mercredi 31 août 2011

Hees… un groupe

Depuis hier on le sait grâce à la conférence de presse - et c'est nouveau - on va pouvoir "écouter Radio France"… Je m'explique ! La grande idée de Jean-Luc Hees pour sa présidence  est de fédérer les 7 chaînes du groupe (quelquefois il dit "marques", c'en est). Au delà de cette volonté politique il faut des actes forts et des démonstrations.Ils/elles devraient s'installer progressivement…

Le film d'animation qui va être diffusé dans les médias audiovisuels résume parfaitement l'esprit de "maison commune" (que d'aucuns appellent aussi "maison des artistes") qu'il veut insuffler au groupe. Je me retrouve parfaitement dans les personnages qui jouent à "saute-bouton". Quant à la légèreté et à la fraîcheur du dessin de son créateur Jean-Michel Tixier c'est un petit moment de fantaisie bien agréable… qui j'espère décomplexera les auditeurs fidèles qui n'osent pas tendre l'oreille ailleurs… et qui surtout auraient tendance à rester dans leur chambre (d'écoute) quand, de la cave au grenier de la maison, se jouent d'autres partitions.

Qu'il m'en a fallu des arguments et des exemples pour convaincre telle ou tel de mes amis de faire un pas de côté pour écouter la différence là où, sans slogan, elle était bel et bien présente ! Chacune de ces chaînes ne manquant pas de revendiquer, qui une armée mexicaine d'auditeurs, quand d'autres préservaient jalousement leurs noyaux durs d'auditeurs triés sur le volet mais pour lesquels le volet pouvait avoir tendance à vieillir. 

À cette conf' Il fallut bien la faconde et la bonhommie d'un Julien Delli Fiori (directeur de FIP) pour repousser d'un coup de gueule - comme un ours devant son miel - les abeilles qu'on appelle sur les ondes des taux d'audience. De la musique avant toute chose disait le poète ! (1) 

En conclusion Jean-Luc Hees n'en finit pas avec ses amours, il veut et organise une " Synergie de groupe ©" (2). Écoutons voir et composons nous-même quotidiennement notre plus belle grille Radio France !


(1) L'art poétique Paul Verlaine, mis en musique par Léo Ferré et titre d'une émission de Claude Dufresne dans les années 70 sur France Inter
(2) Synergie, en hommage à son émission d'Inter. Je dépose cette formule dans l'éventualité où "des pas écouteurs" de radio s'en serviraient abusivement sans citer leur source. 

Le compte-rendu de la conférence de presse sur le site de Télérama sous la "plume" de Valérie Lehoux est affligeant et totalement désespérant de la capacité de journalistes… à écouter la radio. Comparer en trois quatre émissions ce qui rapprocherait Europe 1 de… Radio France est grotesque…

mardi 30 août 2011

Maurice Biraud… un papou dans la tête




Magiques Papous sur France Culture (1) ! Qui eût cru un jour que Maurice Biraud (2), humoriste radiophonique des années 60 et 70 entrerait au Panthéon des Papous ? Pas lui assurément qui se croyait trop populaire - comme son public d'Europe n°1, disait-on à l'époque - pour imaginer un jour croiser le mot avec des spécialistes de la langue et de l'écriture !  Il se serait sans doute tapé sur les cuisses d'apprendre qu'il était "le Napoléon de la TSF" dixit Patrice Delbourg lui-même (3). Et ce que nous raconte Delbourg est passionnant, " en 1954 il fait sept prestations sonores par semaine, en 1957 il devient le "grand timonier ludique" d'Europe 1 (4), puis de Radio Luxembourg. Son record toutes catégories se porte à 25 participations pour toute une semaine !!! Il deviendra le stakhanoviste du calembour (5). Son ton gouailleur, titi, casse avec les belles voix de la radio. ".

Et cet homme ne pouvait pas ne pas rencontrer Audiard dont il magnifie les textes. Je conclus avec ses gammes sur la musique et les musiciens. "Les Bramhs m'en tombent", "Pourquoi tant de Haydn", "Austère Litz".

(1) L'émission du dimanche 28 août 2011, à 52'
(2) 1922-1982, le même jour qu'Aragon pas idéal pour une nécro à la Une,
(3) Les jongleurs de mots, Écriture
(4) De 9h à Bibi (surnom de Biraud), titre d'une de ses émissions sur Europe n°1,
(5) Ça rime avec Luxembourg !

lundi 29 août 2011

Radio Toaster

Toaster Radio Russell Hobbs


 Peut-être avez-vous comme moi l’occasion de lire moults chroniques dans la presse ? Que vous soyez bon lecteur ou non vous pouvez avoir plaisir à relire un paragraphe, une phrase et prendre le temps d’en tirer la substantifique moelle !! À la radio, même très concentré, il faut prendre au vol les idées, les digérer et s’en faire une opinion ou, un point de vue en moins de temps qu’il n’en faut au Maître de Cérémonie pour « sans transition… » passer à autre chose. Oups !

Et je ne parle pas de l’enfilade-de-chroniques-débitées-au tempo-de-l’égrenage-frénétique-du-chapelet-de-la-meilleure-bigote-de-la-paroisse. Amen! Cet empilement confine au grotesque et à «la fuite dans les idées». Indigeste, insoluble, indubitable. Pour un invité, une thématique, entendre en contrepoint un point de vue –décalé, engagé, orienté– participe de l’ouverture aux idées. Trop de points de vue tuent le point de vue. Surtout quand ces chroniques deviennent le pré supposé même du modèle d’émission à promouvoir, la posture obligée de suivre l’air du temps chroniquant ! Jetez un œil sur les sites de nombreuses émissions du service public et vous lirez une mise en avant des chroniqueurs comme si c’était sur eux que reposaient les émissions. Sont-ils des faire-valoir de prestige ? Le prestige de quoi ? D’un nom, d’une façon, d’une tournure d’esprit ?

