mercredi 29 mars 2017

Les braqueurs… Tito (3/3)



"C'est comme si j'avais l'impression d'avoir été fait pour ça" dit Tito. Fait pour ça ? Braqueur ? Oui, pour ce troisième épisode de la série de Pascale Pascariello, ce qui nous titillait depuis l'histoire de François se révèle absolument : braqueur c'est un métier. Avec, comme pour les métiers recensés par l'Insee : des qualifications, des procédures, des codes (vestimentaires), un langage, des usages, des références, des nomenclatures de d'outils, des procédures. Et même un code de "bonne conduite". "Un bon braquage c'est rentrer propre et sortir propre". Renversant.

François, Miki, Tito ont montré leurs exigences de précision, de confiance indispensable envers leur partenaire, de respect des règles qu'ils se fixent et partagent, de rigueur vis à vis du contrat passé avec eux-mêmes ou avec l'équipe. Et "le mode opératoire" dit Tito. "Mode opératoire" ? Quel langage, mais quel langage ! "On" n'a plus affaire à des voyous, mais à des scientifiques, des ingénieurs, des ouvriers spécialisés et pas des O.S.. Des experts même qui pourraient très vite être sollicités par les banques, les assurances, les musées,… La belle image de "Robin des bois", d'Arsène Lupin et autres Spagiarri (é) est à ranger dans la série "Contes et légendes". Là on est dans le "cinéma" du réel. 

Alors là c'est presque sûr, "C'était pas mieux avant", pour reprendre le slogan de Patrice Blanc-Francard (3). Oui avant, en 1979, pas sûr que Radio France ait pu diffuser un documentaire sur "Jacques M'…" (1). Alors oui, de ce point de vue là c'était pas mieux avant. Même s'il existait des espaces de liberté radiophonique, les A.C.R., les "Nuits magnétiques",… Le travail de Pascariello est exemplaire à, plus d'un titre. En n'intervenant jamais dans la narration. Elle renforce la "prise de paroles" de ses contacts. En les faisant livrer ce qui d'habitude est indescriptible. En captant justement leur professionnalisme.

Cette série est de ce point de vue époustouflante. Mais bien au-delà de la vérité dont elle témoigne, elle tente un autre regard, sans image, sans clichés, sans a-priori sur un monde parallèle hyper structuré, hyper efficace, hyper souple. Secret. Comme une société secrète. Mais dont trois de ses membres ont accepté de témoigner. À voix nue ! Comment fictionner après ça ? Alors ça c''est une autre histoire ! 








(1) Jacques Mesrine, 'l"Ennemi public n°1", abattu au volant de sa voiture, Place de Clignancourt (Paris), le 2 novembre 1979,
(2) 18 juillet 1976, Société générale, Nice, "Le casse du siècle" et un slogan laissé par les casseurs : "Ni armes, ni violence et sans haine",
(3) Homme de radio,

Au vol… aux vents des ondes, de jour comme de nuit !

D'une attention soutenue portée à une chaîne (et pas à deux), "on" a fini par s'éparpiller et, attraper au vol ce qui passe au-dessus de nos têtes. Plane en vol libre sur les rézozozios, ou sur les chaînes elles-mêmes. 

Bob Dylan, fin des années 60. © Getty / Bettmann

















Aujourd'hui Stephane Grant, producteur à France Musique, annonce, via son compte Twitter, qu'à 13h sur France Musique il reçoit Sonia Wieder-Atherton pour "Les Grands entretiens", depuis lundi jusqu'à vendredi. Violoncelle et émotion garanties. En auto(radio), j'attrape l'annonce promo de Michka Assayas pour son Very good trip qui consacre Bob Dylan "crooner". Comment résister ?



Et comment hier résister au grand Mstislav Rostropovich à qui le non-moins violoncelliste Frédéric Lodéon rendait hommage ! (Hum! Rendez-vous compte, ça  y est, on peut maintenant exporter les émissions de France Musique. Celles qui sont exportables bien sûr).



