avec tes micros». Je me suis organisée pour avoir du temps, et dès que j’ai pu : je suis partie. ​ C’était encore l’hiver. J’avais choisi la Loire pour fil d’Ariane. La descendre, de la source à l’estuaire. 1000 km à pied, pour rejoindre la ville où je l’avais vue couler étant gamine - Nantes. J’ai coupé mon téléphone, j’ai dit que je ne donnerais pas de nouvelle. J’ai juste pris mes micros en bandoulière, comme un photographe qui ne partirait pas sans son appareil photo - et aussi parce que je partais pour vivre une histoire d’amour avec le fleuve, avec la route, et que je savais que cette histoire il faudrait que je la raconte, et que cela, je ne pourrais pas le faire avec les mots. ​ Je n’étais pas en vacances, je n’étais en randonnée, je n’étais pas en reportage : j’étais en voyage. ​Je joignais les villages au rythme de mes pas, je n’avais pas d’horaire, pas de rendez-vous, j’allais au fil des saisons, au fil des hasards et des rencontres de la route.  Et mon coeur n’avait jamais battu si intensément. Sophie Berger

vendredi 25 octobre 2013

Derrière l'affiche ou le slogan…

Couverture du journal interne de l'ORTF "Micro et caméra" 1966 & 1967
France Inter poursuit sa plongée dans l'histoire de la chaîne et hier sur le blog des 50 ans nous avions droit à un joli florilège d'affiches et de slogans. Ce qui me saute aux yeux quand je les regarde c'est ce qu'il y a... caché derrière ! Les deux premières affiches de Francis Bernard frappent par leur dessin presque désuet où le slogan, "24 heures sur 24", a beau être écrit très large, cela ne saute pas immédiatement aux yeux, qu'à l'époque, Inter était la seule radio à diffuser des programmes élaborés en continu. Les lettres noires y sont pour beaucoup et, la contraction "24/24" n'ayant pas encore été inventée,... ce n'est pas frappant. Mais le style de l'affichiste est absolument dans le ton de l'époque. On dira, pour faire court, une certaine légèreté, un symbolisme "minimaliste" que l'on retrouve dans son deuxième dessin "au grand air". 

N°3



Passons à Garretto (Paolo) le dessinateur des couvertures de l'hebdomadaire "L'Oreille en coin"...et profitons-en pour remettre les pendules à l'heure. Depuis 2012, France Culture publie un trimestriel (1) original et de grande qualité. Mais en annonçant qu'il était la "première radio à lire" il oubliait que "L'Oreille en coin", après avoir bouleversé les ondes allait fugacement "bouleverser" la presse (2). Ce choix d'une caricature en Une donne l'esprit de l'hebdo incisif et... respectueux. Exactement comme la préfiguration de ce qu'il allait advenir avec "L'Oreille en coin du dimanche matin" et ses invités politiques. Saluons ici l'audace d'un Pierre Wiehn, à l'époque directeur de la chaîne (3), qui avait su vendre le projet à l'administration de France Inter. Osé.
 





Et voili et voilà le slogan qui a fait s'agiter les langues... de bois. On reconnaît là la grande classe d'un Garretto (4) qui avec distinction, panache secoue les idées reçues, joue avec les mots et se joue des conventions étriquées. Tout ce qu'avec Pierre Codou, son alter ego, il aura su insuffler chaque fin de semaine sur France Inter de 1968 à 1990, soit 13h de programmes du samedi après-midi au dimanche soir.

Le slogan "Écoutez ça n'a rien à voir" qui suivra en 1990 choisi par Pierre Bouteiller celui-là même qui, après avoir produit chaque matin de nombreux "Embouteillage" (5), voulait peut-être nous faire savoir que "Ça n'a rien à voir… avec ce qu'à fait mon prédécesseur" (6). Et il fallait bien la passion de l'écriture de Jacques Santamaria, directeur des programmes de 1996 à 1999, pour demander à Michel Boujut d'écrire un feuilleton radiophonique (7) diffusé quotidiennement dans l'émission de Fabienne Chauvières "Sur un petit nuage". Ces quelques exemples montrent s'il en était encore besoin que la radio avant d'être "dite" est écrite, et il fallait bien un Garretto pour essayer en une iconoclaste pirouette d'écrire la radio après l'avoir "dite".


 

(1) France Culture Papiers, Bayard éditions
(2) 7 n° très grand format, du 18 septembre au 12 novembre 1976, avec les signatures de ceux qui faisaient "L'oreille en coin" à l'antenne,
(3) Journaliste, Directeur de la chaîne de 1975 à 1981,
(4) Directeur des programmes 1982-1989,
(5) 1969-1981, 9h-10h, pour lequel je n'ai jamais entendu Pierre Bouteiller annoncer le titre "Embouteillage" (bon titre toutefois),
(6) Jean Garretto à qui Bouteiller refusera de laisser poursuivre "L'oreille en coin" les samedi et dimanche après-midi, ne voulant conserver que le dimanche matin, ce que Garretto refusera en emmenant sa "troupe" sur Europe 1 pour créer "Persona grata"
(7) "Le perroquet des Batignolles",110 épisodes, diffusés du 3 février au 4 juillet 1997.