Comme je l’écrivais le 18 août, j’en connais même qui ont réglé leurs toasters sur les matinales. À chaque fois que les pains grillés sautent une chronique démarre ! Attention aux petits déjeuners indigestes tant les chroniques sont devenues les parasites modernes de la radio.

dimanche 28 août 2011

La messe est dite…




Avant même le passage du cyclone "infodure" annoncé dès demain sur toutes les ondes de la galaxie radio… la messe est dite. Ce cyclone infomaniaque risque de s'installer durablement et de balayer sur son passage toute la création radiophonique et ce pendant longtemps. Les prévisionnistes les plus optimistes parlent d'une décennie. C'est l'effet collatéral du dérèglement d'un climat de grosses chaleurs médiatiques autour de l'évènement porté minute après minute au pinacle de l'information. Quand je dis l'évènement ce n'est pas un évènement plus qu'un autre (même si en mai… 2012). Tout est évènement et chacun prend une place considérable de communication. Les radios du service public s'y engouffrent (les autres ne sont pas en reste) et la création radiophonique n'est pas loin d'être en berne. Qu'on s'entende bien, Machin qui reçoit sur son "plateau" l'aréopage à la mode ce n'est pas de la création radiophonique. 

Alors oui un dimanche comme celui-ci, un dimanche du passage de l'été à ce que les camelots appellent la rentrée, je triture mes podcasts, ajuste mes Mp3, m'installe le casque sur les oreilles et fonce vers mes archives. Pas celles avec de la poussière. Celles bien récentes de l'été ou même de l'été dernier.

samedi 27 août 2011

LeBlack a baissé pavillon…

Radio-Caroline



Pour quitter le navire, LeBlack a baissé pavillon. Celui de la flibuste, des petites mers, des alizés et quelquefois celui du grand large à… Saint-Malo pour ses parades sur la route du rock. LeBlack a baissé pavillon et vous, mousaillons qui le suiviez depuis vingt ans, savez vous qu'il a pris la mer au début des 70' sur le bateau pirate d'Artur ? José Artur. Le Pop Club qui s'app'lait le rafiot (1). Et certains soirs ça tanguait sur le pont comme à fond de cale. Artur le Pop. Artur le pape de la radio.

73 cap sur la Jamaïque et les îles du reggae. Le cap'tain est plus jeune, Blanc-Francard qu'on l'appelle. Un vrai loup-garou qui hurle sur le rock par tous les temps. LeBlack est le second. Et ça chaloupe un max' sur la pirogue "Bananas"(2). Dans le corps des filles comme dans les sound-system où le dub envahit les ondes d'Inter en fin d'après-midi.

La musique chevillée au corps LeBlack n'en a que de bons retours. L'occase en juin 78 de créer Feedback (3). 21h/22h, seul à la barre. Le voilà Captain' de ses ondes et tous les soirs Van Halen les déchire dès l'indicatif. LeBlack hisse haut le pavillon noir et met le cap pour un très long voyage au long court. L'Inrockkuptible (4) vigie fait escale dans tous les ports on' the rock. Ça tangue toujours, ça chaloupe et ça s'écarte petit à petit du rock de croisière pour fureter du côté des corsaires, des pirates et autres flibustiers acides. Ô sombres héros de la mer.

LeBlack roots a maintenant changé de patronyme. C'est Lenoir. Indépendant. Magnifique amiral de la flotte à la chevelure d'argent. Pour se faire de nouvelles sensations il hissera bien haut le pavillon des Blacks Sessions. Du noir, du rock et quelque fois même de la chanson. C'est Lenoir.

Après tant de traversées le forban vient de mettre sac à terre (5). Et sur sa terrasse face à la mer, il plisse des yeux, attrape la longue vue et scrute l'horizon. Un cargo rouge y est ancré, il balaye la coque et sourit en lisant en lettres blanches un peu rouillées "Radio Caroline" (6). Un clin d'œil à l'histoire, à son histoire. Aux ondes pirates. À celles qu'il a fait passer dans les siennes. Son sac n'est pas loin. Il verra. Il laisse faire. Quand il n'en pourra plus il accostera peut-être le navire et à fond de cale reprendra du micro. C'est pas l'homme qui prend la mer… c'est la mer qui prend l'homme ! (7)

(1) Le Pop-Club, 1ère 1966, dernière 2007, France-Inter
(2) Saison 1972-1973, France-Inter, avec Patrice Blanc-Francard, aujourd'hui directeur du Mouv'
(3) France-Inter
(4) Un autre nom qu'il se donne et donne à une de ses émissions, clin d'œil appuyé à ses amitiés avec l'hebdo Les Inrockuptibles et à Jean-Daniel Beauvallet journaliste de l'hebdo,
(5) Le 25 aôut 2011
(6) Voir aussi le film "Good Morning England", Richard Curtis 2009
(7) Renaud Séchan

vendredi 26 août 2011

J-3


Comme annoncé dès la création de ce blog ses pages vont s’ouvrir en grand dès lundi 29 août, jour de rentrée pour la radio publique ! L’affaire est prête. J’ai profité de l’été pour installer l’arrière boutique. J’ai mis sur les étagères les plus belles bobines, dépoussiéré les photos, rafraîchit les étiquettes et inscrit de nouveaux titres. À partir de lundi comme tout bon feuilleton radio qui se respecte, chaque épisode sera publié à 18h(1). L’objectif est à la fois de réagir sur l’actualité de la production radio mais aussi sur l’histoire de ce média sensible marqueur du quotidien. Vos commentaires sont bienvenus particulièrement s’ils permettent d’enrichir cette petite histoire de la radio. À lundi 18h donc.