Ce voyage incessant d'une chaîne à l'autre devrait inciter les développeurs à développer "Radio France à la carte". Ce serait dans l'air ? Vivement que ce soit dans la chanson !



lundi 27 mars 2017

Locales de Fip : un supplice chinois (avant fermeture)…

Samedi 16h30. Ici, extrême pointe nord-ouest du Finistère, un vent à décorner les bœufs, un soleil magnifique et une immense perplexité. Il y a quelques jours Fip a diffusé "The days of pearly spencer"- David MacWilliams. Ce blog reflète et le mouvement radiophonique et mon spleen. E la nave va…











Outre France Inter, France Musique et France Culture, que Roland Dhordain, (directeur de la radio à la Radio Télévision Française), a mis "dans le marbre" en 1963, j'ai la conviction formelle que toutes les autres radios de Radio France sont, depuis 1975, sur l'échiquier du territoire national, dans un mouvement perpétuel continu d'ouverture et de fermeture. Au gré des vents. Au bon vouloir d'une humeur, d'une inspiration, du fait du prince, d'une courte vue ou tout simplement d'une fantaisie. Ce genre de jeu d'échecs est joué par des dirigeants plus ou moins inspirés, plus ou moins concernés, plus ou moins engagés. Je considère alors que toutes les chaînes, Bleu, Info, Mouv', Fip, sans exception, sont potentiellement des variables d'ajustement. L'expression est terrible mais reflète une… terrible réalité. Ajustement politique, économique et social.


Sylvie Nicolet,
1ère journaliste de Radio Mayenne !











Ce mouvement incessant commence avec la création par Radio France en 1980, des trois locales expérimentales, Radio Mayenne, Melun FM et Fréquence NordAvant les lois de décentralisation du premier gouvernement Mauroy en 1982, la régionalisation est à la mode. La régionalisation décidée depuis… Paris. Jacqueline Baudrier, 1ère Pdg de Radio France (1975-1981), entend bien montrer qu'à l'aune des radios libres (Radio Verte commencera a émettre à Paris en 1977) la radio publique a une place à prendre. C'est, depuis Paris, que le maillage radiophonique du territoire sera décidé. Jusqu'à une formalisation "unitaire" des noms des locales en 1985 (0) et, en 2000, le "Plan bleu" de Jean-Marie Cavada (Pdg 1999-2006) qui créera et uniformisera les locales en "France Bleu…" et verra disparaître 5 locales de Fip (1). Jacobin quand tu nous tiens ! 



Ci-dessus tract contre "La casse de Radio 7" (la radio "Jeunes" de Radio France). Sur les dix Pdg qui ont dirigé, et dirigent la maison depuis 1975 (2), rares sont ceux qui n'ont pas "changé" les antennes : 
• Radio 7 (Paris) en France Info, 1987, (3)
• FIp (Reims) en Radio France Reims, 1988, (4),
• Radio France Toulouse en Le Mouv',1997,

Ces trois exemples concernent justement Info, Bleu, Le Mouv' et Fip Hervé Marchais, géographe passionné de radio (5), pourrait réaliser d'aussi belles cartes que celle ci-dessous, pour représenter, depuis 37 ans, les mouvements des chaînes. Mais qui voudrait le payer pour faire ce travail pourtant très utile d'un point de vue historique et mémoriel ? 
© H. Marchais














Aujourd'hui, Radio France a décidé que les départs à la retraite dans les locales de Fip (Bordeaux, Nantes, Strasbourg) ne seraient pas remplacés. Et que les antennes continueraient malgré tout jusqu'à… épuisement. C'est donc, comme le faisait remarquer un journaliste de Radio France, le "supplice chinois" assuré. À la rupture "franche" on propose une mort lente. Humainement, c'est devoir supporter "tenir l'antenne"…  en attendant. Insupportable. 

Situer ce contexte et décrire l'état des lieux, préalable à la situation des Fip locales, c'est montrer la concordance des temps et des pratiques qui, à leur tour, vont perturber les animatrices, les auditeurs et "écorner" la très bonne image de marque de la chaîne. Preuve, s'il en fallait une, que la "régionalisation radiophonique" est un leurre et que toutes les radios décentralisées sont dans des situations fragiles pour ne pas dire précaires.