Comme dimanche vous allez dormir une heure de plus, 
réservez votre soirée à 22h : de l'émotion, du son et quelque chose de sauvage… 
(billet à 18h)

jeudi 24 octobre 2013

La longue durée… en radio





Je n'oserai pas ici rapprocher ce titre d'une des convictions historiques de Fernand Braudel, historien, qui a développé ce concept tout au long de sa recherche. Car pour Braudel, comme pour d'autres, qu'est ce que 50 ans au regard de l'histoire. Mais au regard de l'histoire courte de la radio, 50 ans c'est tout de suite beaucoup. Puisque avec l'anniversaire de France Inter il nous est donné de revivre "Les grandes heures de la radio publique" profitons-en pour enfoncer le clou d'une de mes marottes : les archives. Passé le 8 décembre (1) devrons-nous attendre les 60 ans de la chaîne pour à nouveau pouvoir entendre ce qui a participé à notre culture, notre quotidien et notre plaisir ? Dix ans c'est là… très long. Et comme le disait un formidable animateur-bateleur de la radio privée, Pierre Bellemare, "Il y a sûrement quelque chose à faire".

Et puis il y a la durée effective, formelle et la durée dans nos têtes. D'aucuns pourront trouver que telle émission n'a que trop duré, quand d'autres penser qu'il était largement temps qu'elle s'arrête. On pourrait dire sans trop réfléchir que "Le tribunal des flagrants délires" (2) a duré trois quatre ans, quand elle n'a duré que deux avec, "en prime", une année d'interruption. Et quelques fois c'est la voix qui a joué la "durée", passant d'une émission à l'autre comme a pu le faire Jean-Louis Foulquier autour de la chanson. Klein adoubé par Dhordain a fait une belle carrière à France Inter même si RTL, Europe 1 et RMC peuvent en dire presque autant. Et puis il y a Mermet "sanctifié" Là-bas depuis 1989 et détrôné . Alors que pourtant sa petite musique à "L'oreille" (3) ou dans d'autres émissions d'Inter (ou de Culture) avait marqué l'auditeur. Même chose avec Eve Ruggieri qui a fait son miel à raconter des histoires…

L'archive ci-dessous permet d'honorer la mémoire de Pierre Lattès, décédé en juin 2013, ancien du Pop Club et créateur de la première émission de pop/rock à la télévision "Bouton rouge". (Et ici la radio filmée, sans prétention, donne du sens à la parole)


 
(1) Le jour J des cinquante ans de France Inter,
(2) Octobre 1980- Mai 1981 (Clauve Villers part pour RMC comme conseiller aux programmes), puis Octobre 1982-Juin 1983,
(3) "L'oreille en coin" programmes de fin de semaine du duo de producteur Pierre Codou et Jean Garretto, 1968-1990, ou Daniel Mermet nous faisait rêver en nous emmenant "Dans la ville de Paramaribo il y a une rue qui monte et qui ne descend jamais…"

mercredi 23 octobre 2013

#FIACA

Derrière l'opacité du titre de ce billet se cache la façon "acronymique" de rédiger les titres des émissions de radio ou de TV sur Twitter. "France Inter a cinquante ans" est quand même beaucoup plus engageant… Dimanche 20 octobre la chaîne du groupe Radio France a ouvert le bal de "50 jours pour 50 ans" pour fêter son cinquantième anniversaire prévu pour le 8 décembre. D'ici là France Inter aura "choisi les archives comme fil conducteur de cette remontée dans le temps : reportages, photos, articles de presse, extraits de livre, vidéos, campagnes de pubs, vinyles... un demi-siècle d'archives pour apprendre et se souvenir." De quoi prendre pendant cinquante jours une très bonne piqûre de rappel à la mémoire. Cela ne pouvant pas faire de mal quand on aime la radio aussi pour son histoire. Et peut-être de remettre quelques pendules à l'heure quand on voudrait nous faire croire qu'untel a "inventé l'eau chaude qu'il fait couler dans son émission".


Reinhart/radio France



Vous pouvez imaginer, mes chers auditeurs, le plaisir que je vais avoir au long de ces cinquante jours. Je vais scruter, écouter, lire, regarder, découvrir et compléter ma propre histoire de la radio en y mettant et mon grain de sel et ma passion. Dès dimanche il était sympa de regarder le visage souriant d'Eve Ruggieri qui à ses débuts jouait dans l'ombre de "Radioscopie" de Jacques Chancel. Le lendemain (21 octobre) Inter se penche sur l'avant 1963, sur un "Paris Inter" aux archives surprenantes et déjà la volonté d'un certain Roland Dhordain passionné par un public pour lequel les radios n'ont pas fini de courir. "Plus surprenant pour l’auditeur d’aujourd’hui, on trouve dans les programmes de multiples rendez-vous pour la jeunesse, comme le fameux “Appel scout” où le jeune Roland Dhordain fait ses débuts. Le même Roland Dhordain produit, “La république des jeunes” réalisée par des adolescents et jeunes adultes."

Roland Dhordain dont on ne pouvait faire moins que d'y consacrer une page entière. Qu'il aurait eu de choses à raconter s'il avait pu participer à ces "noces d'or" de la radio. L'archive Ina qui nous est présentée vaut son pesant de carottes et de caramels mous. On y découvre un très jeune Gérard Klein de 22 ans en… cravate, où derrière une certaine "raideur" à l'image on voit bien que l'animateur n'est pas dupe et va décoiffer l'antenne au milieu des années 60. Mais la cerise sur le gâteau de cette page de souvenirs est le reportage de Claude Lelouch sur le directeur de la radiodiffusion (le "R" d'ORTF). Quel ton ! Quel légèreté ! Et quelle complicité entre les deux hommes. La "fin" du reportage en studio, en cravate et avec la déférence pour le directeur est succulente. Où l'on y voit un Chancel en préfiguration de son "Grand Échiquier".