(1) exceptés les problèmes de connexion indépendant de ma volonté,

Une voix, des voix…

 


Il fallait bien Colette Fellous pour nous rappeler qu'en radio LA VOIX c'est l'accroche sensible et essentielle, essentielle bien avant le… contenu. Si la voix ne passe pas… rien ne passe. Cette assertion a du prendre un sacré coup dans l'aile (particulièrement dans l'oreille des responsables) puisqu'on doit supporter aujourd'hui de belles parleuses et de beaux parleurs promu pour leur "surface" médiatique quand leurs voix, leurs prononciations, leur vulgarité est absolument exécrable (1). Ces "gens-là" n'ont même pas conscience qu'à la radio on ne parle pas comme… à la télé. 

La banalisation de cet organe et ses effets montrent bien que quelque chose à changé dans la comète radio, et ce profondément. Aujourd'hui l'effet recherché est l'effet médiatique, la renommée, la reconnaissance, le résultat d'audience immédiat. Quant à la démarche il y a lurette qu'elle est passée par "pertes et profits".

Collette Fellous, dans sa "Mythologie dpdlr" (2) nous montre avec quelle patience, quelle détermination et quel apprentissage elle est arrivée à maîtriser la production d'une émission. Un an pour la produire et en passer par toutes les étapes essentielles. Aujourd'hui foin de tout ça ! Machin dont on parle beaucoup va venir faire sa chronicroquette tous les matins dans l'émission de Truc. "Ça rajoutera du prestige et du buzz". Quelle dérision !

À la voix il faut ajouter le tempo, la cadence et les silences. Quelques notions qui sont en train d'être rangées au musée des souvenirs… radio.

(1) et je ne parle pas du p'tit rigolo qui fait chaque matin sa chronique au téléphone,
(2) 26 août 2011, France Culture

jeudi 25 août 2011

Feedback… sans retour

 
Bernard Lenoir a décidé ce soir de tirer sa révérence à la nouvelle grille d'Inter. Je voulais dans quelques jours écrire sur lui. Je me souviens de la première de Feedback, juin 78, avant le célèbre indicatif de Van Halen, il commence par remercier José Artur (qui l'avait fait débuter au Pop-Club au début des années 70). J'avais beau ne plus l'écouter depuis des années, je trouve moche et con son départ. "Relégué" à 23h15 ni lui ni sa productrice Michelle Soullier n'y auraient trouvé leur compte. J'en reparle bientôt. 
Message de B. Lenoir (ce soir) "Salut à vous, Entre musique pas comme les autres et vie au grand air, j'ai enfin choisi. Merci pour ces longues années de complicité et de soutien indéfectible. Cela ne sera pas facile de vivre sans ce rendez-vous quotidien. Vous me manquerez. Caresse et bise à l'oeil". (via la newsletter de l'émission 'C'est Lenoir').

Monique le Marcis…

Monique Le Marcis et Philippe Labro



"Tout pour la musique" c'est ainsi que l'on pourrait résumer la longue carrière à RTL de Monique Le Marcis, responsable artistique de la station comme la présente Hélène Hazera dans un article de Libé (1). À l'écouter au micro de Philippe Labro (2) on découvre une femme exceptionnelle de "délicatesse et de sensibilité". Tout le contraire de ce que la chanson et le show-biz ont produit depuis les années 60.

Monique le Marcis aimait les artistes et les artistes le lui rendaient bien. Elle occupait une position privilégiée un temps où la radio avait à elle seule (ou presque) un pouvoir énorme de prescription auprès des auditeurs-consommateurs. Alors quand Roger Kreicher (3) veut unifier la programmation musicale il la choisit pour s'en occuper et donner "une couleur à l'antennne". Monique le Marcis à mille souvenirs précis de ses années radio sans jamais une seule fois tirer la couverture à elle. Incroyable et… touchant.

Dans l'ombre d'une station qui se revendique au sommet, Monique Le Marcis a participé de l'histoire de la radio moderne. Elle avait toute sa place dans la Mythologie de poche de la radio (4). Souhaitons qu'à l'occasion d'une prochaine série Thomas Baumgartner puisse l'y inviter.

Ajout du 17 octobre 2012
À propos de mon billet sur Ferré/Barclay j'ai cherché à m'entretenir avec Monique Le Marcis, nous avons "conversé" par mail. Voici ce qu'elle m'a écrit :
"Entrée en 1959, à ce qui était encore RADIO LUXEMBOURG, j’ai commencé à faire partie d’un comité d’écoute en 1963/1964 et suis devenue Directrice de la programmation musicale en 1970 – RTL depuis 1966 – tout en restant à la Direction des Variétés auprès de Roger Kreicher. J’ai donc accompagné l’arrivée du Groupe Prouvost, vécu celle de Jean Farran à la tête de RTL, continué avec les années PhilippeLABRO. Vu le relooking de la rue Bayard avec la façade VASARELY, la venue de toute une génération de journalises, animateurs, et animatrices, de réalisateurs, l’installation des nouveaux studios.  