Pour rédiger ce billet, je me suis entretenu avec plusieurs personnes qui, non seulement connaissent bien la chaîne, mais ce, depuis très longtemps. Si la création de France Inter Paris, Fip 514, en janvier 1971, à l'initiative de Roland Dhordain, Jean Garretto et Pierre Codou (6) est une volonté de créer un projet de chaîne de "service" (trafic, culture, pratique) et de programme musical ("60' de musique par heure"), les créations de toutes les antennes régionales sont le fait du "coup par coup". Sans aucun plan d'ensemble ni de développement à court, moyen ou long terme.
Dans le studio de FIP à Strasbourg / © David Marcellin














Aujourd'hui le directeur éditorial de Radio France, Frédéric Schlesinger, est convaincu que le modèle des locales a vécu. Que l'information culturelle "régionale" peut-être présente sur le programme national de Fip, par un décrochage journalier et, que d'autres villes que celles aujourd'hui concernées, pourraient bénéficier de ces décrochages culturels ! Pour l'instant le projet de fermeture des trois antennes régionales est acté. 

Pourtant, pour ces trois locales de Bordeaux (1972), Nantes (1974), Strasbourg (1978), plus que l'information culturelle diffusée sur les antennes il s'agit, sur la longue durée, de participer à un maillage culturel ténu avec des partenaires, des engagements mutuels, des labels. Fip fait rayonner sa très bonne image de marque. Les prescriptions de la chaîne apportent une plus-value aux créations culturelles de toutes disciplines. On peut dire qu'est à l'œuvre un partenariat de proximité. Vu d'ici. Pas de Paris. Mais à Paris "on" recentralise. Jacobin quand tu nous tiens !

Et pour l'auditeur, là, maintenant : ça s'entend pas et… ça s'entendra plus.



L'interview au Figaro d'Anne Sérode, directrice de la chaîne, suite au CCE de Radio France qui s'est tenu jeudi dernier à Paris.

Ce billet, comme l'intégralité de ceux publiés sur ce blog est protégé par la loi du copyright ©. Toute reproduction totale ou partielle de ces textes doit faire l'objet d'une demande écrite auprès de l'éditeur/auteur.

(0) Jusqu'en 1985, le nom de chaque "locale" ne fait référence à Radio France. En septembre 1985, première uniformisation par le nom de la station. Par exemple Radio Bretagne Ouest devient Radio France Bretagne Ouest,
(1) Dans la nuit du mardi 17 au mercredi 18 octobre 2000, 5 locales de FIP changent d'identité. Pour Marseille, Lille et Lyon, les émetteurs diffuseront Le Mouv'. Pour Nice et Metz, le programme de France Bleu.

(2) Après que l'ORTF ait été dissous en 1974 (août), Radio France est créé et est opérationnel au 1er janvier 1975. Jusqu'en 2017, les Pdg ont été : deux femmes, huit hommes. Cinq journalistes (dont Jacqueline Baudrier et Michèle Cotta), cinq non-journalistes (dont Mathieu Gallet, actuel Pdg),
(3) Sous la présidence de Roland Faure. Directeur : Jérôme Bellay,

(3) 1988 au profit de la nouvelle station locale Radio France Reims qui deviendra Radio France Reims Champagne, Radio France Champagne puis France Bleu Champagne,
(4) Blog "Le Transistor",
(5) Dhordain directeur de la radio à l'ORTF. Garretto et Codou, producteurs entre autres de "L'oreille en coin" à France Inter (1968-1990).

Dans cette story vous trouverez le recensement de tous les liens des billets que j'ai publiés sur Fip depuis juillet 2011.

dimanche 26 mars 2017

Un dimanche particulier…

photo © Don Hunstein














Bon, Don Hunstein vient de casser sa pipe ! Cette photo c'est nous. Ouais, man, c'est nous. Avec la rage de l'amour au bout d'la neige. En roue libre. Comme Kriss. Dimanche en roue libre. Le dimanche quand tu veux suivre toutes les prescriptions de Télérama (Coucou Aude), de tes amis sur FB, de tes amis en vrai,… Tu lèves la tête vers les nuages et tu souffles dessus un grand coup. La tâche est immense, magnifique et désespérée. "Une chanson désespérée" -Pablo Neruda




C'matin, j'ai commencé par remettre les pendules à l'heure. Ouvert Shazam. Cliqué Mesparow. L'aut' matin, les p'tits malins d'Augustin et Jean-Baptiste m'ont tiré l'oreille. Là, je suis en boucle sur "Agrafes-Mesparow". Matin chanson. Salut Marco, tu vois j'ouvre ma matinale comme ça ! Faut qu'ça chante parce que l'embrouillamini d'la vie ça suffit. Pis, j'ai pris une photo. Pour me culpabiliser grave. Mais quand vais-je bien pouvoir finir de lire mes p'tits boucs ? En avril (j'arrête d'écrire) et je reprends le fil… de Visconti, Barthes, Coulange, Capote, Pelletier. Vœu pieu. 

