jeudi 31 janvier 2013

J'ai fait un rêve…










Je me désole chaque jour, qu'un sujet, quel qu'il soit, "tienne" maximum 24h pour ne pas dire 12 ! On court aux archives (comprendre "on ouvre son ordinateur"), on interpelle un "spécialiste", un "qui l'a bien connu", un autre "qui l'a beaucoup fréquenté" et un quatrième qui "reste critique". On diffuse sur une, deux, trois chaînes du service public (un peu sur les privées si vraiment la personne est très connue du "grand public"), on publie sur son blog, sur la page Fb de la chaîne, sur son compte Twitter, on retweet à tour de bras, et quelquefois on imagine qu'une rediffusion de "cette si longue émission qui balayait la vie et l'œuvre de…" pourrait peut-être trouver sa place dans la grille, dans les jours qui viennent !! 

J'ai fait un rêve, un rêve de club d'essai (1), de laboratoire de création (2), de Service de recherche comme celui de Pierre Schaeffer. Un lieu où ça bouillonnerait en permanence et où en dehors des grilles figées, et des formats "formatés", s'inventeraient des émissions pour toutes les chaînes du groupe Radio France. Dans certains cas ce serait les chaînes qui commanderaient des créations (3), dans d'autres ce serait "Le labo" qui en proposerait. Il manque à notre radio publique moderne un lieu transversal (à côté des sept chaînes de radio), qui avec des équipes pluri-disciplinaires pourrait aussi bien mettre en valeur un évènement ou un personnage, que contextualiser les riches archives de l'Ina.

Sur Kudelski, ce "Labo" aurait pu faire des documentaires courts, longs, enrichis avec une diffusion en alternance sur les sept chaînes du groupe, avec un début sur une d'entre elles et la fin sur une autre (4). Avec l'idée de mettre en scène (et en ondes) ce qu'il y a à raconter autrement qu'en faisant uniquement appel aux sacro-saintes archives. Il faudrait pour la diffusion, casser des habitudes et habituer l'auditeur à être SURPRIS !

Voilà, mes chers auditeurs, une idée que je vais soumettre à Joël Ronez, directeur des Nouveaux médias à Radio France. Juste pour voir comment la radio peut être perméable à une idée qui inciterait les chaînes de radio à sortir (de temps en temps) du cadre, du champ et de la grille. Et vous, qu'en pensez-vous ?

(1) Dirigé par le poète Jean Tardieu, 1946-1960,
(2) Comme l'était L'Oreille en coin, "Une radio dans la radio" 1968-1990, France Inter,
(3) Multimédias ou pas,
(4) Un bon moyen de sortir de son "territoire" privilégié.

mercredi 30 janvier 2013

On Nagra for ever…

Un Nagra datant de 1958 et pesant 9kg. D.R.






On pourrait prendre l'objet dans tous les sens (1). Pareil pour son histoire qui met en scène Stéfan Kudelski, son inventeur génial, décédé le 26 janvier. La profession (les professions du son) est émue et peut l'être tant ce petit bijou technologique a révolutionné le reportage. Le Nagra "collait à la peau" du reporter, c'était beaucoup plus que son stylo et son carnet de notes. C'était un certain prolongement de lui-même pour en faire quelque chose d'hybride : mi-homme, mi-machine. Mais il n'y avait pas que des hommes à le porter et à se le trimballer. Fabienne Sintes (2) a écrit un joli hommage à Kudelski (3) où, entre autre, elle évoque : "Mon ostéo tient aussi à vous saluer. C’est grâce à vous qu’aujourd’hui encore il corrige régulièrement cette courbature qui me fait pencher à gauche, vu que je dégaine du micro de la main droite."

Pour cet homme-là, pour tout ce qu'il a représenté pour la radio, on pouvait, on devait s'attendre à ce que France Culture prenne le temps, dans sa matinale (4) d'en parler autrement que d'une façon systématique de nécrologie basique, absolument désincarnée. Surtout si, pour illustrer son propos, on donne à entendre un extrait du documentaire "On Nagra : il enregistrera" de Yann Paranthoën (5). Ce propos et ce son qui "tombent comme un cheveu sur la soupe" ne laissent pas d'inquiéter. Pourquoi, une fois de plus (6), ne pas déprogrammer un invité (pour la deuxième partie de l'entretien) et faire témoigner un ingénieur du son pour parler "calmement" de cette petite révolution technologique qui a accompagné l'évolution de la radio. L'annonce en fin de matinale fait l'effet d'une brève que l'on survole en fin de journal, anecdotique et vite oubliée. Pourquoi les "nécros" que propose "La matinale" sont-elles bâclées (7), et ne disposent pas du temps nécessaire pour évoquer les personnages disparus ? Particulièrement quand ceux-ci ont eu un rôle majeur dans l'histoire de la radio.

On trouvera sous ce lien, une mise en valeur du magnétophone de Kudelski (8), et une contribution vécue depuis l'épaule. Maintenant entonnons tous en chœur "Supplique pour réécouter le documentaire de Yann Paranthoën, très vite sur France Culture". 

De bonnes ondes ont du fonctionner puisque ce sera fait dans Les Ateliers de la Nuit, le mardi 12 février à 23h, veille de la journée mondiale de la radio. (Merci à ceux/celles qui ont décidé sa (re)programmation.)

(1) Mais dans le bon sens c'est mieux pour faire du son !
(2) Journaliste, correspondante à New-York pour France Inter et France Info,
(3) Jakki, fidèle commentateur de ce blog, m'a très vite alerté hier matin pour me faire parvenir le lien de blog de Sintes !
(4) Du 29 janvier,

(5)  "On Nagra, il enregistrera" première génération, ACR, France Culture, 8 mars 1987, 2h. + une version courte pour le Prix Italia, 9 août 1987, 50'. Édité par l'Ina, la Scam, et France Culture, 1993. + deuxième génération, ACR, France Culture, 15 novembre 1987, 2h. (références extraites de "Yann Paranthoën, L'art de la radio", Coordonné par Christian Rosset, Phonurgia Nova Éditions, 2009

(6) C'était déjà le cas pour Yves Jaigu, ou Jean Garretto (+ billets des 16 et 17 septembre),
(7) Sur un ton absolument inapproprié,
(8) Merci à Klervi Le Cozic d'avoir sorti du bois cet article de Libération.

mardi 29 janvier 2013

Radio à saute-moutons…

Paco Ibañez © Corrine Amar - Radio France





Ça vous arrive sûrement ! Hier matin 5h, autoradio, France Culture, à peine le temps d'entrer en phase qu'il me faut couper le moteur. 9h10, autoradio, La Fabrique de l'histoire. Le sujet est grave, je me concentre sur la route tout en sachant que je n'entendrai pas l'intégralité de l'émission. Grand blanc, jusqu'à 13h10. L'autoradio est resté "bloqué" sur F.C., j'entends un accent espagnol et une voix de rocaille que je connais : Paco Ibañez. L'entendre évoquer Brassens, Atahualpa Yupanqui, c'est plonger dans les années 70 et 80, et réveiller quelques souvenirs de lutte, contre le franquisme, et de… poésie vivante. 13h30 un petit coup de La marche de l'histoire, Jean Lebrun, France Inter. 15h30 changement de fréquence, un p'tit coup de Mouv' : Rodéo, Christophe Crénel. Interruption momentanée du son. Reprise à 16h50, Pas la peine de crier, Marie Richeux, France Culture. J'arrête la voiture juste au moment de l'annonce de Sur les docks, Irène Omélianenko, France Culture. 