Accompagné surtout la vision, la mise en forme, d’une nouvelle radio, avec la proximité de l’auditeur et enfin, en ce qui me concerne, la mise en place d’une véritable  politique artistique avec de grandes émissions musicales, de grands évènements musicaux, un relationnel suivi avec les artistes. Ce fut une belle aventure qui s’est terminée à ma demande en octobre 1996, au moment où beaucoup de choses changeaient, dans l’univers du disque comme dans l’évolution des radios, notamment face aux radios musicales formatées.

J’ai connu les plus belles années d’une radio, “MON RTL A MOI”, sur les chansons des plus belles générations d’artistes, interprètes, auteurs, compositeurs, arrangeurs. Ils furent là tous la jusqu’à mon dernier jour à RTL."


(1) Hélène Hazera qui depuis de nombreuses années anime Chanson Boum ! sur France-Culture à minuit le samedi 
(2) Mon RTL à moi, 7 août 2011
(3) Voir sur ce blog l'article "Radio Luxembourg"
(4) France Culture, grille d'été 2011

mercredi 24 août 2011

France Culture… la chanson



Arnaud-Fleurent Didier a commis en 2010 un petit opus musical intitulé France Culture qui, à mon avis, n'a jamais effleuré les ondes de la station éponyme ni même fait l'objet d'une émission et pourtant… y a de quoi ! 

Extrait : «… On ne m’a parlé de Marx, rival de Tocqueville, ni Weber, ennemi de Lukacs, mais on m’a dit qu’il fallait voter. Elle n’a pas caché mais a tu l’existence de Rousseau, de Proust, de Mort à crédit, ils n’ont fait aucun commentaire sur Mai 68, ni commentaire sur la société du spectacle, mais ils savaient que Balzac était payé à la ligne et qu’on pouvait en tirer un certain mépris. Ils ne connaissaient pas d’histoires de résistance ou de Gestapo… »

Le titre de son album s'appelle "La reproduction" et là on sourit. À cinq jours de la conférence de presse de rentrée du groupe Radio-France on se demande bien ce qui va être… reproduit à France Culture et sur les six autres chaînes du groupe. La presse en a déjà écrit beaucoup (1) ! Qu'apprendra t-on mardi prochain qu'on n'ait déjà écouté le lundi ou lu sur les sites des chaînes respectives ?

Nous en reparlerons le 31 août et… dans les jours qui suivront à la lecture des journaux ou des hebdos. Nous "découvrirons" alors des portraits bien léchés de telle ou tel qui a "gagné" au jeu des chaises musicales, de tel/telle autre pour qui "c'est une vraie surprise de se retrouver à la radio", et enfin d'untel qui rend un hommage vibrant à une voix incontournable de ce métier. N'attendons, pour autant, aucune enquête, reportage, analyse de fond sur l'évolution du média radio, ni sur l'alternative qu'il représente à la télévision et aux autres médias sur écran, des fois que cela donnerait d'heureuses surprises…

Mais au fait pour parler radio qui, parmi les journanlistes "média", écoute de façon professionnelle la radio ?

(1) Livres-Hebdo, Télérama

mardi 23 août 2011

Tintin rejoint Haddock… sur Inter

Alexandre Heraud reporter, rejoint le capitaine Jean Lebrun sur France Inter pour animer une émission quotidienne en soirée, de 21h à 23h (1). Et l'on ne nous dit rien de Milou ?

(1) Livres-Hebdo, "La guerre des ondes est lancée", 23 août 2011

L'info en tunnels, en bouchons, en…

 
Il suffit que le chat saute sur un papillon ou que le grille-pain siffle pour que notre écoute attentive de la radio soit distraite… et pourtant nous nous sommes donnés les conditions d’une écoute attentionnée. Tous les sondages montrent que le pic d’écoute de la journée en radio se situe le matin entre 6h et 9h. Or à cette heure-là nombreux sont ceux qui avalent le bitume et le gavage surdosé des informations - intercalées avec la pub -, les chroniques, les guignols, la pub, les chroniques et l’inamovible invité politique. Si c’est supportable en voiture ça l’est moins dans sa cuisine ou son bureau.

Et quand il n’y a pas de pub (comme sur France Culture) le séquençage des différentes rubriques incite à la déconcentration. Trop c’est trop. Mais ce n’est sûrement pas assez pour le journaliste «qui a sûrement quelque chose à dire » comme le bateleur Bellemare qui, au milieu des années 70, sur Europe n°1 s’esclaffait : « il y a sûrement quelque chose à faire… »

Et si, de temps en temps, les journalistes n'avaient enfin plus rien à dire immédiatement et que d’autres types de programmes venaient enrichir les matinales ? D’avoir imposé le gavage d’infos au petit déj’ ne veut pas forcément dire que tout le monde soit à même de l'ingurgiter sans nausées ! Quand sortirons-nous de la tyrannie de l'info ?

L’auto-promo de Radio-France annonce deux trois fois par jour la pluralité de l’offre des sept chaînes du service public. Si pluralité il y avait il n’y aurait pas tant d’infos à tous les étages, toutes les heures et, plus encore de 6 à 9 chaque matin. 


