mardi 6 décembre 2011

La parole à l'œuvre… de Marion Thiba (1)

 





Il faudra un jour m'expliquer pourquoi si la télévision n'arrête pas de s'auto-congratuler, s'auto-satisfaire, s'auto-décorer, la radio et particulièrement France Culture attendent souvent que ses producteurs-productrices ou techniciens soient morts pour (re)mettre en onde leurs travaux ? Celles et ceux-ci ne mériteraient-ils pas que la radio s'attarde, de leur vivant, sur leur parcours un peu comme a su le faire Thomas Baumgartner dans ses Mythologies de poche de la radio ? Voilà qu'on fête Bory (1) et félicitons le Festival Longueur d'Ondes, neuvième du nom, d'avoir offert la possibilité à Marion Thiba de revenir sur son riche parcours radio (2).

Il y a au moins deux façons de faire de la radio, on gribouille quelques fiches, on s'installe derrière un micro, en ânnonant quelques questions, dont on écoute à peine les réponses, tant grâce à cette "tribune" on installe - grâce à l'invité - sa propre renommée ! France Culture a succombé aussi à cette triste façon de faire et il n'y a qu'à s'en désoler.

Marion Thiba a appris la radio sur le tas avec la possibilité de s'exprimer en direct (Le Pays d'ici) - alors que cette "façon" est méprisée sur Culture-, et d'exercer son métier de documentariste (La matinée des autres, programmes d'été). L'objectif de création de Marion Thiba est de "donner la parole à des gens qui ne l'ont pas", de mettre "la parole au cœur de la réalisation", et d'en faire "la parole à l'œuvre". Voilà bien un projet de création radiophonique avec un objectif et des angles d'approche qui marqueront le style de la productrice.

Les extraits d'émission (3) qu'elle nous a proposé d'écouter ce samedi 3 décembre collaient à ce principe et nous avons pu écouter "ce qui ne se dit pas dans les mots", comme elle-même Marion savait le faire auprès de ceux qu'elle rencontrait, pour "capter le réel" (4). Et de nous dire combien sa connivence professionnelle avec sa chargée de réalisation, - Christine Robert-, était essentielle. Quand son sujet de documentaire est choisi, elle "oublie" tout ce qu'elle sait et repart de zéro. Ce long travail d'incubation, d'écriture et de reportage, puis de montage n'a vraiment rien à voir avec la facilité du bavardage en studio. Ce n'est pas le même métier et pourtant ce ne sont pas les documentaristes qui alimentent les quelques lignes rédactionnelles des journaux !
(demain la suite)

(1) voir billet du 5 décembre,
(2) France Culture, de 1984 à 2000,
(3) Gens de maison (série d'été) : Suzanne Hascoët, "bonne à tout faire"
(4) dans sa grille d'été 2010, France Culture a rediffusé plusieurs documentaires de Marion Thiba (Gens de maison, Les hommes du plomb, Marine Marchande, Les hommes du rail, Les travailleurs de la mer)

1 commentaire:

  1. Pour qui n'aurait jamais entendu le travail de Marion Thiba notez que l'INA propose dans son catalogue: "Le Rugby ou Le mystère de la balle ovale" réalisé par Christine Robert et mixé par.....un certain Yann Paranthoën (excusez du peu)

    RépondreSupprimer