Au cours de cette journée de radio en miette, j'ai reçu plein de petits morceaux de son qui pourraient me faire penser aux petits morceaux de verre dépolis que l'on trouve sur les grèves de Bretagne (chauvin, NDLC). Qu'en faire ? Pour cette journée je ne vais pas forcement écouter les podcasts qui correspondent à ces émissions-là. Je garderai quelques jours en mémoire des fragments, des mots, des voix, qui, pour une fois, ne feront qu'un patchwork éphémère.

C'est aussi ça la radio. Entendre, écouter des choses sans aller plus loin. Mais après avoir quand même "vérifié" que les voix amies sont bien là, qu'elles nous ont fait "signe". Et demain peut-être, pourrai-je prendre plus de temps pour les écouter plus longuement.

NDLC : Note de la Claviste (Comme au "bon vieux temps" des années Libé)

lundi 28 janvier 2013

Radioscopages…












Autrefois, "se taper sur les cuisses" n'était pas qu'une expression. C'était un geste de joie explosive où, à la dimension du bonheur de rire, on ajoutait une attitude excessive de démonstration. Eh bien, figurez-vous que samedi après-midi dernier, je me suis tapé sur les cuisses ! Pas en écoutant la radio non, mais en lisant ce que quelques gloseurs et autres observateurs privilégiés (sic) avaient décidé d'écrire sur la radio. Préparez vos mouchoirs, vous allez rire… ou pleurer.

Le très sérieux journal Le Monde (1), dans son édition datée du dimanche 27 janvier ouvre ses colonnes par un billet qui semble s'apparenter à un "éditorial" (sans le titrer comme tel) (2). "C'est dit", c'est le nom du billet, titre : "Ockrent, de retour "aux Affaires"". On notera immédiatement les guillemets (entourant les mots "aux Affaires"), pour ne pas qu'un seul instant on imagine quoi que ce soit de déplaisant à l'égard de cette personne. Le titreur s'est fait plaisir. On lui avait ouvert un boulevard, il s'est engouffré dedans (voir le billet en question).

En quelque deux mille signes, Guillaume Fraissard présente l'arrivée sur une chaîne publique de Radio France (3), de celle qui, à défaut d'être une "vraie" reine, a côtoyé moults rois de la politique (4). On notera que pour ce billet aucune photo ne vient illustrer le propos, pas plus qu'aucune accroche n'apparaît en une du supplément (5). Pas besoin, ce billet croustille suffisamment d'allusions, à commencer par son titre, pour attirer le lecteur. D'allusions à la "fabrique de la radio" ? Que nenni ! Faut quand même pas rêver. Parler autour (de la radio) et des affaires (sans guillemets) des médias est bien plus croustillant que d'écouter soi-même la radio et de savoir en parler. "La rumeur du monde… de la radio" n'existe pas. Enfin n'existe pas comme émission de radio, car sinon le buzz qu'elle provoque (la rumeur) "dans le milieu des médias autorisés" est phénoménal. Vous irez lire, si le cœur vous en dit, les révélations avancées par ce billet. Ne comptez pas sur moi pour faire le commentaire du commentaire, et encore moins pour évoquer le désarroi de celui qui, du haut de sa splendeur passée, n'avait aucun état d'âme à se séparer de collaborateurs qui avaient eu l'outrecuidance de franchir "sa" ligne jaune (6).

Samedi n'était pas fini, question "tapage sur les cuisses". L'hebdomadaire culturel de référence, Télérama, nous apprend via son site web, et à la section "Télévision", que "Silence radio" vient d'obtenir le prix "Télérama" du documentaire étranger au Fipa 2013 (7). Vous croyez peut-être avoir mal lu ? Alors quoi, c'est de la télé ou de la radio ? Les deux mon adjudant. C'est un documentaire audiovisuel qui parle d'une radio locale de Picardie et de ses auditeurs. On notera le fait rarissime qu'un documentaire ou qu'un reportage parle de radio… à la télévision (8). Je n'ai pas vu le documentaire, mais je note que le réalisateur s'intéresse à ce qui se passe autour d'une émission de radio, pendant et après. On pourrait dire, sans crainte d'être offensant pour la création, que la radio est un prétexte. Un très bon prétexte même car il est assez rare que la radio elle-même s'intéresse aux effets de ses créations sur ses auditeurs. Ici, le cocasse de l'affaire c'est que la télévision pourrait diffuser ce documentaire, juste parce que "ça parle autour et pas de". On se demande alors bien pourquoi ce n'aurait pas pu être un formidable documentaire radio ?

Dans les deux cas évoqués aujourd'hui, c'est l'"autour" qui fait sens et se donne en spectacle. On rêve bien sûr que la radio fasse suffisamment sens pour elle-même pour qu'on en parle autrement… qu'autour.

(1) Ça pose tout de suite le décor et LA référence,
(2) Bien en vu (colonne de gauche), en page 2 de son supplément "Télévision". On notera qu'on ne risque pas d'y parler radio, à moins que…
(3) France Culture,
(4) Les petits, les grands, les seigneurs déchus et autres princes sur le retour,
(5) L'annonce en milieu de semaine ne pouvait plus bouleverser la "belle mécanique" d'ordonnancement de une, établie hors actualité "chaude",
(6) Celui qui vient d'apprendre que son émission s'arrête, de facto, (cause arrivée de sa "remplaçante" à l'antenne),
(7) À défaut de vous taper sur les cuisses, préparez-vous à vous pincer,
(8) Nous ne savons pas encore si ce documentaire sera acheté par les télévisions francophones de par le monde ?

dimanche 27 janvier 2013

Un conteur éternel…






Il est des indicatifs d'émissions de radio qui vibrent plus que d'autres, qui invitent immédiatement de se mettre "à l'arrêt" ou… sur pause. Les "Chroniques sauvages" de Robert Arnaut, le samedi après-midi sur France Inter, créaient ce réflexe. Une musique entraînante, une voix grave, un titre et l'on partait pour presque une heure d'enchantement. Vous le savez, j'aime les histoires, bien faites, bien dites, évocatrices et sensibles. Un twittos passionné (1) m'a rappelé que dans la caverne d'Ali Baba de l'Ina (Institut national de l'audiovisuel), il était une petite perle qui ne demandait qu'à être écoutée.

Arnaut construisait son émission avec les ingrédients propres au laboratoire de création qu'était L'Oreille en coin (2). Des mots, du son, des textes "joués", des intervenants, le tout dans une alchimie extraordinaire qui renvoie les émissions de talk d'aujourd'hui à de vulgaires séances de bla-bla systématique et insipide.

C'est dimanche, (faites donc comme si c'était samedi), prenez une heure, loin de la petite messe des infos, celle que l'on sonne dès le dimanche soir, des fois qu'on aurait oublié qu'elle domine le monde.