On cherche encore le bison futé qui pour sortir des tunnels, des bouchons et des autoroutes de l'info nous fera prendre une fréquence de délestage, quitte à folâtrer sur les… vicinales.

lundi 22 août 2011

Les voix de Julie





Je me souviens avoir vu à Paris en 1982, une affiche 4X3 qui disait à peu près ceci «Radio Libre : Viviane Blassel… Ivan Levaï lui a rendu son nom… » et en visuel une photo de Viviane Blassel, bien sûr celle d’Ivan Levaï (très gros plan), plus le logo de la radio… Europe 1(1). L’idée était d’essayer pour cette radio périphérique de s’imposer parmi les nouvelles «radios libres» qui poussaient comme champignons. Je passerai aujourd’hui sur la condescendance du slogan (à l’origine Viviane était « meneuse de jeu » dans cette station, avec licence de lettre et tout le fourbi), sur le machisme outrageant d’Ivan Levaï et sur l’entreprise de séduction bien lourdingue pour attraper des auditeurs qui avaient très envie de se rincer les esgourdes dans le «champ des possibles» plutôt que d’écouter Levaï pontifier.

Ce matin, dans les Mythologies de poche de la radio de Thomas Baumgartner, Julie d’Europe 1 (c’est son nom, revendiqué par elle) a eu du mal à sortir de cet « enfermement » de son prénom hérité du temps où elle aussi était "meneuse de jeu".  Humble, aux aguets (au micro et dans le studio), effacé pour laisser la place aux journalistes, aux invités, aux auditeurs. Même si quelquefois - trop peu souvent à son goût - elle a pu aller plus loin avec des animateurs ou journalistes complices, et même si sa nouvelle direction vient récemment de lui demander son avis ! On commence juste à effleurer le personnage Julie quand elle évoque Françoise Céloron (2), sa sœur.

Un peu comme l’a fait Julie au cours de l’émission je m’en sortirai par une pirouette. Julie à choisi ses voix et… elles sont impénétrables !

(1)  dès sa création en 1955, Europe 1 avait inventé «un ton nouveau» se démarquant de celui pompeux de la RTF et de l’ORTF, 
(2)  productrice à France Culture et dans mon souvenir précis au « Pays d’ici".

dimanche 21 août 2011

Big fat man

 






On dirait que le dimanche s'est étiré, depuis les croissants au beurre jusqu'au début de soirée avec des histoires, des voix, des contes, un enchaînement-enchantement subtil. Un patchwork de collages sonores. De la poésie sans le dire, du reportage sans estampille, de la chanson intercalée. Le dimanche après-midi passe. Fluide, généreux et ouvert sur le monde. L'évasion a été totale. Sans image, sans tambour… 18h la fenêtre ouverte va se refermer. Au loin la trompette de Jim Wild Carson et la désannonce de l'émission va suivre. On avait l'oreille ouverte, tendue, à l'extrème, captive. On avait l'Oreille en Coin.






Thomas Baumgartner
L'oreille en coin, une radio dans la radio.
22 ans de week-ends sur France Inter.
Préface de Cavanna.
Nouveau Monde éditions
2007
(l'illus ci-contre vient de son blog "autour de l'oreille")

Kriss, les dimanches…




C'était en 1995, je crois, en plein mois d'août. Kriss animait "Dimanche en roue libre" qui devait durer au moins deux heures. Je l'écoutais chaque semaine. Là, loin de ma Bretagne, au pied de la montagne de Lure chère à Giono, je montais en voiture à presque 20 à l'heure pour savourer sa parole. Elle recevait un fabricant de confitures artisanales. C'était magique. Personne sur la route, aucune habitation, une certaine paisibilité et la joie communicative de Kriss, qui donnait tout de suite envie de goûter aux confitures ou à ce qu'elle aurait eu envie de nous faire découvrir. Non seulement Kriss était dans ses sujets, mais avec, comme une partie d'elle-même qu'elle nous faisait partager. 

On ne pouvait pas l'écouter d'une oreille distraite, on partait aussitôt à sa suite, on l'accompagnait au quotidien ou le dimanche depuis l'Oreille en coin (1). Elle faisait partie de notre histoire, simple. Elle était beaucoup plus qu'un rayon de soleil, elle était la vie, pleine et entière, avec toutes ses facettes, et surtout une énergie pétulante. Elle a enchanté mes dimanches et c'est à elle que je pense souvent ces jours-là, même si sa voix n'enchante plus la radio. Vous pourrez toujours l'entendre ci-dessous, for ever !


(1) L'oreille en coin, France Inter, 1968-1990, de Jean Garretto et Pierre Codou, du samedi 14h au dimanche 19h, "une radio dans la radio".

samedi 20 août 2011

Philippe Caloni… matinal


 
Alors que dans les coursives de la Maison Ronde bruisse de la Matinale à tout va (le 29 août rentrée oblige ), j'ai une émotion particulière à me souvenir de Philippe Caloni qui, sur Inter donnait à sa matinale (1) un ton, une force, une personnalité qui font apparaître celles des chaînes de Radio France un peu trop formatées, pour ne pas dire beaucoup trop lisses (2). Je ne trouve nulle part une archive où je pourrai m'y replonger, mais merveille de l'Ina, une interview  (3) de Marcel Bleustein-Blanchet le père de Radio-Cité (4). Voilà ce qui s'appelle faire d'une pierre deux coups ! Caloni et Bleunstein racontant le reportage de Radio-Cité sur l'Anschluss.