Bon, après, en sirotant un p'tit kawa, attrapé Gainsbourg-Birkin "Le symphonique" (1). Et un truc que j'fais jamais écouté tous les extraits sur iTunes. Je résisterai pas longtemps. En 69, j'étais môme et tant pis si j'vous l'ai déjà dit. Acheté dans la collec' "Poètes d'aujourd'hui-Seghers, "Gainsbourg". Ma prof de français a souri. J'ai joué (sans elle) à "L'Anamour", sans aile, sans lui faire des langu's en "Ford Mustang". De là je tiens le big-bang avec les mots. L'émotion et tout l'fourbi. Pis. J'adore dire pis et l'écrire. Pis, j'ai croisé mon nouveau pote Marcel. Fada. Total dégling'. Dégun même. Comprend qui peut aurait dit Boby et Clarika aussi.




Le Chaumelle est "on air". L'en a pas l'air. Mais l'a la chanson. Mais là la chanson, "The days of pearly spencer" - David MacWilliams. Ah, ah, Ah. À c'te heure j'm'avalerais bien un Paris-Brest. Pas d'char. Prêté à ma p'tiote. Et cette chiatique (la douleur pas la p'tiote) bloque ce Paris-Brest convoité. Tout va à vau-l'eau. Louise m'fait signe du Brazil. Étudiante en journalisme et radio. Lui ai conseillé de causer au @Rafavelo. M'a fait la passe pour que j'aille jeudi faire le show-radio aux étudiants en journalisme à Lannion. Vont pas être déçus les gaziers. Z'ont d'la chance. Ça va conter (dans leur vie).





Ariane m'énerve. J'peux pas, en plus, aller au "Mariage en douce". On devrait pouvoir lire d'un œil. Et deux livres avec les deux. Voilà le dimanche c'est langueur et frustation assurée. À 18h je rentre au séminaire. Deux heures de vénération et de cadavre exquis. Et j'ai pas encore lu mon canard du dimanche sur papier lisse. Celui où Judith a revisité en janvier les photos d'Irving Penn. Celle de la grande traversée avec le Frankie. "Hide and Seek" - Himogen Heap.



J'aime bien écrire comme ça. Comme un journal. Pendant c'temps j'ai pas lu. J'ai écouté la zikmu. "Glass Animals" -Youth". Demain c'est la journée Rostropovitch sur France Musique. J'ai volontairement écrit les prénoms de ceux dont je voulais parler. Pas pour forcer l'intimité ou faire croire à une complicité. "C'est dimanche, c'est légal", comme disait une animatrice de radio qui tutoyait le micro. C'est dimanche malgré tout. J'ai échappé à la moulinette média pour nous vendre son charabia. Demain matin (11h) je vais causer dans le poste. Chez les Pikez (Chipies !). Et le soir j'fais des crêpes avec les poteaux de Longueur d'Ondes. Prétexte pour une soirée "Oncle Paul raconte…" Zyva matelot !

(1) Marion m'a confirmé qu'ça va donner à l'Auditorium de la Maison de la radio le 12 avril, vous m'racont'rez…

Et un documentaire, un : l'affaire Vrain Lucas…

Rien que l'accroche sonore et déjà on… (s')accroche. Dans le vif du sujet. Cash. Une musique au violon. Une ambiance de salon. C'est dimanche. 15h. France Culture. On peut embarquer. Un documentaire d'Olivier Chaumelle, réalisé par Rafik Zénine. Deux noms synonymes de qualité. La plage est bonne. Je veux dire, là, ce temps dégagé. Dégagé pour écouter. Pour rêver, dirait Pierre Wiehn


Lettre de Jeanne d'Arc 
Crédits : Bibliothèque Nationale de France






















On pourrait même imaginer une grande case. On l'appellerait "Dimanche documentaire". Ce jour-là, plus besoin de trancher. En rondelles, en heures justes, en cases calibrées. Imaginez ! Imaginez un après-midi entier pour folâtrer. De quatorze heures au début de soirée. Sentiers sinueux, escarpés, bien plats, à perte de vue ou avec quelques malices, délices au bord d'un fossé. Des docs ciselés. Des courts, des longs. De petites traversées, de grandes enjambées. Des sans-paroles, des justes sonnés, des capsules, des onomatopées, des poésies, des chantées, des dits, des gloussés, des endiablés et même des alitérés