(1) @LeProf_Higgins,
(2) voir ici,

samedi 26 janvier 2013

Florilège du samedi…












On a failli couler ! Et, puisqu'on a terminé hier avec la perspective de prendre la mer à Brest en février, faisons un petit "arrière toute" en allant plonger dans les icebergs du début du XXème siècle ! Frisquet, non ? Mais vous préférez peut-être le "plancher des vaches" ou "la petite reine". La petite oui, car la grande c'est du déjà vu ! Cette petite reine, l'infatigable Christian Cleres en a fait une histoire autour de Jacques Anquetil, dit aussi "La Caravelle". Et il court le Normand depuis sa jeunesse et avec un panache qui a bouleversé Paul Fournel, président de l'Oulipo ! Il en parle bien cet homme fasciné depuis l'enfance par son géant. Il en parle même à Alain Finkielkraut.

Bato, vélo, radio. La radio, cette "petite chose" qui est beaucoup plus qu'un accompagnement. Une présence perpétuelle, un rite, une compagne de vie. Elle est là quand je retourne au bois. J 'y vais lentement, à la mesure des multiples petits bruits qui m'entourent et qui me font tendre l'oreille dans tous les sens. Me voilà girouette, capteuse d'ondes, sensible aux vents, aux mots et aux musiques. Inlassablement curieux de ce qui se raconte dans cette boîte magique, que je porte comme un talisman.

Demain 18h, une madeleine de conteur…

vendredi 25 janvier 2013

C.C. nous mène en bateau…










Christian Clères (1), ne quitte jamais vraiment la mer ! Le 10 février, il nous mènera en bateau, en rade de Brest (2), avec dans son sac, la belle "nuit de la radio" qu'il avait concoctée pour la Scam, le 19 juin 2012. Faire la nuit le jour, pour Clères le conteur, n'est jamais qu'une question de point de vue, ou d'horizon. On l'imagine, accoudé au bastingage de l'Azénor, laissant courir son histoire au fil de l'eau et, lissant ses moustaches (qu'il n'a pas), nous faire profiter de ses quatre-vingt-huit minutes "d'invention". Mais, aussi bien, ce gaillard (d'avant) me dirait "on peut faire quelque chose d'aussi fort en huit minutes ou en trois, suffit d'installer le bon tempo…". Vous voilà prévenus, matelots de radio !

Si vous allez à Brest, et embarquez pour la croisière-radio, n'écoutez pas le son ci-dessous. Par contre si vous êtes de par le monde, maritime ou terrestre, c'est l'occasion -Tonnerre de Brest !- d'ouvrir grandes vos écoutilles.

(1) "Fils de marin (son père travaillait à la Compagnie générale transatlantique), Christian Clères a longtemps été auteur pour Claude Villers sur France Inter ( Marchands d’histoires, Les routes du rêve...). Il est également créateur et réalisateur de nombreuses émissions et séries diffusées sur le réseau de Radio France, la RTBF, la radio Suisse Romande ou Radio Canada. Scénariste pour la télévision et le cinéma, il est l’auteur d’une quinzaine de livres." Notice extraite du site de Glénat,

(2) Dans le cadre du festival Longueur d'Ondes, Embarquez pour une croisière radiophonique : la Nuit de la Radio (Scam/Ina) en plein jour dans la rade de Brest - proposée par la Scam en partenariat avec les Vedettes Azénor - Port de Commerce (embarcadère pour les îles) - dimanche 14h - réservation obligatoire au 02 98 49 00 15

jeudi 24 janvier 2013

La reine Christine…






Quand on me dit "La reine Christine" je pense à la rime de Ferré "C'est revoir Garbo Dans la rein' Christine" (1). Et toi Ferré la mélancolie tu l'as, dis ? Et toi Rosset "La radio est liée pour moi à la mélancolie. Mais pas à la nostalgie (au sens "français"). La mélancolie est créative. Elle conduit à lutter" (2).

La mélancolie on l'a quand on découvre Giono l'année même de sa mort (1970). On l'a quand on n'a pas vu "partir" Gérard Sire (3), Denise Glaser et ses Discoramas (4), Kriss ou Claude Dominique. Et les vivants, partis au gré des grilles et des saisons, des humeurs et des "mals façons".

Les temps changent, les façons aussi. Mais foin de radio nostalgie, ni même de radio mélancolie. Ferré, lucide et pas dupe (de son épique époque), ne manque pas de fustiger un "Zitrone pressé" comme, aujourd'hui, ces vedettes d'une télé qui ne craignent pas de manger à tous les rateliers.

(1) La mélancolie,
(2) Christian, producteur à France Culture, sur son fil Twitter, 23 janvier 2013, à propos de la "nostalgie… magnétique",
(3) Animateur et producteur de radio, scénariste et conteur (1927-1977),
(4) Comme ici un extrait de celui avec Ferré.

mercredi 23 janvier 2013

Replay… again (deux trois petites choses)

Paul Léautaud











Le geste magnétique (Part III) 
À la réécoute, peut-être ne fallait-il pas annoncer au début du documentaire, la fin de l'histoire (même si elle est connue) ? Donner le résultat trop vite, gomme l'espace-temps qu'il a fallu pour que la mutation s'installe. Claude Giovannetti montre le "long" passage d'une technique à une autre. Et quand les jeunes générations écouteront dans trente ans ce documentaire, il pourrait leur manquer la mesure de cet espace-temps. Quant à Yann Hegann, ex réalisateur et animateur à RTL et Europe 1, on se serait bien passé de ses comparaisons machistes et lourdement datées.

Paul Léautaud
Surpris par la voix du bonhomme ce mardi matin vers 4h15 (approximatif), on se régale à découvrir que dans sa "carrière" il a été tribun chez un gantier parisien. Robert Mallet, qui l'interviewe, lui demande en quoi ça consiste et Léautaud d'expliquer que ; perché sur une tribune (estrade) très haute, il devait à l'injonction (au cri, à l'aboiement) des vendeurs,  rédiger, illico-presto, la facture correspondant à l'achat, et qu'entre chaque facture il se servait du "papier comptable" pour écrire de la poésie. Donc si vous êtes insomniaque ou très motivé, c'est parti pour une série de 10 épisodes. Comme Philippe Garbit, producteur de l'émission, le désannonce, ces entretiens ont été publiés au Mercure de France. Je vais succomber !

Journée mondiale de la radio 
À vos cassettes !

mardi 22 janvier 2013

Les petits bouts et… le geste

Derniers collants dans le master… M. Guérin










Les "Ateliers de la nuit" nous proposent ce soir "Le geste magnétique" (1) ou l'histoire de l'enregistrement analogique, des bandes magnétiques et du/des gestes qui accompagnaient un travail d'artisan, "d'ébéniste" dirait Claude Giovannetti (2) et peut-être de ciseleur si le son peut être ciselé. Mais je suis surpris d'entendre la voix de quelqu'un qui ne parlait pas à la radio. Ce n'est pas banal, d'entendre quelqu'un qui a passé sa vie à écouter et à entendre, sans que jamais on ne connaisse sa voix. Et puisque que c'est Claude Giovannetti qui "ouvre le bal" l'attention (la tension aussi) est extrême, car c'est si rare que la radio prenne le temps de parler de la radio et des métiers de ceux qui la faisaient.