La petite et la grande musique de Caloni (5) nous manquent. Son rythme et sa chaleur. Il était sur le pont et ouvert alors qu'aujourd'hui les anchormen (6) sont dans des tunnels (d'infos) et fermés.(7)

(1) 1982-1987
(2) "C'est sans doute l'une des plus formidables bêtes de micro que j'ai rencontré, se souvient Gérard Courchelle, alors rédacteur en chef de la tranche matinale de l'époque. Il avait une capacité d'improvisation, de pugnacité et de décontraction à l'antenne qui reposait sur une très grande culture", Le Monde, juillet 2003
(3) Atout-Pic, Antenne 2, 1984,
(4) et de la réclame devenue publicité,
(5) Après aussi avoir animé et produit Quotidien musique sur France Musique de 1976 à 1982, il quitte en 1987 Radio-France pour RTL. En 1995, il revient au service public sur France Culture, il décède en 2003
(6) Anchorman : l'homme ancre, le pilier de la matinale
(7) Philippe Caloni, Longtemps je me suis levé de bonne heure, Belfond

vendredi 19 août 2011

Le bon plaisir… de la cuisine

L'antarctique…


Le bon plaisir : émission culte de France Culture qui en trois heures prenait le temps de recevoir un chercheur, un écrivain, une chanteuse… (1)

… de la cuisine : celle qui concerne la radio, comment ça se fait, comment l'alchimie, ce qui ne s'entend pas et qui un jour sort du bois ?

Ce matin Stephane Deligeorges dans sa Mythologie (dpdlr) a, au-delà de sa voix, ajouté les suppléments d'âme qui, même si comme moi on est un peu retord aux sciences, donnent envie de l'écouter. Je regrette de n'avoir pas podcasté (impossible à l'époque) le Bon Plaisir de Pierre-Gilles de Gennes (2) particulièrement pour ce que les archives nous ont donné à entendre ce matin : Fanny Ardant lisant des définitions de notion de physique.(3)

Voilà l'alchimie, voilà les croisements merveilleux, voilà une radio enthousiasmante et magique !

Et Deligeorges évoque l'équipe pour "faire l'émission", la place et le rôle de chacun (4). Ça me parle puisque accompagnant en son temps, Alexandre Heraud, François Teste et Olivier Beurotte pour un "Vif du sujet" à Molène, j'avais pu voir ce jeu d'équipe absolument complice. Deligeorges est de "l'école de la voix". On aimerait que lui et d'autres fassent encore école au sein de la Maison ronde !


(1) « Nous sommes sur le point de réaliser le 500e numéro du « Bon Plaisir ». Toute notre histoire culturelle est contenue dans cette série d’émissions." Jean-Marie Borzeix in Radio Exception, Le débat, n° 95, mai-août 1997,
(2) Prix nobel de physique en 1991, décédé en 2007
(3) Et de Gennes de dire "la physique quand c'est lu par une tragédienne c'est encore mieux",
(4) "la chimie solitaire, la radio en équipe", Thomas Baumgartner.

jeudi 18 août 2011

À la radio… ça s'voit pas !

je la vois ! je la vois !


« La radio ? J’ai commencé par la regarder, avant de l’entendre, de l’écouter puis de la pratiquer. » (1)

Regarder la radio c’est une image anachronique et réaliste. J’ai vu mes grands-parents regarder le poste de radio et comme eux je l’ai regardé et, entendu avant de l’écouter à mon tour. Aujourd’hui la radio rythme la vie quotidienne et il n’y a plus lieu de rester devant pour l’entendre. De là à l’écouter ! D’ailleurs certains que l’on n’écoute plus aimeraient bien que les images les sauvent. Ils s‘y emploient à la radio avec des tics télévisuels, du jargon, des effets, des descriptions qui n’ont rien à voir avec l’écoute mais avec la vue.

Pourtant «A la différence de la télévision qui hypnotise le spectateur, la radio a pour elle d’être fluide et mobile. Un seul sens étant mobilisé, comme lors d’une lecture, l’auditeur conserve tout son esprit critique et laisse libre cours à son imagination.» (2)

Le revoilà notre imaginaire, bien malmené dans la cacophonie et l’empilement de la parole dans tous les sens, en une logorrhée perpétuelle et démente qui finit par ressembler au serpent qui se mange la queue. La parole dévore la parole qui dévore… Et il n’en reste rien, même pas le silence. Rien ni dans la tête ni dans le cœur. Juste un bruit de fond parmi les bruits de fond alors que la radio nous permettait un décalage, un pas de côté, une distance et une perspective immense.

Avec la radio nous pouvions construire une pensée alors qu’aujourd’hui il semble bien que ce soit le rouleau compresseur de la défaite de la pensée (3) qui se soit mis en marche ! J’en connais même qui ont réglé leurs toasters sur les émissions du matin. À chaque fois que les pains grillés sautent une chronique démarre ! Radio Toaster fera l’objet d’un prochain épisode.

(1) Radioactif, Pierre Bouteiller, Robert Laffont, 2006
(2) Jean-Marie Borzeix, Radio Exception, Le débat, n° 95, mai-août 1997,
(3) Titre d'un livre d’Alain Finkielkraut.

514m O.M.









Décodage du titre : 514 mètres, en Ondes Moyennes, petit émetteur qu'utilisait Inter, pour des décrochages de radio-guidage pour les parisiens, à la fin des années 60… 

Et qui, dès janvier 1971, va être dévolu à France Inter Paris qui prendra d'abord le nom de FIP 514… Une aventure initiée par Roland Dhordain (le directeur d'Inter à l'époque) et mise en ondes par Garretto&Codou qui depuis 68 ont fait leurs preuves avec TSF (1). 