Je me régale mes chers auditeurs et vous incite, si ce long préambule à l'anniversaire vous stimule, à jeter un œil et une oreille sur ce qui risque souvent de vous surprendre ou de vous réjouir.


Et demain nous parlerons de la "longue durée" en radio… 

mardi 22 octobre 2013

Capa… 100 ans

"Plus qu’un photographe de guerre, Robert Capa était un humaniste qui conjuguait humanité et action, souffrances et émotions. Il aimait capter l’éphémère et parvenait mieux que personne à figer la fragilité de l’existence." Voilà en quelques mots la présentation que fait l'Ina d'un Capa passé à la postérité de son vivant et dans le monde entier.
 

Dans le son proposé ci-dessous vous noterez le temps pris par Samy Simon, le journaliste, pour rendre compte de ce décès et le soin des détails pour faire état de la carrière du photographe de presse. Capa est un modèle, une certaine forme de héros moderne et sa disparition en service commandé en plein conflit indochinois installera le mythe. Aujourd'hui le temps qui serait consacré à ce type d'événement n'excèderait sans doute pas la minute. Mais qui s'intéresse ou connaît les photographes de presse en dehors de la profession ? Le moindre petit animateur de tauque chaud TV casse sa pipe et voilà les programmes chamboulés presque instantanément. La société du spectacle s'intéresse plus aux images qu'à celles et ceux qui les font (1).

Et puis vous écouterez ces deux "profils perdus" qui eux-aussi prennent le temps de dire quand aujourd'hui un long documentaire dure moins de 55'. C'est cette radio-là qui témoigne et qui fait l'Histoire, c'est cette radio-là qui a sa place dans la web radio-archives qu'une bonne fée pourrait décider de mettre en œuvre en 2014, et qui de fait deviendrait la 9ème chaîne de Radio France (2).

(1) Quand la première Zaza venue, au top du néant, fait clic-clac avec les dents voilà  Krohdak qui immediatly lui confie sa prochaine campagne photo pour son appareil instantané "PopAroïd",
(2) La "huitième" sera la plateforme musicale qui démarre en novembre. Un projet de radio archives conjoint Ina-Radio France était sur les rails en 2007…


C'est une erreur d'inscription mais le document ci-dessous est bien la partie 2.

lundi 21 octobre 2013

Bourdin d'Bourdin…






Mardi 15, j'avais prévu de partir en reportage. Enfin pas exprès quand même. Six cent kilomètres aller et retour, ça laisse de quoi écouter la radio. Mais c'est là que j'avais un projet. Quelques jours avant j'avais lu dans Le Monde (1) un long article sur Jean-Jacques Bourdin très sobrement intitulé "Le vengeur des ondes". Diantre, palesanbleu et cornegidouille, il me fallait vite en prendre la teneur. Au-delà d'un titre bien racoleur, Pierre Jaxel-Truer, le journaliste, a choisi pour écrire son papier de flatter Bourdin dans le sens de son image, et tous les clichés de la "star au zénith" (sic) d'émailler son texte. Le pompon est atteint quand, pour finir de brosser (c'est le bon mot) le portrait, il est fait état des origines cévenoles du matinalier qui, quand il ne parle pas à RMC, écoute "France Culture, France Musique ou Radio Classique". On se pince (sans rire), pas très solidaire de sa chaîne l'auditeur Bourdin. Ce long préambule pour vous dire que j'avais remis le couvert pour me fader l'écoute de la matinale, ce matin de mardi dernier, après "avoir dansé sur RFM".

Et bien, ce matin-là, rien n'avait changé depuis ma dernière écoute et, pour être sûr que les auditeurs n'auraient pas la mauvaise idée d'aller s'égarer vers les chaînes que leur mentor écoute, voici, dès 6h, la liste des sujets qui ont été traités à grand renfort d'effets d'annonce : "La fessée, la prime de présence des fonctionnaires des mairies, et le loup (aux portes de Paris)". Le must n'est-il pas ? J'ai pas voulu friser le "nervous break down" et j'ai changé de fréquence (plusieurs fois avant d'arriver à destination). Je dois pas être très bon pour les reportages en terre inconnue. Il y a juste des limites humaines à l'insupportable.

Pour montrer tout son attachement au média radio, Le Monde dans son supplément Télévision publiait le lendemain un portrait d'une page de Marc Voinchet, le matinalier de France Culture. Et la journaliste Hélène Delye d'écrire, comme en écho à l'article du magazine publié la veille : Marc Voinchet "de sa voix grave, grainée par la cigarette et légèrement chantante… rappelle un peu celle d'un autre animateur : Jean-Jacques Bourdin (le matinalier de RMC). Les deux hommes ne se connaissent pas mais s'admirent.» Ah ben ça alors ils ne se connaissent pas mais s'admirent ! Quelle info ! Cela veut-il dire que chacun a pu s'exprimer sur l'autre (sans doute "off the record") sans que Jaxel-Truer ni Delye n'aient jugé utile de publier leur point de vue respectif ? On rate quelque chose. Vive la radio !
 

(1) Édition du samedi 12 octobre avec son supplément Magazine,

dimanche 20 octobre 2013

Ah Valli… et framboise










Vous me pardonnerez, chère Valli, ce titre-calembour que m'a soufflé le bon Lapointe (Bobby) qui, comme vous, avait la pop dans la peau. Vendredi dès potron-minet j'ai eu l'idée d'ouvrir ma bibliothèque de podcasts et d'écouter (enfin) celui concernant le n°2 de votre série sur les Beatles. Du miel, que dis-je, un nectar de première. Avec Christophe Conte vous faites la paire (1) et redoublez de savoir et de fantaisie pop. Cela tient bien sûr à votre voix et à votre façon d'aborder "du dedans" la musique. C'est à dire que vous ne récitez ni une leçon, ni le cathéchisme de celles-et-ceux-trop-nombreux-qui-tous-les-jours-cirent-les-pompes-de-musiciens-ou-de-chanteuses-dont-il-faut-à-tout-prix-faire-la-promo.