"Il fallait accepter que la bande se termine", voilà une remarque frappée au coin du bon sens et d'une réalité technique et professionnelle. Une contrainte bien sûr mais avec laquelle les professionnels ont su jouer et s'affranchir. Elle faisait partie de la création. "Et le geste physique (du montage) avait un lien avec la réflexion" (2). Parler de l'odeur, du toucher des bandes magnétiques nous rapproche de l'Atelier d'artisan en prise avec le palpable et l'atmosphère. Et si certaines de ces bandes "fuyaient entre les doigts" c'est bien qu'il y avait à apprivoiser des supports tangibles "rebelles ou sauvages".  Et très vite l'absence de "toucher", de "sensualité", fera basculer le son "d'un monde à l'autre" (3).

Claude Giovannetti cite Jean Genet, "…Tout homme aura peut-être éprouvé cette sorte de chagrin, sinon la terreur de voir comme le monde et son histoire semblent pris dans un inéluctable mouvement qui s'amplifie toujours plus et qui ne paraît devoir modifier, pour des fins toujours plus grossières, que les manifestations visibles du monde. Mais après tout, c'est peut-être à, cette inhumaine condition, à cette inéluctable agencement que nous devons la nostalgie d'une civilisation qui tâcherait de s'aventurer ailleurs que dans le mensurable." La chose est dite et comment ! C'est un boomerang qui finira sans doute par revenir à la face de ce monde en démesure.

"… Avec le numérique, on a perdu le risque" (2). À méditer les nuits d'insomnie !

(1) France Culture, 23h, Marie Guérin, Alain Joubert, Gilles Davidas,
(2) Réalisatrice à France Culture, aujourd'hui en retraite,
(3) De l'analogique au numérique,


 

lundi 21 janvier 2013

Coller des petits bouts…











Cette fois-là tout avait commencé dans le hall du studio Charles Trenet (105) de la Maison de la radio. "La profession" se rassemblait pour rendre un dernier hommage à un homme de radio. On se salue. On échange trois mots. On reconnaît telle ou tel pour sa voix, ou pour son visage connu. J'aborde quelqu'un, croisé le matin même, dans les couloirs de la ronde. Nous parlons radio. Du dernier documentaire qu'elle a produit pour France Culture et du prochain. Je l'entends ensuite en parler avec d'autres professionnels qui se réjouissent d'un tel sujet. Voilà un premier petit bout. Il se colle tout seul dans ma mémoire…

On se retrouve ensuite aux "Ondes" ("Le" bistrot de la Maison de la radio). On n'en parle plus. Mais des images affluent. Celles de mon adolescence où je m'exerçais au sujet en question, un peu maladroit, un peu malhabile, mais assez fier d'en "jouer" et de "faire avec". Je revois les gestes, les outils, les effets… Des sons reviennent en mémoire, des images et des sensations. Celles du tâtonnement expérimental aurait dit Célestin Freinet. Celle d'avoir l'impression de fabriquer quelque chose de ses mains. Celle de la fragilité de la chose. Voilà un deuxième petit bout.

Et puis je me souviens d'un maître qui y a rendu hommage et que nous évoquons avec la productrice. Et d'un mot générique symbolique, tellement évocateur d'histoires en tous genres. Et ce troisième petit bout se colle aux deux précédents. Ces petits bouts de mémoire créent et/ou stimulent une certaine excitation à l'approche de la diffusion de ce documentaire. Ce sera demain. Dernier petit bout, la productrice a eu la gentillesse de m'envoyer un petit son. 

Voilà comment la radio habite mon passé, mon présent et un peu mon futur aussi. Gardez-vous une heure demain car si vous aimez la radio ce documentaire devrait vous combler…
(La suite, demain)

dimanche 20 janvier 2013

Avec ou sans Mimile…

 













Je n'ai jamais tiré aucun feu d'artifice. Et ça ne se fait jamais un 17 juillet, voyons ! Mais des lampions j'en ai mis quelques-uns à ce blog, pour voir, pour savoir si mes petites histoires pourraient intéresser quelques quidams radioteurs et même quelques quidames radioteuses. Dès juillet 2011, vingt petits lampions de billet se sont agités aux vents de l'été avec leur petite lumière vacillante et fragile. Il y a bien eu quelques étincelles. Cent quarante-quatre exactement. Pas mal pour un mois de juillet !

Et puis petit à petit, écrivant chaque jour, à heure fixe de parution, la petite courbe a commencé à monter. C'était dérisoire mais suffisamment encourageant pour continuer. Et puis il y a eu cette Mythologie "in the pocket" (1). Un moment succulent pour raconter des histoires, me caler sur la "rentrée" radio et accompagner le mouvement. Entrer dans l'onde comme d'autres entrent en liturgie. Et remettre chaque jour sur le métier, les oreilles grandes ouvertes. L'Oreille en coin même…

Puis quelques caps "symboliques" ont été franchis, dix mille, vingt mille visites et plus si affinités. Affinités électives aurait dit Francesca Isidori (2). Aujourd'hui dimanche c'est la cent millième visite qui vient de se présenter. Qui l'eût cru ? Pas moi toujours. Et depuis début janvier ce sont trois cent quatre-vingt visiteurs par jour qui frappent à la porte de ce blog. C'est stimulant, encourageant, effrayant. Effrayant, parce que la veine va t-elle durer ? La veine d'écriture s'entend. Car la veine d'écoute ne devrait pas se tarir tout de suite. Ça fait déjà "si longtemps".

Voilà, mes chers auditeurs, un petit billet un peu perso pour vous dire où j'en suis, où nous en sommes de notre compagnonnage radiophonique. Longue vie aux écouteurs de radio et à la radio elle-même. Celle qui chaque jour nous donne à penser…

Merci aux professionnels de la radio qui m'ont soutenu et encouragé, à mes copains blogueurs engagés pour la radio, à ceux qui me lisent chaque jour et ceux qui me lisent de temps en temps, à ceux qui prennent la peine d'écrire des commentaires, à ceux qui en parlent à leur FB ou à leur oiseau bleu… et à celle qui supporte mes "absences".

(1) Merci à Thomas Baumgartner d'avoir repéré dans la nébuleuse des auditeurs, l'écouteur fou (de radio),
(2) Productrice à France Culture.

samedi 19 janvier 2013

Florilège du samedi…

 










Du sensible… prendre une pincée d'imaginaire, chercher l'œuf puis la poule, un brin de pentimento (du bon de là-bas), et monter le tout en manège (1). Laisser mijoter et, le moment venu, ferrez dès l'apparition des petites ondes. Pendant ce temps, asseyez-vous dans votre fauteuil et écoutez Jean le Bleu. Le Jean de Manosque ou d'Écosse, et laissez-vous en conter. N'oubliez pas votre thé, celui que, avec tout l'art requis (2), vous vous servirez à température capitaine (3).