Mais le 3 janvier 2011 qu'écoutiez-vous à la radio ? Je parierai que "Vous avez loupé Marie-Martine" (2) le feuilleton des 40 ans de FIP ? (3) Au cours des deux premiers épisodes c'est Jean Garretto qui présente le projet, tendez l'oreille sa parole est rare à la radio. En 20 épisodes, vous pourrez réécouter ce qui a fait la "patte" de Fip avec entre autre la voix espiègle de Kriss qui "douce, douce" devait désénerver l'automobiliste bouchonné.

17h/jour à sa création et "60' de musique par heure" (4), Fip a toute sa place dans la galaxie. Dommage que sa couverture ne concerne pas toute la France…

 

(1) TSF 68, TSF 69, TSF 70 qui deviendront L'Oreille en coin, du samedi après-midi au dimanche soir sur France Inter,
(2) Pour l'instant la série est indisponible sur le site de Fip,
(3) Réalisé par Gilles Davidas,
(4) C'est Garretto qui annonce le "slogan.

mercredi 17 août 2011

Un journal inattendu…




Ce qui nous manque le plus tous les matins sur France Culture, c’est un invité qui nous livrerait son journal inattendu (1) fait d’archives (2), de souvenirs, de poésies, de chansons avec un fil rouge que déroulerait une productrice ou un producteur.

L’invité tournerait les pages de son journal, lui inventerait un titre, proposerait une maxime adaptée, un éditorial à sa façon ou puisé dans les archives de l’INA. Il /Elle se ferait chroniqueur en rebondissant sur un événement qui l’a touché. Conteur en nous faisant découvrir son jour au singulier en un montage habile de différentes archives. Elle/Il pourrait commenter un dessin simple facilement imaginable à la radio ou, comment un personnage de dessin a pu nourrir son propre imaginaire. Curieux de science elle/il sortirait chaque jour de
l'Oeuf de Colomb
(3) une histoire à nous faire devenir plus intelligent. Et nous ferait partager ses émotions à l’écoute d’un son ou d’une voix particulière, et sûrement d’une chanson qui porte ses émotions.

On serait nourri par ce journal, chaque matin différent et sensible, qui permettrait de faire un pas de côté. Il serait le fruit d’un travail important d'écriture et de montage en amont. Il n’aurait rien à voir avec l’actualité. Il n’y aurait aucune chronique de spécialiste (4). Au cours d’une heure «décalée» (5), il serait à la mesure des pages tournées et retournées, celles qu’on prend le temps de lire, celles qu’on survole,…

Et une fois ce «journal» refermé on saurait vraiment ce qui nous manque le plus à la radio aujourd’hui: l’inattendu…

 
(1) Créé en 1967 sur la radio RTL, le samedi à 13h,
(2) Comme l’était «Un jour au singulier"/Geneviève Ladoues (FC), ou «Histoire d’un jour»/Philippe Alphonsi, Europe 1,
(3) Pendant plusieurs étés au mois d'Août diffusion quotidienne sur France Culture de l'Oeuf de Colomb une émission de Paul Caro et Jacques Meunier (plus de 150 numéros réalisés en 1991, 1992, 1995, 1996, 1997, 1998, qui sont régulièrement rediffusés) 
(4) Sauf peut-être Pierre-Marc de Biasi
(5) De 6 à 7h, et mieux de 7 à 8 h, du lundi au vendredi,

Indicatifs… en boucle

La pochette du Steely Dan




Bon si passant n’importe où en France ou dans le monde vous entendez ça cela vous renvoie immédiatement à l'émission inusable d’un animateur de la radio publique (sauf si entre 68 et 88 vous n’écoutiez pas Inter). C’est gravé profond !

Garretto & Codou avaient fait appel à Jim Wild Carson pour l’Oreille en coin(1). Jean-Luc Hees (2) à un «tube» de Steely Dan et, vous aviez beau l’avoir entendu avant, à jamais il restera associé à cette émission pour peu bien sûr que vous l’ayez écoutée un tant soit peu (3)… France Culture n’est pas en reste et Francesca Isidori avec Minellos m’a fait découvrir Rubin Steiner. Quant au Café de Flore (4) je l’ai entendu pour la première fois dans l’émission de Dominique Rousset. Pierre Bouteiller avant de devenir directeur de France Musique(s) utilisait pour les indicatifs de ses émissions de F.Inter des "standards" du jazz. Jetez une oreille sur Surfboard (5) et vous y reviendrez.

Je ne peux m’empêcher de conclure avec
Lujon (6) «mon» must, indicatif d’Easy Tempo de Thierry Jousse et Laurent Valero. On reviendra plus tard sur le Van Halen de Bernard Lenoir, le Loup-Garou de Blanc-Francard ou le Pas de Panique de Claude Villers (7). Ces « ritournelles » (parmi des milliers) sont plus que des indicatifs elles font ressurgir des voix, des époques, des souvenirs et bien souvent des frissons.