Je vous écoute (2) et j'ai l'impression, à disséquer comme vous le faites la musique, ses compositeurs, ses interprètes, les conditions de création des groupes, des disques, des concerts ou des tournées, le contexte social et culturel qui les entoure que vous êtes sur la voie d'un… Frédéric Lodéon (3). Pourquoi la chaîne ne vous a t-elle pas encore proposé de faire une quotidienne sur la pop ? Dix ans n'y suffiront pas, il serait temps de commencer ! (4) Mais comme Lodéon s'y emploie, à former des générations d'auditeurs qui "partis de rien sont arrivés à quelque chose", vous avez aussi quelque chose à faire pour que les jeunes et moins jeunes générations découvrent que Brousse Springteen n'a pas inventé le rock, que les Stones ont englouti des tonnes de blues avant de s'essayer à leur premier riff et que le sien de blues Janis l'a puisé dans sa propre détresse (5)

Et même pour nous, "enfants du rock" perpétuels, il ne peut pas être mauvais après avoir usé jusqu'à la corde nos vinyles et autres CD sans âme, d'en savoir toujours un peu plus sur ce qui a porté notre adolescence. En fait ce qu'il nous faut c'est qu'on continue à nous raconter l'histoire de la pop. Et la framboise sur la pop c'est vous Valli avec vos sourires (vos rires), vos paupières qui se plissent, et bien sûr votre accent léger et subtil. Y'a d' la joie, du peps, du sucre et du swing dans ce que vous nous donnez à entendre chaque vendredi à minuit. Les autres jours de la semaine aimeraient aussi en profiter. 

(1) Comme avec la plupart de vos invités à qui vous ne passez les plats mais engagez une vraie conversation,
(2) Le plus souvent via le podcast de l'émission,
(3) Producteur de "Carrefour de Lodéon" qui pour ce qui concerne le monde de la musique classique fouille, explore, refouille, interprète et cherche encore… France Inter, lundi au vendredi 16h,
(4) Et faire à votre façon ce que Gilles Verlant avait si bien "commencé" avec "La scandaleuse histoire du rock",
(5) Pour ne rester ici que dans des images faciles.

Profitons-en pour signaler à Valli que l'émission du 29 juin 2013 n'est pas réécoutable ?

vendredi 18 octobre 2013

Ina : un nouveau player radio…






Dans la plus grande discrétion (trop) le nouveau player radio de l'Ina est en ligne depuis presque un mois. Diantre ! Et l'on ne m'a rien dit ? Il faut dire que dans mes "favoris" ma page Ina s'ouvre directement à la "recherche" et pas à la page d'accueil. Là, l'image ci-contre n'est pas immédiatement visible et il faut naviguer. Naviguons. La nouveauté est sensible : au-delà de la clarté et de la sobriété de la page, on va pouvoir accéder individuellement aux sélections hebdomadaires de réécoute intégrale. Bravo, mais il ne semble plus possible d'accéder à la "fiche" documentée qui présente les émissions. Dommage. Car, en section Magazine, ce n'est pas tant Catherine Deneuve que nous pouvons avoir plaisir à réécouter, mais il serait utile de savoir dans quelle émission, sur quelle chaîne, avec quel producteur cela a t-il eu lieu ?





Ce player comme le précédent propose trois entrées différentes : Electra, Magazine, Classique. Electra, la radio de l’Ina GRM : création et recherche dans le domaine du son et des musiques électroacoustiques. Classique, qui comme son nom l'indique propose de la musique classique mais pas que. Par exemple cette semaine Jacques Higelin au Printemps de Bourges 1977 et, pour le présenter, la voix de… Claudes Villers. On doit être dans "Marche ou rêve" (1) mais ici encore la fiche documentée serait utile.

Le renouvellement des offres ayant lieu le vendredi préparez-vous à passer de très bonnes fins de semaine à l'écoute des archives Ina. On dira que c'est le premier étage de la fusée, souhaitons que dans les mois à venir l'offre Radio se développe et trouve sur internet la place et la mise en avant qu'elle mérite. 

C'est un autre billet qui devait trouvé sa place ici aujourd'hui. Ce sera chose faite lundi prochain.

(1) France Inter, 20/22h, 1975-1977,

jeudi 17 octobre 2013

Du pain (et de la musique) sur la planche…

Entrée de la boulangerie coopérative "La conquête du pain",
à Montreuil © Laurent Védrine










C'est la diffusion ce soir de "Du pain sur la planche" (1) qui m'a incité à chercher du côté des archives de la chaîne sur le sujet du pain. Ma petite mémoire sélective se souvenait que Laurentin et Jeanneney (2) avaient plusieurs fois abordé le sujet. Vous trouverez ici quelque lien et là quelque autre. Mais il en reste beaucoup (trop), éparpillés par émission, par thématique ou par hasard. Ne serait-il pas temps de faire quelque chose pour l'indexation des archives de France Culture et pourquoi pas celles de Radio France. Je parle des archives depuis l'avènement des archives d'émissions numérisées. Quand l'émission serait réécoutable ce serait parfait et quand bien même elle ne le serait plus on disposerait de sources indispensables à la mémoire radiophonique.