Sauvage, vous fuirez les sirènes, trompettes de la renommée, et autres moulins à prière que jouent quelques petits accros à l'ympho. Pour la régalade totale et pas du tout définitive. En fond sonore vous mettrez un petit blues à la Lomax, la main sur un inventaire à la Perec. Et du blues au zazz… il n'y aura qu'une voix !


Demain à 18h ce sera sans Mimile…

(1) Et même celui de Laura Alcoba, si vous voulez (Gallimard), ou celui de l'indicatif de "Pas la peine de crier", France Culture, du lundi au vendredi, Marie Richeux, 16h,
(2) "Lard recuit" aurait même pu ironiser Silvain Gire, suprême guru de l'art et du thé réunis,
(3) ad hoc.

vendredi 18 janvier 2013

Mali piétiné, Mali éternel…

© François-Xavier Freland












Peut-être qu'il vous faudrait commencer par ça pour prendre la mesure de l'espoir. Et puis aller doucement vers un autre centre de gravité… extrême. Qu'il est bon d'entendre les femmes maliennes parler et… chanter en ce pays de parole. Qu'il est bon de "partager" ce réel-là. Ce réel qui n'est pas encore tombé sous la coupe de l'information urgente. Qu'il est bon d'entendre la musique des mots d'Oumou Sangaré, qui porte haut sa détermination et son engagement pour le Mali. Et Salif Keita et sa musique que nous écoutons depuis des années prend tout à coup un autre sens. Tragique, mélancolique et universel en même temps.

Il ne faudrait pas demain passer à un autre sujet. Il faudrait encore écouter et, écouter encore. Prendre le temps d'arrêter la mécanique assourdissante de l'info. Par dignité et respect pour ceux qui nous ont touchés ou bouleversés. Sinon ce ne serait qu'un documentaire écouté parmi d'autres et, vite, oublié pour autre chose. Mais là, maintenant que nous avons entendu ça, peut-on passer à autre chose ? Il faut du temps pour comprendre une situation difficile. Il faut du temps et du silence. Du recul et du recueillement. Puis, dans quelques jours, revenir à l'écoute. Pour ne pas oublier. Pour dépasser l'information et se frotter au réel.

   

jeudi 17 janvier 2013

Déchaînées… les chaînes (de radio)









C'est vrai on aimerait quelquefois que les chaînes (de radio) les brisent (leurs chaînes) et inventent quelques fantaisies radiophoniques. C'est ce que fait fréquemment Fip en cherchant, au-delà de son "ruban" musical, à nous surprendre… Pour la qualité de ses musiques de films, Fip ne pouvait faire l'impasse sur "Django unchained", le dernier film de Quentin Tarantino, en proposant, sur son site, une jolie page documentée sur le sujet. Et, surtout en donnant à attendre (via Sound Cloud) la totalité de la B.O. du film.

Sans faire de bruit, à sa mesure, Fip creuse son (micro) sillon, n'hésitant jamais à se déchaîner et à nous surprendre. L'esprit qui a présidé à sa création (1971) est toujours là, et la lettre n'en est que plus fidèle. Viva Fip ! (1)

(1) Et aussi Tarantino Connection sur France Musique,

mercredi 16 janvier 2013

Comme c'est chic la radio…

 










Après avoir avalé du foin au petit matin, j'ai, comme tous les après-midi, fait un peu de rodéo et me suis laissé entraîner vers le Plan B. Ce que j'aime avec Bonnaud c'est son éclectisme (1). Pas de tambour, de trompettes, d'annonces fracassantes pour nous dire qu'il va recevoir un économiste pour évoquer la classe ouvrière (à 17h). Quand sur Inter, sur Culture, tant d'autres en font des tonnes dans leurs matinales indigestes, où il nous faut ingurgiter, "si tôt", des données économiques, des analyses d'experts et autres enfilages de perles "tendance éco", bien plombés par une cadence infernale. À l'heure où ailleurs on lève le pied sur les "problèmes de société" (2), Bonnaud s'intéresse encore aux ouvriers (on aurait aimé que l'entretien avec Bertrand Rothé dure une heure), et on tombe de l'armoire à quelques fines analyses de l'économiste qui ne ménage pas ce PS qui a "tourné le dos à la classe ouvrière".

Comme très souvent Bonnaud et ses invités donnent envie de lire, d'écouter, de comprendre et d'aller plus loin que la seule émission de radio. Ne l'ai-je pas déjà dit, c'est une qualité ? Et je vais devoir rajouter sur la pile, qui n'attend que ma disponibilité temporelle pour s'amenuiser, ce bouquin pour essayer de comprendre ce "coup de balai" sociétal, que les Peugeot, Renault et autres Florange risquent de lire avec dépit et désespoir !

(1) Il a co-animé des émissions avec Rebecca Manzoni qui aujourd'hui anime Eclectik, France Inter, le dimanche à 10h15,
(2) et où certains font dans la ronflette courtisane et littéraire… 

mardi 15 janvier 2013

Grand mix…




Hier matin, sur l'oiseau bleu, je reçois en copie ce message : "Janis Joplin puis, hop, une semaine de Grand Mix tous les matins 9h-13h sur @laRadioNova. Eteignez RMC, fuyez RTL." Ce message émanait du bon @DocteurSchless, dit aussi Thomas Schlesser (1). Je n'ai jamais encore écouté aussi longtemps "Le grand mix" (ça viendra un jour) mais j'ai beaucoup aimé l'injonction "Éteignez RMC, fuyez RTL.". C'est clair et radical. Je suis personnellement en incubation de RMC depuis fin novembre, dès potron-minet (et avant 9h) pour voir de quoi il retourne. Je devrai en parler bientôt. Quant à RTL, je n'ai rien écouté depuis les émissions d'été de Philippe Labro. Et vous, écoutez-vous ces radios, à quelle heure, pourquoi ? On pourrait commencer ici un "mini-forum" de discussion sur le sujet. Qu'en pensez-vous ? Merci mes chers auditeurs de poster vos avis et si, par la-même, vous écoutez "Le grand mix" parlons-en aussi !

(1) Historien de l'art et journaleux. Travaille pour et Beaux Arts magazine, la Radio Nova et professeur à l'Esag Penninghen. (Texte de présentation de son profil Twitter). Ex chroniqueur sur Arte dans feu le magazine culturel, 28'…

lundi 14 janvier 2013

Après le micro coupé… la panne






Pas la panne d'écriture je vous rassure, ni même la panne d'idées… mais différentes circonvolutions bretonnes m'ont empêché d'écrire mon billet quotidien. Je vous propose donc de regarder par ici, et de plonger dans le bois pour prendre un grand moment d'humanité. Et, de cette chanson qui monte de la forêt, vous pourrez doucement aller vers cette chanson-là. Vous prendrez deux bonnes heures de sérénité qui, en cet hiver où le froid arrive enfin, réchauffent l'âme.