(1)   Aujourd’hui Pdg de radio France,
(2)   Big fat man, France Inter, 1968-1990,
(3)   Hey nineteen, Synergies, France Inter, fin des années 80, 
(4)   Café de flore,Doktor Rockit, émission de 2006
(5)   Surfboard, Antonio Carlos Jobim,
(6) Lujon, d'Henry Mancini, France Musique, dimanche 23h
(7) Jessica, Allmans Brothers, France Inter, 1974-1976 

mardi 16 août 2011

L'instant pop





Vincent Théval fait sa troisième saison d'été sur France Musique avec L'instant pop. Je viens de m'"enquiller" les 32 épisodes parus depuis le 4 juillet. 32 pastilles de pop qu'on entend nulle part ailleurs ! C'est un peu une formule, mais à priori pas sur France Culture ni sur Le Mouv'. On aurait envie de se faire sa compill' (j'vais m'géner) et de filer cash sur la Nationale 7 (gros bon cliché) et de rouler à la mesure du V.T. (Vincent Théval) vers les coquillages et crustacés de St Tropez (merci B.B.).

Dites M'sieur Olivier Morel-Maroger * vous allez pas nous laisser partir le Vincent. Il reste toute l'année, il est à la bonne heure, du lundi au vendredi. Et puis le samedi vous lui donnez genre 90 mn. Il fera la paire avec le Michka du dimanche. Parce que tout bien additionné la pop sur FM c'est peau de chagrin. Et vous n'avez pas envie d'être chagrin M'sieur Olivier Morel-Maroger ? France Musique doit nous sortir du marasme ambiant et VT y participera cash ! Bon pour l'instant je ne suis pas un très grand relai d'opinion mais à partir du 25 août ça risque de changer. Si je vous croise à la conf' de press' de rentrée j'vous en reparlerai.

Bravo à Vincent Théval pour sa sélection de traverse.
* directeur de France Musique
Olivier Morel-Maroger
Olivier Morel-Maroger
Olivier Morel-Maroger

L'ABC System

Le A
L'avantage des "mythologies de poche de la radio" (1) c'est quand on peut y entendre un ex-directeur de chaîne publique qui, ayant pris du recul, a l'humilité nécessaire pour analyser des méthodes, des pratiques, et un savoir-faire certain (au feeling la plupart du temps). C'était le cas ce matin avec Pierre Wiehn qui de 1975 à 1981 a dirigé France Inter.

Le B
Sa première remarque ne manque pas d' à propos quand il constate "on était dans un sport collectif on est passé à l'individuel". Sans le dire il stigmatise les individus (les vedettes) qui cannibalisent la promotion (d'eux mêmes) sous couvert de mettre en avant la chaîne qui les emploie. Et non sans humour d'une ritournelle qui a dû beaucoup circuler il parle pour construire une grille de programmes de l'ABC System".
Entendez : Artur (José, Le Pop-Club), Bouteiller (Pierre, Embouteillage), Chancel (Jacques, radioscopie). Trois piliers de la station avant l'arrivée des "petits jeunes" Villers, Blanc-Francard, Lenoir… Mais dans son inventaire Wiehn ne manque pas de citer Kriss pour lequel il a de très beaux compliments ("c'était une libellule") et une vraie reconnaissance professionnelle. Nous y reviendrons dans un prochain épisode ispicial Kriss.

Le C
Wiehn montre qu'en définitive passé les gadgets de mesure d'audience, les vedettes du petit écran ou du grand qu'on fait venir devant les autres, "il faut inventer, et pour cela il faut des femmes et des hommes". On sent l'humanisme poindre pour porter un projet média, un projet d'équipe assez en décalage avec la culture actuelle de l'hyper personnalisation.

(1) France Culture, grille d'été, 6/7h ou 20/21h, du lundi au vendredi

lundi 15 août 2011

Après le pirate… le sauvage



« J’imagine d’emblée une sorte de radio dans la radio, une enclave indépendante du reste de l’antenne,… Au fond, je vais conclure un pacte avec la nuit. Faire en sorte qu’elle ne nous coupe pas le son mais donne son plein sens, au contraire, au pouvoir de l’écoute. A une heure relativement tardive 22h30, pour beaucoup, de la plus vive disponibilité, je propose de créer un programme qui tenterait de renouveler l’auditoire de France Culture par l’expression d’une curiosité et d’une sensibilité plus contemporaine. Sur une durée significative (une heure et demie), de façon à être en mesure, justement, de jouer la carte du programme et non pas de l’émission, il convenait de mettre en place un lieu de vie, c’est à dire de surprise, d’émotion et de passion où les paroles vivraient en harmonie avec les sons. » (1)

N’est-ce pas une formidable orientation, magnétique, pour (re)créer un espace particulier à la radio, qui s’installerait confortablement dans la nuit et sortirait du schéma simpliste d’un séquençage cadencé avec… l’horloge parlante ? Et comme le dit si bien Alain Veinstein, en jouant la carte du programme et non pas de l’émission, nous pourrions de 22h à minuit et demi (en s’affranchissant du couperet de l’info de 22h) profiter d’une radio qui bannirait direct et plateaux et ferait la part belle à la création radiophonique.

L’affaire est «simple» encore faudrait-il qu’il y ait des désirs d’invention, de création, de surprise, de recherche, d’innovation, de bouillonnement pour que, dans tout ce qui se passe le soir partout, la radio soit une des propositions attractives reconnue et une alternative au «tout écran». Il faut réinventer les espaces ouverts de l’imaginaire qui ont sûrement à voir avec des espaces de sérénité. Tout le contraire de ce qu’en face produit la télévision.

Il faut redonner envie d’écouter sans voir. Absolument.

(1) Alain Veinstein, Radio sauvage, Le Seuil, 2010