Comme moi vous avez entendu parler ces jours derniers de "radio augmentée", de "musique augmentée" mais personne n'a évoqué les archives augmentées ? Pourquoi ? "Les archives c'est du passé, regardons vers l'avenir". C'est sûr qu'avec une telle antienne le débat va très vite tourner court. Ajoutons-y "Ce n'est pas vendeur" et ce dossier culturel pourra retourner aux oubliettes de la maison ronde pour une bonne décennie et plus si affinités.

Par exemple, sur la page de "Sur les Docks" concernant l'émission de ce soir on aurait pu trouver des références sur le "Pape du pain", Steven Kaplan (3) ou sur les émissions de la chaîne ayant déjà traité du sujet. Pour cela il faudrait que les rédacteurs puissent disposer des services d'un/d'une documentaliste qui enrichirait d'autant leur travail rédactionnel. Celui-ci participe de l'image de marque de la chaîne. Si chaque site de Radio France est une vitrine, on est en droit de se demander pourquoi il ne semble pas y avoir une politique éditoriale mieux établie. Ce travail éditorial quotidien est une activité nouvelle pour la radio et il l'engage. Pourquoi la qualité éditoriale et l'esthétique apportés à France Culture Papiers n'auraient pas leur équivalent sur le site ? Joël Ronez, directeur des Nouveaux Médias à Radio France avait annoncé en début d'année dans l'émission de Xavier de la Porte "Place la toile" que le site de France Culture devait être proposé dans une nouvelle version à la rentrée. Est-ce toujours d'actualité ? À la forme il faudra joindre le fond. Ça, c'est une affaire de tous les jours et… il y a du pain sur la planche

France Musique semble en avoir relevé le défi. Allez, "De la musique avant toute chose"… et quelques archives inédites !

(1) Sur les docks, 17h, France Culture, ce jeudi,
(2) Producteurs à France Culture,
(3) Une référence a été ajouté en cours de journée, voir aussi ma réponse au commentaire d'Henri ci-dessous.

mercredi 16 octobre 2013

Un nouveau site pour France Musique…









Au-delà de la nouveauté on appréciera qu'après trois mois de rodage au "réel" des améliorations et des nouveautés aient été apportées à ce site qui d'un coup de baguette magique prend une autre tournure et une lisibilité très appréciable. D'une certaine façon France Musique bénéficie de l'expérience et de l'usage des sites des autres chaînes du groupe Radio France, et l'on a hâte que France Culture "passe à la casserole" et s'approche de la qualité proposée par cette rénovation.

Entièrement repensé, le site de France Musique (1) présente une offre innovante tournée vers la musique classique. En plus des fonctionnalités déjà existantes (réécoute des concerts, programmation musicale...), ce nouveau site propose :
• un player ergonomique favorisant une écoute à la carte plus souple et une lisibilité optimum,
• un allongement de la durée d’écoute des programmes (streaming disponible pendant 1000 jours, podcasts pendant un an, concerts pendant 30 jours),
• des contenus éditoriaux exclusifs. Parmi les nouveautés :

- «France Musique invite… », une web série pour rencontrer une personnalité du monde musical à travers 3 questions,
- Une rubrique d'actualité musicale enrichie,

• Des entrées thématiques permettant de repérer aisément les styles musicaux présents sur l’antenne : classique et contemporain, lyrique et comédie musicale, jazz, pop/rock, électro, musiques du monde, musiques de films, 

Et puis il y a, revendiqués comme tels, "Les greniers de la mémoire" de Karine Le Bail. Je dis "revendiqués comme tels" car ici les archives, la mémoire ont une valeur affirmée et s'insèrent en contrepoint subtil des chansons et/ou de la musique. J'aurai envie de dire comme un slogan "France Musique, c'est clair" et son nouveau player en est son image "parfaite".

(1) France Musique profite du nouveau player HTML5 (permettant l’écoute sur tablettes et mobiles) et rejoint la même plateforme évolutive que les autres sites des chaînes.

La radio augmentée… encore plus





Hier matin je partais en reportage et devais vous en rendre compte ce matin dans ce billet. Mais je suis rentré HS hier soir, plus capable de m'embarquer dans un long récit. Cela aurait dû commencer ainsi. Il est 5h30 je monte dans mon char, cherche un peu de zique dans mon autoradio. Va pour RFM. On commence par un bon titre de Tears for fears "Sowing the seeds of love", puis enchaîne un morceau de disco qui doit être dans la "Gold list" de RFM et doit tourner tous les samedis dans leur set disco. Je danse à fond, lâche le volant, une pêche d'enfer s'est installée dans l'habitacle de mon "taxi" jaune. Avant ce que j'ai prévu de m'infliger (voir billet de vendredi prochain), cette énergie vitale ne peut faire que du bien. Je guette, fébrile, la désannonce de ce morceau culte. Pas de désannonce. Je coupe le son et chante à tue-tête le morceau pour ne pas l'oublier.

En rentrant hier soir je mets en route Shazam (1) sur mon portable persuadé qu'avec ma plus belle voix je vais retrouver le titre de ce morceau dansant. Rien. Shazam boude. Revenu devant mon ordinateur je vais sur le site de RFM, sûr d'y trouver une case de recherche genre "C'est quoi ce titre ?" Mais rien de rien ne le permet. Je désespère. Je cherche sur iTunes avec un "Oh baby baby". Chou blanc. Quelques instants plus tard en pleine conversation radiophile (sur Twitter) avec Hervé, du blog "Le Transistor", je lui demande comment trouver un titre sur RFM ? Il m'informe que le site n'est pas complètement finalisé et qu'il manque plusieurs choses dont cette recherche par titre. Il est fort le gazier. Un vrai pro de la bande FM. Il me propose de lui soumettre ma recherche par… écrit. Et presque instantanément (en moins de 2') il me répond "I love you baby, nana nananana" c'est : Boys Town Gang avec "Can't take my eyes off you". Glurps ! Je l'appelle et cash, a capella, il me fredonne la chanson. Bigre ! Je suis admiratif. Respect total. Bon après ça on fait notre causette radio bi-mensuelle. 