dimanche 13 janvier 2013

On va couper le micro…

Hein quoi ? C'est une menace ? Non ? Ah c'est une fiction ? C'est à cause de la grève ? Ça va pas durer ? Si ? Pourquoi ? Non, mais vous savez que sans son ça n'a plus de sens ? Vous coupez souvent comme ça ? Ah, c'est un moyen de pression ! De pression de quoi ? De pression du son ? De compression plutôt, non ? Pas forcément mais là je vous tends la perche… Mais l'alternative c'est quoi ? Le silence ad vitam aeternam ? Une pause ? Oui, une pause… C'est bien, ça, une pause.

samedi 12 janvier 2013

Florilège du samedi…

 




Ça c'est très sympa ou l'art de rentrer dans les secrets de fabrication de la radio…Mais peut-on en faire toute une histoire. Pour cela il faut un talent, et même plusieurs ! Ou alors il faut faire le mistigri mais bien le faire. Ou alors il faut être un pape de la radio. Ou un trublion qui en son temps avait mis le pied (et pas que) à France Culture. Un autre avait mis les deux pieds à France Culture, à la campagne, et à la mer. Un sacré corsaire des ondes ! J'ai pas dit un pirate. Et à quelques encablures, dans sa boutique à écrire, un autre raconteur revoit son vieux transistor et c'est le prétexte d'un flashback avec les années 60. 

Avait-il un perroquet en cage ou en liberté ? Écoutait-il Radiolo sur son transistor ? Le Radiolo payé par Radiola pour vanter la radio et inciter à l'achat, à longueur d'émissions "parrainées". Des fois "pour le fun" on aimerait que ce Radiolo revienne dans quelques programmes bien insipides qui se sont installés sur la radio publique. De quoi en faire quelques nuits blanches… Autant dire sortir le Plan D, soit la mémoire en chantant, soit tenter un ou plusieurs "la la la". Mais tout ça n'est-il pas un peu fragile ?

Demain 18h, comme une madeleine de dimanche…

vendredi 11 janvier 2013

Grève Grave Grive…






Donc France Inter est en grève, enfin "certaines catégories de personnel" et les médias commencent à s'agiter ou même à essayer de comprendre. Risible, pas la grève, mais que les médias s'interrogent avec ostentation. N'ont qu'à lire les communiqués du Syndicat National des Journalistes et autres infos internes et… écouter les infos. Ah zut il n'y a plus d'infos sur Inter. Grave ! Y'a pas plus de répondeur de Mermet que de Téléphone sonne et encore moins d'Émile Franc (celui qui fait le jeu). Mais il y a un "ruban musical" (1). Lors de la précédente grève, (novembre ou décembre) des responsables et/ou les rédacteurs du compte Twitter de la chaîne se vantaient (sans gêne) d'avoir mis sur le site d'Inter la playlist du ruban musical, comme si c'était un événement. Comme si les auditeurs d'Inter n'avaient jamais eu la curiosité d'écouter Fip. Comme si les auditeurs d'Inter étaient définitivement scotchés à leur radio sans oser aller "voir" ailleurs. Les responsables d'Inter se frottent les mains, les auditeurs (pensent-ils) nous restent fidèles. Certains oui, mais les autres ? 

Qu'ils viennent donc sur Le Mouv' écouter la matinale d'Amaelle Guiton, sur France Musique Le magazine de Lionel Esparza, sur France Culture La fabrique de l'histoire et plus si affinités. Mais que ceux qui aiment les rubans (musicaux) aillent sur FIP et découvrent une chaîne vraiment originale avec des choix musicaux étonnants, des standards, des nouveautés et des INS-TRU-MEN-TAUX. Et, en début de soirée, des émissions de légende comme JAZZAFIP

Allez les super-pantouflards d'auditeurs d'Inter, faites comme la grive, prenez votre envol et venez tendre vos oreilles vers d'autres chaînes du service public ou vers… Arte radio !

(1) Avec annonce en boucle de la dite grève plusieurs fois par heure.


jeudi 10 janvier 2013

Diriger une radio…

 


En ces temps où, auditeurs de France Culture, il nous arrive d'avoir quelques vapeurs, j'ai trouvé intéressant de réécouter la "causerie" que Jacques Rigaud donna à la Librairie Dialogues (1) et que l'on peut entendre sur le site de l'Oufipo. Au moment où il prenait, en 1980, ses fonctions à RTL, ceux qui étaient en place ont pensé "Il va nous faire France Culture !" Et l'on se prend à rêver "Mais qu'aurait donc fait Jacques Rigaud s'il avait dirigé France Culture ?"

Que cette "incursion" en territoire brestois vous motive pour venir faire un tour au prochain Festival Longueurs d'Ondes qui fêtera ses dix ans en février prochain.

(1) À Brest 20 janvier 2011,

mercredi 9 janvier 2013

Pour tout vous dire…










Pour tout vous dire… je vous le dis chaque jour ! Pas de changement. Et pourtant si. Je vous propose d'écouter Jean Renoir parler des changements du siècle (le vingtième), alors que, lors de son entretien avec Jean Serge (1), nous venions juste d'en passer la moitié. J'aime énormément la voix gouailleuse de Renoir (et son cinéma aussi) et j'aime assez son regard posé sur les choses de la vie. Il nous renseigne d'une époque et d'un point de vue original. L'écouter, au cours des quinze entretiens (2) qu'il a donnés à cette époque-là, permet de contrebalancer le mouvement perpétuel de l'actualité qui nous assaille. Il nous donne du grain à moudre pour nous frotter avec le réel (3)

Ces entretiens pourraient être le fil rouge d'une série consacrée au changement, dans le même esprit de ce que fait Jean-Noël Jeanneney tous les samedis (4). Si le "fameux" 5 à 7 qui vient de s'installer sur la grille de France Culture, s'était appelé le "6 à 8", on voit bien comment ces entretiens (et d'autres) auraient pu trouver leur place dans "Du grain à moudre" (5). Choisir perpétuellement le prisme de l'actualité immédiate, agitée comme un hochet par France Culture, participe et du consumérisme forcené et de l'infotainment (6) et font s'éloigner inexorablement la chaîne de l'esprit qui était le sien d'aborder la culture dans toutes les acceptions du mot (7).

(1) Radiodiffusion Française, 17 octobre 1958, à environ 17', Renoir évoque l'avenir de la radio,
(2) Disponibles à l'écoute en streaming sur l'Ina,
(3) Pas celui que voudrait convoquer dans l'urgent immédiat le directeur actuel de France Culture,
(4) France Culture, Concordance des temps, 10h 
(5) France Culture, du lundi au jeudi, 18h20-19h,
(6) Anglicisme, genre de programmes (télévisés, cinématographiques, etc.) fournissant à la fois de l’information et du divertissement,
(7) Laissant à la chaîne généraliste France Inter le soin de faire cohabiter savamment programmes et informations, puis à France Info de se spécialiser dans l'information en continu… 