Terrés, dans nos terriers, nous n'aurions plus qu'à faire un pas de côté. Pour changer. De façon de vivre… d'être ou d'écouter. D'autres à la radio ont inventé dès 1968, une sacrée Oreille : treize heures de programmes de fin de semaine. Et puis, en 1984, tous les après-midi de France Inter, faits de Pleins et déliés. Alternant formats courts, plus longs, le tout rythmé et tempo(risé). Faut juste une volonté, faut juste y penser et laisser aller la création et l'imagination. Imaginez un après-midi entier chaque semaine dédié au documentaire. De quoi se satisfaire de l'air… du temps. Le bon plaisir d'un long moment. À la radio… 

Chaumelle nous raconte (avec sa patte, son ton et son air… de ne pas y toucher) une histoire de faussaire. Celle de Vrain Lucas le plus grand faussaire de tous les temps. Une histoire. Une belle. Une vraie. Qui commence par "Vrain", un prénom. Et Lucas qui aurait pu être prénom lui-même. De quoi déjà "fausser" les identités. De là à devenir spécialiste d'autographes… il n'y a qu'un geste. Soit les 27 345 autographes qu'il fabriquera. Et le producteur de détricoter méthodiquement le processus de faux et usage de faux mis en œuvre par le brillant "copiste". Avec le mathématicien Chasles, entre autres, et pour une somme rondelette. Six cent mille euros. Mazette. 

Un faussaire, un collectionneur et tous les ingrédients de la "belle arnaque" sont en place. Belle et longue arnaque même ! Et Newton et sa pomme d'entrer dans la danse. Vous y entrerez vous-même mes chers auditeurs car l'histoire est belle et bien contée. On en redemande et pourquoi attendre dimanche prochain ? Pourquoi ?

Et, en allant, comme moi, au bout de cette histoire, vous aurez une belle surprise…

samedi 25 mars 2017

La radio est un objet oublié des politiques publiques… (3)

Je vais vous dire/écrire quelque chose que je ne crois pas déjà avoir écrit. Quand j'ai commencé ce blog, non seulement je ne savais pas où j'allais mais je n'imaginais pas que je rencontrerais celles ou ceux qui occupent mon panthéon radiophonique. J'ai rencontré Pierre Wiehn, (directeur d'Inter 1973-1981), pour la première fois lors de l'hommage de Radio France à Jean Garretto. J'étais pré-ado quand je l'écoutais sur France Inter. "Faisons bon ménage". Nous nous sommes vus plusieurs fois. Je suis touché par la sagesse de cet homme de radio. Par ses intuitions et son sens des programmes. Son humanité tout simplement. C'est ça qu'il a résumé en 3' le 27 septembre à la Scam.





















Épatant Pierre Wiehn
"Je me suis un peu occupé d'Inter à une certaine période, donc si mon propos a un côté moisi, je m'en excuse tout de suite. Il y a aussi un domaine dont on n'a pas parlé faute de temps, c'est le rêve. C'est toujours un peu bêta, mais il se trouve que l'auditeur est un créateur à sa manière. Il suffit de lui donner le cadre, la musique, le fond, le décor, appuyer sur un bouton ou deux et, à ce moment-là, il devient co-auteur. En attendant d'être l'auteur principal [applaudissements chaleureux]. 

… Je ne parle pas des journalistes, les journalistes ne sont pas là pour ça, ils ne sont pas là pour faire rêver, ils sont là pour dire les choses comme elles sont et, essayer de les décrypter. Il faudrait réellement faire en sorte que les Directions de programmes, (qui ne sont pas là pour l'info mais peuvent le faire évidemment) établissent un lien fort à double entrée avec l'auditrice ou l'auditeur [auditeur/co-auteur, ndlr]

Il y avait une émission dans le temps à (France) Inter, "Marche ou rêve" (1) et je pense qu'il y avait du rêve. Et vous pouvez pas savoir les réactions qu'on avait à cette époque-là. Il n'était pas question de standard (2). Mais vous ne croyez pas que le rêve ce n'est pas une vertu d'avenir ? Vous croyez que ça ne permet pas de rassembler les gens ? Vous ne croyez pas que ça leur permet pas d'être au-dessus de leur condition ordinaire de consommateur ? Vous croyez que ce n'est pas possible ? Moi si." [applaudissements]