Mesdames et Messieurs qui, hier à l'Ina (Institut national de l'Audiovisuel), sous l'égide de Radio 2.0, tiriez des plans sur la comète de la radio augmentée, vous étiez loin de vous douter qu'Hervé fait ça très bien, à la demande, avec en plus, un sacré supplément d'âme. Encore merci compañero grâce à toi j'ai dansé toute la soirée !

(1) Application pour la recherche de titres de musique à partir du son musical en cours de diffusion

mardi 15 octobre 2013

Non Jeff t'es pas tout seul…

Kessel en Afghanistan








La semaine dernière j'évoquais dans "Le reportage c'est la vie" comment Joseph Kessel et Robert Arnaut avaient magnifié ce genre de narration, par l'audio pour Arnaut, par la littérature pour Kessel. J'ai pris le temps de regarder en intégralité les deux reportages d'Igor Barrère en Afghanistan (1). Si les images sont intéressantes d'un point de vue géographique et historique, elles sont loin de sublimer le texte et la parole de Kessel. On pourrait tout à fait écouter ces reportages sans image. Ce qui frappe au premier abord, c'est la facilité avec laquelle Kessel décrit ce qu'il voit, ressent et interprète. 

Le reportage en lui-même devrait être enseigné dans les écoles de journalisme et surtout être comparé à ce qui ce fait aujourd'hui en matière de reportage audio-visuel. En 1967, on voit Kessel prendre le temps de raconter, de digresser, de s'évader sans que la caméra ne change sans cesse de plan ou que le conteur disparaisse en voix-off. Cette façon de filmer met Kessel au centre du reportage et insiste sur sa parole. Kessel est avant tout un conteur. On peut bien imaginer qu'en l'absence de caméra il aurait su trouver les mots justes pour nous faire voir ce qui nous était invisible. C'est ce qu'il fît dans ses romans, et particulièrement peut-être dans "Les cavaliers".

Il faut voir ces deux reportages qui, paradoxalement avec l’avènement de la couleur, marquent la fin d'une époque qui prenait le temps du récit pour décrire un parcours de vie ou une action sur la longue durée. Je ferai l'expérience de réécouter (sans voir) les deux films d'Igor Barrère. Je crois qu'inévitablement je serai dans la même situation que  les samedis après-midi de France Inter où Robert Arnaut nous racontait son Afrique. Si Kessel ne se situe ni en journaliste ni en romancier, il incarne ce qui a complètement disparu à la télévision et existe très peu aujourd'hui en radio : le conteur (2). Comme si prendre le temps de raconter ne correspondait plus du tout au mouvement perpétuel de l'agitation de la société, qu'elle soit civile ou médiatique.

Prenons donc le témoignage de Kessel comme une leçon d'humanité et une leçon d'histoire, qui en deux fois quarante-cinq minutes stimule l'imagination, et mieux, donne envie de s'intéresser au sujet, quand tant de reportages télévisuels depuis 1980 (et l'invasion de l'Afghanistan par l'URSS) ont eu bien du mal à sensibiliser l'"opinion".

(1) Coffret Ina "Joseph Kessel  :  "Voyage en Afghanistan", 1 DVD comprenant les 2 reportages d'Igor Barrère + un épisode de "Lectures pour tous" sur"Le Lion", 1 CD audio "Les cavaliers" entretien avec Claudine Chonez,
(2) Voir la très belle série d'André Voisin : les conteurs,



lundi 14 octobre 2013

La radio augmentée… de quoi ?

On cherche le bouton "Archives"






Alors qu'arrive à grands pas "la radio augmentée" on peut s'interroger sur ce qu'avant cette augmentation la radio a perdu ou est en train de perdre. Si augmenter fait frétiller les médias, diminuer ne leur fait rien ou pas grand chose pour avoir envie de s'y intéresser. Quid des documentaires et des reportages qui diminuent sensiblement année après année ? Quid de la longue durée qui s'effrite pour sanctifier l'instantané "expresso" ? Quid du rythme effréné des matinales et de tant d'autres émissions dopées aux interventions multiples et variés qui se superposent et empêchent une réflexion approfondie ? Et puis quid des archives ?

Justement cette radio augmentée donnera t-elle toute sa place aux archives ? S'il semble maintenant important à la radio de proposer le filmage d'une chronique ou d'une émission entière, pourquoi ne serait-il pas aussi important sur un même sujet ou un événement récurrent de donner accès aux archives radiophoniques qu'elles soient publiques ou privées ? Voilà une radio augmentée qui, au-delà des réflexes à la mode (image, écran, pub augmentée) pourrait valoriser son patrimoine et ENFIN le contextualiser et l'éditorialiser. Qui donc interpellera la Ministre de la Culture sur le sujet à l'occasion du raout attendu du 25 novembre ? Des fois qu'uniquement polarisée et assaillie, par la nécessité de multiplier les fréquences, aujourd'hui saturées de la bande FM, par l'urgence de sortir le serpent de mer RNT des eaux profondes dans lequel il est noyé, par ce nouveau hochet de radio augmentée, personne n'ait l'idée de plaider la cause des archives radiophoniques.