mardi 8 janvier 2013

En vœux-tu, en voix-là…

© Jean-Michel Tixier











Ben ceux-là je les aime vraiment et j'y ajoute quelques mots :
SORTIR DES STUDIOS, SURPRENDRE, OUVRIR LES GRILLES, CRÉER DES PETITS PROGRAMMES TRÈS COURTS, DES VIRGULES JOYEUSES, SAUTER LES HEURES (JUSTES), JOUER DES PLEINS & DES DÉLIÉS, OSER CASSER LE CADRE (AUSSI) POUR LES PROGRAMMES, FAIRE JOUER LES CONTRE-EMPLOIS, S'AFFRANCHIR DE L'ACTUALITÉ, CRÉER UNE WEB RADIO ARCHIVES, FAIRE LE TOUR DE FRANCE PLUSIEURS FOIS ET PAS QU'EN DIRECTION DES VILLES, S'AFFRANCHIR DES INVITÉS, LAISSER DE LA PLACE AU DOCUMENTAIRE, IGNORER LES TENDANCES, NE PAS TOUT MISER SUR LE DIRECT, INVENTER DES SOIRÉES ABSOLUMENT INÉDITES, METTRE DE LA CHANSON OÙ IL N'Y EN A JAMAIS, SORTIR DU TALK ET DES TUNNELS D'INFOS DES MATINALES, VALORISER LA CRÉATION SOUS TOUTES SES FORMES, INVENTER D'AUTRES FORMATS, NE PAS NÉGLIGER LE SON, RELANCER LA RECHERCHE, NE PAS TOUT MISER SUR LES NVX MÉDIAS, ALLER AU CONTACT AUTREMENT QU'AVEC LE BARNUM, DÉPASSER LE SPECTACLE… POUR QUE VIVE LA RADIO ! YO  

lundi 7 janvier 2013

Sans titre…







Je suis dubitatif et pour le titre de ce billet et pour son sujet. Vendredi dernier en fin d'après midi France Culture communiquait. À savoir différentes rédactions (presse et autres) étaient informées qu'une "minuscule" modification interviendrait sur la chaîne à partir du 7 janvier (1). Minuscule, on va voir ? De quoi s'agit t-il ? Le créneau horaire qui va de 17h à 19h et concerne les émissions "Sur les docks", "Le journal" et "Du grain à moudre" (du lundi au jeudi) va dorénavant s'appeler le 5 à 7 (sic), et ce aussi le vendredi.

Au-delà de l'anecdote qui ne manque ni de surprendre, (il y a lurette que les heures d'après-midi ne se disent plus avec les mêmes chiffres que ceux du matin, ce qui, de fait, permet de les différencier), ni d'interroger (l'expression "un cinq à sept" dans les années 60 ne concernait pas un créneau de travail mais plutôt une plage de rencontre "galante" pour ne pas dire autre chose), on se demande bien pourquoi des émissions bien structurées vont tout à coup se retrouver "chapeautées" ?

Elles seront chapeautées par Hervé Gardette, l'animateur et producteur du "Grain à Moudre" (2) qui, au-delà de l'animation de son émission, jouera l'anchorman pour toute la session de 17h à 19h. Session au cours de laquelle la chronique de Vincent Lemerre (17h55) ne bouge pas. Pourquoi donc avoir "inventé" cette session qui "rapproche" artificiellement des émissions qui ne le sont pas. "Sur les docks" concerne le documentaire et sa longue maturation et fabrication, "Du grain à moudre" concerne l'actualité immédiate ou légèrement décalée. L'animation de la tranche est confiée à un journaliste, Hervé Gardette.

Cette idée de rapprocher ou d'établir une certaine cohérence, harmonie, complémentarité entre deux émissions différentes est pour le moins surprenante, quand la direction actuelle n'a pas souhaité pour ce qui concerne les soirées (après 21h) reprendre ou réinventer les célèbres "Nuits magnétiques" et autres "Surpris par la nuit" (3). Il y aurait donc deux poids, deux mesures. Un 17/19 rassemblé et des soirées ponctuées avec le carillon de l'horloge à heure juste ! Bizarre, bizarre.

Je n'ai aucune compétence de voyance et n'aime pas ici faire des pronostics qui ne seraient fondés que sur l'intuition, mais quand même, cette fois-ci, je ne résiste pas à m'interroger de ce qu'il adviendrait le jour où une actualité "chaude brûlante" nécessiterait, du point de vue de la Rédaction, un développement exceptionnel qui l'inciterait à proposer de remplacer un numéro de "Sur les Docks" par une "soirée spéciale" autour de l'événement ? Ce n'est pas bien sûr Hervé Gardette qui est, serait en cause mais une Rédaction, dirigée par Jean-Marc Four, qui pouvant adapter et le journal de 18h et "Du grain à moudre" n'aurait plus qu'à s'immiscer dans le créneau précédent ! 

Pourquoi la direction n'a t-elle pas inventé le "18 à 20" ? Cette question ne risque pas d'être posée par les gazettes (quotidiennes ou hebdomadaires) qui se revendiquent de "référence" tant sur ce coup-là, elles se sont contentées de paraphraser le communiqué de presse. Il y avait pourtant quelque chose à dire sur ce "lifting" de programme. Il y avait à se rappeler le formidable "Staccato" d'Antoine Spire qui de 1997 à 1999 (4) a su faire des fins de journée de la chaîne, de 18h15 à 19h45 (de mémoire), un assemblage judicieux de culture, d'économie, de politique, dans une tranche enlevée et riche d'ouverture et de sens.

"La mémoire courte" semble aussi bien frapper la presse que les directions successives de France Culture, alors même que la chaîne s'apprête dans moins d'un an à fêter son cinquantième anniversaire ? Guettons, hagards, l'intervention du directeur de la chaîne qui, ce soir peut-être à 18h, nous en dira plus que lors de ses vœux au cours desquels il n'avait pas jugé utile de nous parler de cette "adaptation de la grille", qui en apparence pourrait donner l'effet d'un lifting, quand il s'agit peut-être à moyen terme d'en changer l'esprit pour ne pas dire la lettre.

(1) "France Culture lance une nouvelle session d’antenne, le 5 à 7 présenté par Hervé Gardette (lundi  au jeudi) et Olivia Gesbert (vendredi). Deux heures pour explorer et débattre des enjeux de l’époque. A partir de 17h, documentaires, magazines d’actualité, reportages, tables rondes, chroniques et des grands journaux."
(2) Du lundi au jeudi, 18h20-19h,
(3) Ces deux émissions produites par Alain Veinstein, sans parler des "Passagers de la nuit" produites par Thomas Baumgartner qui auraient pu jouer la continuité…
(4) Période de direction de Patrice Gélinet,

samedi 5 janvier 2013

Florilège du samedi…






Vous vous souvenez, lundi on était en décembre. Dans une lumière particulière. Un noir très noir et un blanc gris, très gris. Janvier a tout lavé. Le blanc s'approche du blanc. Lundi nous étions en décembre. Nous prenions le bus en sifflotant. Et par un passage intérieur secret, nous étions très vite plongé dans l'Alaska. Elle était là, stoïque et souriante. Sans voix. Enfin, sans voix ce matin là. Son accent l'avait quitté quelques instants pour s'acclimater au froid. Mais ses yeux parlaient pour elle. Elle aurait pu venir avec ses archives papier. Des boîtes, des cartons, des cahiers, sur la glace gelée. Fière comme Artaban. Mais c'est le silence qu'elle apprivoisait. Et le silence