Attentif auditeur de cette rencontre, Wiehn a touché l'assemblée, tant par son bon sens que par sa sensibilité. Aux réalités économiques, techniques et éditoriales, évoquées et partagées par les participants, Wiehn a suggéré ajouter "La part du rêve" et jeté un "pavé dans la mare". La part du rêve, oui. Ce supplément d'âme. Celui qui devrait infuser les ondes. Celui qui manque. Celui qui l'a incité à mettre cette part du rêve au cœur des programmes de France Inter. Pour que la rencontre existe absolument avec les auditeurs. Celui qui porte l'imaginaire infini de la création radiophonique.

(1) 1975-1977, 20h-22h, Claude Villers. Ce producteur aimait changer d'émission tous les deux ans, ce qu'il fit la plupart du temps au long de sa longue carrière, commencée au milieu des années 60 à l'ORTF jusqu'au début des 2000 à France Inter,
(2) Wiehn veut dire que les auditeurs écrivaient beaucoup.


Pour retranscrire à l'écrit son propos, P.W. a remis en forme son propos, sans ne rien en changer sur le fond.  

vendredi 24 mars 2017

Logo, une autre façon de raconter une histoire de (Radio) France…

Le logotype d'une entreprise est le marqueur formel de son histoire et de son… évolution. Un logo identifie. Mais un logo ça parle aussi. Ça parle à ceux qui savent lire. Lire entre les signes, entre les lignes et, ici, entre les ondes. Sans bruit, le nouveau logo de Radio France est sorti. Sorti du chapeau (compte Twitter) de Laurent Frisch, directeur du numérique à Radio France. Depuis janvier 1975 et la nouvelle identité visuelle de Radio France (ex ORTF) il y aurait beaucoup d'histoires à raconter. Un jour…






Il y a moins de trois ans existait une belle unité graphique des sept chaînes de Radio France. Unité. Un mot fort. Explicite. Les petits carrés de la Maison ronde ça avait de la gueule. Des petites fenêtres de création. De toutes les couleurs de la création. Un bel ensemble. Une belle harmonie. Une belle chaîne… humaine. Un genre de symphonie. Lyrique. Là vous lisez entre les lignes, non ? Vous voyez le message ? Un bel ensemble je vous dis. C'est clair, non ? 







Ce nouveau logo a une belle linéarité. Sobriété de la typographie. Bi-color. Un noir un peu dur que j'aurais remplacé par un gris. Un gris plus doux. Un gris souris. Ce logo est très proche de celui de franceinfo. Et c'est là que commence l'histoire. La nouvelle chaîne publique d'info en continu, qui a démarré le 1er septembre 2016, a adopté un logo linéaire, sobre et ponctué de… deux points (jaunes), qui sigle la radio comme la TV. 

Tout ça c'était avant le drame ! Depuis Le Mouv' s'est mis en Mouv' et en… marge. La nouvelle identité visuelle de Radio France préfigure-t-elle une nouvelle identité visuelle des chaînes ? Non, me dit-on en haut-lieu. Bon. Mais alors pourquoi la maison-mère (1) se distingue-t-elle de ses enfants ? Hein, pourquoi ? Pourquoi a t-elle disparue la Maison (ou plutôt sa représentation graphique, en bas à gauche sur fond noir) ?  Cette "poêle à frire", symbole graphique de la radio publique.



"Radio France" sort de son carré. Son pré-carré ? Et pourquoi ce carré se mute-il en ligne ? En ligne ? Mais parce que Radio France y est déjà… en ligne. Oui, mais en même temps la radio… elle se dé-li-né-a-ri-se. Alors ? Ben, wait and see, bouffi. Tu l'as dit ! Voilà tout ça c'est très julie. Oui julie, très julie. Passez une bonne fin de semaine. J'abonderai ce billet dès que des informations fiables me parviendront… la semaine prochaine. Adecias

(1) "À la radio fallait-il une maison ?", Charles de Gaulle, Président de la République, 14 décembre 1963, inauguration de la Maison de la radio, 

Quant au logo "machin" appelé "Maison de la radio" (censé identifier les animations concerts, spectacles, émissions live,…) il a rejoint la position verticale. Poubelle.