Méfions-nous de ce qui rassemblé sous le vocable "radio augmentée" s'affranchirait d'un coup de baguette magique de ce qui a fait l'histoire de la radio et que conservent ses archives. Comme si le futur était forcément excitant et que le passé n'était plus bon qu'à un stockage passif ?

dimanche 13 octobre 2013

Mais encore…

F. Hardy au micro de F. Jouffa, Carré Bleu sur Europe 1,1971















En rédigeant dimanche après-midi mon billet publié ci-dessous, j'avais (par mail) interpellé François Jouffa (1) pour lui demander quelques précisions sur la vidéo de TSF 71. Pas très assuré qu'il me réponde dans l'instant car l'homme voyage beaucoup de par le monde. C'est à partir de ses informations que j'apporte les précisions qui vont suivre. Si l'"unique" vidéo de TSF 71 est précieuse pour les amateurs de radio et autres chercheurs du futur, elle ne figure heureusement pas au registre de ce qui va bientôt s'appeler la "radio augmentée". Entre un documentaire télévisuel de 1971 qui évoque une émission de radio publique et la permanence de la vidéo associé aux émissions de radio, il y a un gouffre je dirais même plus des "années lumière"…

Les participants à cette TSF 71 filmée (outre Jean Garretto et Pierre Codou)
Michelle Garretto (que l'on voit à la discothèque faire ses choix pour les émissions à venir), Yann Paranthoën (à 2'43"),

Bande à part
Les séquences, produites et réalisées par le duo Jouffa-Monceau pour TSF, s'appelaient "Bande à Part" (2) Ces séquences (insolites dans le choix des sujets comme dans le montage et la réalisation), de différentes durées (comme dans le magazine, enquête, portrait, actualité, etc), étaient donc réunis par un titre en hommage à un film de Jean-Luc Godard. Notre animatrice complice qui zozotait exprès était Andréa Turquetit journaliste au Parisien Libéré. C'est elle qui nous présenta Jacques Tremolin (ils travaillaient dans le même journal) qui nous contera des histoires philosophiques d'animaux pendant des années à "l'Oreille en coin". La proximité physique de Simon et d'Andréa vient du fait qu'ils parlent, tous deux, dans un seul et même micro. Simon et François utilisaient parfois le même principe, un seul micro, pour pouvoir se donner la parole (dialoguée) d'un simple coup d'épaule amical. (Il faut préciser que tous les textes sont écrits)

En conclusion voilà l'avis de François Jouffa sur la vidéo Ina"Magnifique le document ! Émouvant ! Des images qui bougent de Jean Garretto, Pierre Codou." 

(1) Producteur radio qui fit partager sa passion de la musique sur Europe 1 et sur France Inter de nombreuses années (il a aussi dirigé Fip). Bien avant tout le monde, dès le début des années 60, il voyage en Inde, aux États-Unis et en Angleterre et en rapporte de quoi en parler à la radio et aussi de quoi écrire de nombreux livres sur la musique.
(2) Du nom du mensuel pour lycéens que Jouffa avait créé avec des confrères-copains d'Europe n°1 et dirigé en 1966 et 1967, et dont Simon Monceau était le Secrétaire de rédaction.

Jean Garretto, for ever…

Il y aura treize mois demain Jean Garretto nous quittait. Il n'y a pas besoin de commémoration pour se souvenir que le samedi, le dimanche ce très discret producteur de France Inter a bouleversé, avec son compère Pierre Codou, la radio. Sa parole publique était très rare. Ce matin j'ai eu envie de la chercher encore. L'émission TV qui s'intéresse à TSF 71 (1) nous donne à voir et à entendre les coulisses de l'émission. Son indicatif initial (ci-dessus). La voix et le visage dans l'ombre de Gérard Sire qui ponctue de son plus bel accent anglais chaque heure par une accroche sur "Vladimir le magnifique", Simon Monceau (François Jouffa n'est pas loin) serrant de près l'animatrice qui annonce leur émission avec un défaut de prononciation très appuyé, Gérard Sire contant en studio, les yeux de Kriss puis sa voix, Jacques Muller et "ses malheurs" en situation dans une rue de Paris, en régie quelques images furtives d'un Garretto fumeur et concentré…

Et puis des annonces par Arnaud Monnier avec la "veille façon" de dire l'heure l'après-midi "de 3h à 5h…" et des numéros de téléphone qui fleurent bon les quartiers de Paris "appelez-nous dès maintenant sur Bagatelle 20-40" (2). Ce découpage "haché" donne une petite impression de ce que le laboratoire "Garretto-Codou" essayait d'inventer semaine après semaine…


 
Mais ces moments furtifs là ne me suffisent pas et… j'essaye encore. C'est du côté de Fip (la radio qui ne parle pas) qu'on entendra le mieux le duo. Les connaisseurs reconnaîtront le nom de la directrice de France Inter (Agathe Mella) dans les propos de Pierre Codou (4'45") qui veut illustrer que le classique a toute sa place sur Fip 514. Et les aficionados ou les auditeurs plus récents pourront mettre un visage sur "Marie-Martine" égérie du feuilleton "Vous avez loupé Marie-Martine" que Gilles Davidas avait concocté pour les 40 ans de la station en janvier 2011 (3).