Et puis il y avait Marion avec ou sans sa baguette de sourcier. Une voix, Marion et pas qu'une voix. Du sens et une façon sensible d'aborder le monde. Rien que ça, oui. Rien que ça ! Enracinée aussi sa radio, comme quelques autres. Et, celle-ci, n'est-elle pas absolument bouleversante ? Aussi inattendu, Bernard Pivot qui, bien des années avant d'être fan de Twitter, s'essayait à l'humour à la radio. C'était sans compter avec le pire de la Vème République, sourcilleuse, empesée et autoritaire. Pour finir voilà de quoi aborder votre fin de semaine en Haute-Fidélité (comme vous l'êtes à ce blog)…


Demain 18h, une madeleine pour les rois ou pour la reine…

vendredi 4 janvier 2013

J'ai écouté la radio…



Ah bon ? "Et d'habitude comment fais-tu, tu la regardes ta radio ?" Ben non, je l'écoute, bien que je sois très sollicité pour aller voir les bobines des causeurs sur Y.T. ou sur Dailymotion. Je l'écoute, et particulièrement hier quand j'étais dans les bois. Hier, t'étais dans les bois ? Non, c'était les bois qui étaient dans la radio… Et c'était un enchantement. 

Bon, bien sûr, je n'avais pas en même temps la géolocalisation des lieux, ni même une dizaine de liens sur l'histoire de l'épicéa, sa gestion et son exploitation. Rien non plus sur ce massif du Jura ou la forêt du Risoud dont je ne saurais rien de mieux si je veux louer un gîte ou simplement aller m'y balader un après-midi de printemps. Quant à comparer les régions du monde où l'on trouve ce bois de résonance, pas la moindre data-carte en vue.

Mais question lien avec l'imaginaire alors là, chapeau Cécile Guérin. Ça a fonctionné à merveille. Les connections étaient au top. Et cette belle histoire je l'ai fait résonner une deuxième fois, dans la foulée. Un enchantement, vous dis-je !

jeudi 3 janvier 2013

À la radio… on peut tout entendre





Mais pas tout avaler ! Si quelqu'un n'avait pas eu la bonne idée de tweeter, ce matin, l'info comme quoi Olivier Poivre d'Arvor avait présenté ses vœux à France Culture, la chaîne qu'il dirige, je ne les aurai jamais entendus. Mais d'abord écoutez-les ! Comme moi vous serez peut-être surpris d'entendre une annonce, à la limite de la "machouille", pour ne pas dire un peu bâclée ou même expédiée. Entendre ça est stupéfiant : "Pas de monde selon cette semaine de Laure Adler mais plutôt pour écouter et commencer la bonne année, écoutez donc les vœux du directeur de France Culture, adressés à vous chers amis auditeurs les vœux du directeur Olivier Poivre d'Arvor".

C'est quoi cette diction, cette façon de "se débarrasser" d'une chronique pour mieux passer à autre chose ? Pourquoi un texte aussi peu élaboré, avec des répétitions, l'absence de ponctuation ? Pourquoi marquer l'absence de Laure Adler et ne pas s'en tenir aux vœux du directeur ? Ceux-ci commencent par "Et oui, un petit mot en cette fin d'année…" Bigre je me pince, ne serait-on pas le 2 janvier ? Est-ce qu'à la dernière minute Laure Adler a fait savoir qu'il n'y aurait pas de "selon" ce mercredi matin ? Est-ce quelqu'un a écouté le "bobino", pour au moins proposer à l'animateur de la matinale de préciser que c'est une rediffusion ? Est-ce qu'on n'aurait pas pu "supprimer" les premières secondes qui évoquent un texte dit en 2012 ? 

Cette façon de se faire enfermer dans la rigidité d'une grille plus implacable que celle des mouvements d'avion à Roissy, a quelque chose de totalement renversant. Pourquoi ne pas donner une autre place au directeur de la chaîne ? Pourquoi caser ce son-là à tout prix ? Pourquoi ne pas proposer une respiration, une musique, une archive, ou… (et en avoir un bon paquet sous la main pour tous les "aucazou") ? L'expérience des équipes techniques et de l'animateur de la matinale est patente, alors pourquoi donner cette impression de totale amateurisme et d'empressement, alors que la matinale n'a démarré que depuis quarante-sept minutes ?

Il faut juste que Marc Voinchet et ceux qui travaillent avec lui prennent le temps d'imaginer que l'auditeur écoute, et mieux, écoute attentivement, et qu'au titre de cette écoute attentive il n'est pas prêt à "gober" tout et n'importe quoi, au seul prétexte d'une pseudo "priorité à l'info" ou tout autre formule creuse, un rien méprisante pour l'auditeur de France Culture qui, depuis cinquante ans, n'a pas toujours eu à subir ce "gavage infomaniaque". Ce modèle de matinale traitée comme "une charge de la brigade légère" a t-il quelque chose à voir avec l'esprit de la chaîne dont le leitmotiv est, faut-il le rappeler, la culture ?

Quant aux vœux, que je n'ai pas écoutés lors de leur diffusion initiale, j'ai surtout entendu évoquer des opérations médiatiques type "24 heures" et le cinquantième anniversaire de la chaîne. Avant cette célébration, se posent toujours la question du séquençage par heure des différentes émissions et l'organisation des soirées où le documentaire devrait trouver sa place dès la fin du feuilleton (1). À trop se focaliser sur le prestige on pourrait en oublier l'essentiel, le quotidien, le minuscule. Ces "petites attentions de rien" qui faisaient tout et particulièrement l'excellence de la chaîne. Qui faisaient…

(1) Plutôt qu'être relégué à 23h. 

mercredi 2 janvier 2013

Le mois du blanc…

Vous avez bien lu, le mois du blanc et non pas l'émoi des blancs. Le mois du blanc ce pourrait être l'occasion pour une chaîne publique de tourner autour de ce thème. Et d'y tourner le jour car la nuit ce pourrait être un peu facile. Encore que… la nuit… Essayez donc ces silences-là ou ceux-là et peut-être vous mettront t-ils K.O. ? Et puis ce silence qui précède une rencontre, on se voit au bout de la rue ou sur la place, et on ne dit mot.

Tenez voilà bien quelqu'un qui savait jouer du silence dans ses émissions de France Culture ou de France Inter. Quant à elle, elle ne faisait aucun bruit mais, grâce à elle, l'antenne prenait une autre couleur. Grâce à elle aussi avec qui j'ai pu en parler dans le brouhaha d'une terrasse de café parisien. Mais c'est avec elle que par dessus tout j'aurai aimé partagé le silence. 

 

Et vous, avez-vous, allez-vous, faire une cure de silence TV pour mieux entendre ce que la radio invente chaque jour en dehors des formalités-formatés ? Allez-vous ouvrir plusieurs de vos podcasts qui sommeillent, ou enclencher quelques minis-K7 (sic) poussiéreuses qui gardent quelques trésors, ou prendre quelques sons sur le oueb, ou vous dépêcher d'écouter la série sur Bourvil. Moi, je vous proposerai bien de (ré)écouter ça et vous verrez votre journée en sera vraiment bouleversée.
(à suivre)