Si vous voulez pousser un peu plus loin le bouchon de votre mémoire radiophonique vous ne pourrez pas échapper à ça…

 (1) Après TSF 68, 69, 70 et 71 l'émission s'appelera "L'oreille en coin",
(2) Je pense qu'on peut traduire Bagatelle par 224,
(3) En 20 épisodes diffusés sur le site fipradio.com mais actuellement indisponible à la réécoute,

vendredi 11 octobre 2013

Je voudrais des puces…

Je voudrais des puces dans ma radio pour me gratter l'oreille. Des puces qui s'intercaleraient dans les programmes. N'importe comment à n'importe quelle heure. Des puces pour surprendre, rire, pleurer, réfléchir, s'assoupir et s'émerveiller. Des puces pour faire le rythme et le tempo. Des puces pour sortir des cases, des grilles, des cellules et des Nagra. Des puces pour tout chambouler et tout remettre à l'endroit. Des puces qui, heures après heures, nous feraient partager l'inattendu…

La série "Rien à voir" d'Arte radio qui en dit beaucoup plus qu'un "M'as-tu vu ?" quotidien !

Braque, l'ermite de génie…

L'Olivier par Georges Braque












La palette de Robert Arnaut était-elle infinie ? Qui sait ? Rentré d'Afrique il savait basculer dans le monde occidental et aller aussi à la rencontre des géants. Il aimait tellement raconter que sa présentation de l'œuvre de Braque s'attache au moins autant à l'homme qu'à ses créations. Arnaut, comme tout ce qu'il "touche" est captivant. C'est sa voix, son phrasé, sa scansion qui donnent envie d'écouter et de rentrer dans l'histoire. Un peu comme pour le documentaire ou le reportage, il nous manque, à la radio, des raconteurs d'histoire pour le conteur au moins autant que pour l'histoire…




jeudi 10 octobre 2013

Le reportage c'est la vie…

Photo tirée du film "Kessel en route", d'Igor Barrière et de Michel Colomès. ©ORTF
Ce n'est pas moi qui le dit mais Robert Arnaut (1), avec ses mots, son bon sens et surtout sa passion de la radio. C'est parce qu'hier j'ai croisé "par hasard" Joseph Kessel sur la toile que j'ai eu envie de vous parler du reportage. Ou plutôt vous donner envie d'écouter (au moins autant que de voir) Kessel dans le "documentaire" d'Igor Barrère de 1967 pour la télévision. Je mets d'emblée des guillemets au mot documentaire car je ne suis pas sûr que son auteur l'aurait revendiqué comme tel. À la radio aujourd'hui il y aurait deux écoles, celle du reportage à France Inter dans la case dédiée d'"Interception" (2) et celle du documentaire sur France Culture (3). Il serait assez caricatural de dire que les reportages sont réalisés par des journalistes (mais pas que) et les documentaires par des documentaristes (qui quelquefois sont des journalistes). La belle affaire. On me permettra de ne pas franchir le seuil de ces chapelles et de m'en tenir au sujet. Ne comptez pas non plus sur moi pour analyser le travail d'Igor Barrère, je ne sais pas faire.

Dans les deux extraits vidéo que je vous propose aujourd'hui c'est Kessel qui m'a intéressé et, vous ne serez pas surpris, une certaine lenteur, un certain tempo donné à ce qu'il raconte. On en reviendrait très vite à Arnaut. Dans son commentaire de l'émission citée le "reporter-globe-trotter" Arnaut dit d'entrée : "Je crois que c'est Joseph Kessel qui a dit que "la race des grands reporters était morte"" et d'ajouter "Le grand reportage a changé de média". On notera l'adjectif "grand". Mais, qu'il soit grand ou petit, qui veut aujourd'hui à la radio diffuser du reportage… ou du documentaire ? Hormis les émissions citées ici il y aurait de la place sur Culture (et sur Inter) pour donner à en entendre plus. Mais au-delà du désir des acteurs et créateurs des reportages-documentaires, j'ai comme l'impression que la notion financière va immédiatement prendre le dessus et plomber, voire même surplomber, la démarche. La nécessité de rendre compte fait d'abord l'objet de tractations qui, de fait, brideront la création.

Et de se développer à la vitesse supersonique les émissions de "plateaux-invités-experts-chroniqueurs" qui, depuis n'importe où de la planète, peuvent à bon compte rendre compte de l'urgence d'une situation. De là à aller au chevet de Nelson Mandela, toujours en vie, il y a quelques billets d'avion qui se perdent. La case, les cases de diffusion existent mais ce sont les moyens qui manquent. Ou plutôt ce sont les moyens qu'on ne veut pas donner qui manquent. D'autres priorités s'installent et elles ont de plus en plus à voir avec la starisation ou la pipolisation. Le résultat prime sur la démarche. Célestin Freinet (4) est au fond des oubliettes, Kessel rangé au banc des romantiques, Cendrars à celui de grand-voyageur et London sans doute comme aventurier old-school. Ces noms sont perpétuellement agités comme des hochets par la "profession" mais doivent bien vite se rengorger faute de choix éditoriaux volontaristes.

Je vais prendre le temps d'écouter (sic) les deux documentaires-reportages d'Igor Barrère et reviendrais vous en parler. Mais il y a fort à parier que je risque de vous dire que le dimanche soir ou même le samedi matin il existe des endroits pour sortir de l'actu et entrer dans une autre dimension. Sans forcément aller dans… la quatrième.

(1) Globe-trotter-reporter à France Inter, décédé au mois d'août 2013. Ici dans une de ses émissions du samedi après-midi en 1976 dans "L'oreille en coin",
(2) Le dimanche à 9h10,
(3) "Sur les docks", "Les pieds sur terre" et dans quelques autres comme "La Fabrique de l'histoire" et "Villes-Monde",
(4) Pédagogue qui avec ses élèves démontait le magnétophone avant que ceux-ci s'ébahissent sur l'art du montage (et de la coupe, donc)